Ascendieu -LIVRE I- chapitre 1

ASCENDIEU, CHAPITRE I

Hector, Ô Hector

Au début, il n’y avait rien. Puis, Il se créa de lui même, par sa propre force et sa propre volonté. Il était le maître de l’univers, Il était le Dieu unique, omniscient, Omnipotent, celui qui monte et qui descend.

L’Ascenseur.

Un Ascenseur pour les gouverner tous, et dans les ténèbres les lier. Nan, on plaisante, en vrai il a eu la flemme.

Au Premier jour, il sépara le haut du bas selon sa volonté, puis inventa les boutons, et les câbles électriques.
Au second jour, il créa la musique d’ascenseur, parce qu’il s’ennuyait.
Le troisième jour, il créa les néons moches qui cassent une fois sur deux.
Le quatrième jour, il créa les miroirs sales pour combler le narcissisme de ses sujets.
Le cinquième jour, il créa l’escalier.
Le sixième il mit des trucs autour de lui-même.
Le septième, enfin, jour béni entre tous, il inventa la panne. Et tomba en panne. Parce que faut pas déconner, Il avait bien bossé le Luron. Et puis c’était dimanche. Ensuite, il partit se boire un café. On dit qu’il ne se présenta même pas dans certains immeubles. Par Sainte flemmardise. Certains racontent qu’il créa la grève, le syndicalisme et le professorat du même coup, mais ces légendes restent encore aujourd’hui invérifiables.

Bref. Tout était là, chaque élément présent pour instaurer le monde selon Sa volonté.

Il s’installa à tout hasard dans un de ces immeubles parisiens qui reçoivent des cliques de gens lambdas. Voici son histoire.

(Générique de New-york police judiciaire)
Le 27 octobre 2015, un jeune homme du nom de…
L’équipe s’excuse pour cet oubli. Stagiaire ? STAGIAIRE ! oui vous là-bas avec la robe moche ! Oui voilà, le nom du gus. Hélène? mais c’est un homme dedieu, vous ne voyez pas qu’il a une… barbe ? Ha, Hector ? oui voilà.
Donc, du nom d’Hector. Halala ces stagiaires payés à rien faire, c’est honteux. TU ES AU COURANT QUE C’EST NOS IMPÔTS?

Pardon. Donc :
Un jeune homme du nom d’Hector arriva donc en ce 27 octobre dans l’immeuble qui allait changer sa vie (et sa mort techniquement (oui on vous spoil (qui êtes-vous pour nous juger (on est comme ça nous (d’ailleurs que faites vous chez moi (REMETTEZ CETTE BD À SA PLACE DE SUITE OU J’APPELLE LA POLICE)))))).

Mais pour le moment il était pas mort vu qu’il entrait dans l’immeuble. Il allait s’installer dans au second étage, troisième porte à gauche, en face du mec qui avait un renard (ah, le mec qui avait un renard… toute une histoire celui-là), mais si vous savez la porte marron (on dit qu’elle à été blanche un jour, mais ce sont encore une fois des légendes invérifiables). On ne sait pas vraiment d’où vient Hector (à vrai dire on s’en bat les courgettes) mais on sait en tout cas que ça devait pas avoir marché fort pour qu’il se retrouve là. Et que ça n’allait pas aller mieux, vu qu’il était là.

Car l’immeuble, qui accueillait en son sein Ascendieu himself, n’était pas vraiment lambda, contrairement à ses habitants.

Et encore.

Ça me rappelle cette histoire que la soeur de la belle-mère de mon cousin au troisième degré -celui qui a une jambe de bois- m’avait raconté. Un jour, qu’elle sortait au marché, un samedi après-midi je crois…
QUOI ARRÊTER DE RACONTER MA VIE JE RACONTE MA VIE SI JE VEUX ha oui pardon monsieur me virez pas s’il vous plaît.
Oui donc non l’immeuble n’était pas lambda. Y avait qu’à voir les lambris, ils étaient en frêne. En FRÊNE. Nan mais franchement. Il se gêne pas, l’Ascendieu. En même temps, Il est Dieu, donc bon. Bref. Voilà. Hein.
Hector tomba bien. Le jour où il se rendit dans l’Ascendieu pour la première fois, c’était un mardi. Le mardi était l’un des seuls jours normaux de l’immeuble. Enfin si on peut appeler ça normal : deux hommes, le visage à moitié recouvert par des casques à corne d’un style viking, avec d’ailleurs une fort jolie fourrure très tendance cet hiver sur le bord, et habillés en grooms, l’attendaient devant l’ascenseur. Le premier prit ses affaires, le second lui indiqua l’ascenseur. Il entra, donc, et ne marqua aucune surprise devant ses deux hôtes. L’état de choc, sans doute.

Il appuya sur le bouton 2. Attendit. Se regarda dans la glace. S’éclata un bouton blanc qu’il avait sur le menton. Fit un sourire de beau gosse à son reflet.

Un petit bruit métallique le fit sursauter. Il observa tout autour de lui, puis leva finalement la tête. Il y avait une caméra, comme dans la plupart des immeubles, mais celle-ci était étrangement pointée sur le… tableau de commande ? dont l’un des boutons vira étrangement au rouge. Il assumait pas trop d’avoir éclaté un chtar sous l’oeil d’une caméra alors il évita de demander à ses voisins par la suite de quoi il en retournait.

Lorsque les portes se rouvrirent, il se sentit soulagé d’être sorti jusqu’à tomber nez à nez avec le groom qui avait ses valises. Il les lui tendit. Hector le remercia, et le groom se rendit dans l’Ascendieu. Hector songea qu’il n’aimait pas vraiment prendre l’ascenseur. Les grooms étaient stylés, mais la caméra pointée sur le tableau de commandes l’avait mis très mal à l’aise. Et visiblement, le tableau de commande aussi était mal à l’aise. Il envisagea pour son prochain voyage dans le curieux immeuble de prendre l’escalier. FATALE ERREUR MOUAHAHAHAHA (la co-auteure s’excuse pour ce rire diabolique sorti du fond des âges).

Il s’installa pépère dans son nouvel appartement, colla ses affiches, mit son tapis en peau d’ours, une chaîne random sur la télé et un morceau bien dégueulasse dans ses oreilles et se fit couler un bain. Il se prépara aussi un petit thé (parce que QU’EST-CE QU’UN BON HÉROS MODERNE SANS SON THÉ NESSEPAS MA BONNE GERALDINE ? (je tiens à préciser que Géraldine acquiesce avec émotion). Il était posey quoi.

Alors qu’il pensait à la belle vie qu’il allait mener, sirotant noblement son thé tel un bonhomme dans son bain brûlant tout à fait random (tandis que ses orteils tournaient les pages de son journal), un vrombissement vraisemblablement sorti tout droit des enfers les plus obscurs et les plus terribles, là où même le grand Chtulhu n’ose pas aller, (d’une violence inouïe pour ceux qui n’auraient pas compris) vint le troller dans cette recherche d’espoir, faisant trembler sol, plafond, tasse, et secouant le thé d’une manière tout à fait honteuse et stéréotypée. Il se redressa et chercha l’origine du bruit. Tâche ardue : ça résonnait. Difficile de déterminer d’où ça venait. Il dut sortir du bain, se sécher, s’habiller, et sortir en se contraignant à ne pas tremper l’intégralité de son appartement, quoique certains murs dégoulinaient naturellement de choses et d’autres, dont aucune personne censée et saine d’esprit n’aurait voulu connaître la provenance. Il faudrait qu’il envoie une lettre au gérant de l’immeuble, un de ces jours. Pour peu qu’il y en ait un.

Il sortit donc de l’appartement, ses cheveux humides lui chatouillant la nuque et les épaules. Le bruit continuait, mais Hector parvenait mieux à déterminer d’où il provenait. L’étage du dessus.

L’étage était pourtant, des dires du type louche qui lui avait vendu l’appartement, inhabité.

Pour y monter, il dû évidemment prendre l’ascenseur.

Ce qu’il n’avait pas, mais alors pas du tout, envie de faire.

Ses pas le conduisirent, de ce fait et très naturellement, vers la porte de l’escalier. Alors que sa main s’avançait vers la poignée, il entendit un “NOOOOOON !”. Mais attention, pas n’importe quel “NOOOOOON !”. Pas un de ces “NOOOOOON !” dramatiques qu’on entend dans les films, alors qu’un personnage meure, ou fake sa mort, ou révèle son lien familial avec le protagoniste . Ce “NOOOOOON !”-là venait d’une petite voix chevrotante de vieille dame. Ça venait du tout dernier étage. Hector leva un sourcil interrogateur, puis reçut un caillou entouré d’un morceau de papier froissé sur la tête. Mais étrangement, ce caillou semblait auréolé d’une lumière, alors qu’il n’y avait aucune fenêtre dans ce couloir. Ni aucun lieu duquel on aurait pu lancer le projectile. Son premier réflexe fut de détacher le papier du caillou pour lire ce qu’il y avait marqué :
Wsh si tu prent lé eskalié té mor bro

G zu

Ce mot, d’une poésie et d’une syntaxe parfaites et exquises, l’interpella. Il revint sur sa décision et, choisissant à la place d’écouter les conseils d’un bout de papier random sur un caillou random, L’appela pour la seconde fois de son existence. Il vint à lui.

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