Chapitre I: Introduction

 

 

Elle avance dans la nuit, rasant les murs, tremblante.

Elle ne devrait pas être là.

Les maisons se dressent autour d’elle, pesantes. Elle resserre son châle sur ses épaules. Elle tremble de peur.

La pauvre.

Elle regarde tout autour d’elle à présent. Elle est moins bête qu’elle n’en a l’air. Elle a senti.

Pourtant je ne lui veux pas de mal, à elle.

Du moins pas à elle en particulier.

Je la trouve mignonne, petite souris. Je me demande pourquoi elle est dehors à cette heure ci . Une jeune fille bien élevée se doit de rentrer chez elle avant neuf heures du soir, être toujours belle et faire ses prières chaque jour. Allons.

Jolie, ça elle l’est. Dans le genre commun toutefois. Ennuyeux. Elle a les cheveux cendrés, les yeux marrons. Populaire. Elle se mariera avec son amour de lycée, aura deux chiards et ressemblera à sa mère.

Hà la la . Heureusement que je suis là. Cela fait plusieurs jours que je l’observe. Quel enfer elle doit vivre! Cette fille a autant d’amusement dans sa vie quotidienne qu’une huître morte. Et je connais mon sujet. J’ai tenté d’en être une, un jour… Un huître, s’entend.

Je m’avance.

Elle hurle.

J’ai mal à la tête. Je sais bien que voir le démon sortir de l’ombre d’une ruelle comme ça, pif paf pouf l’enfer sur terre devant les yeux n’est pas une chose plaisante, mais enfin, un peu de tenue, que diable!

Je suis réellement fier de cette blague, alors je m’arrête pour la noter.

Je soupire de contentement.

Elle hurle de plus belle. Ah oui, c’est vrai, les râlement rauques qui viennent d’une monstruosité tentaculaire couverte de sang peuvent impressionner la gent humaine.

Mais enfin, c’est elle qui m’a appelé! C’est vrai, quoi, elle exagère tout de même, de me faire déplacer de loin, comme ça, pour me réserver un si terrible accueil. De mon temps, on sacrifiait une vierge dans un temple d’or et d’ivoire, au milieu d’une orgie, en guise de bienvenue. Je  n‘ai d’ailleurs jamais compris d’où les humains avaient sorti cette idée, mais enfin. Ah les jeunes, je vous jure!

Alors, je me penche sur elle, qui est tombée à terre. Elle se met à prier. Mais pourquoi prient-ils tous dans cette situation? Qu’est-ce que Dieu peut bien avoir à faire là-dedans? En plus, c’est sûrement son jour de congé. Et il n’aime pas être dérangé pendant son congé, surtout depuis qu’il a la wifi.

Je n’ai plus qu’à tenter une possession, mais les cris de la jeune fille me mettent une telle migraine.

Ah là là…

 

Le réveil sonne.  Elle lui donne un grand coup de poing, qui le fait valser à l’autre bout de la pièce. Elle se lève. Il fait encore nuit, dehors.

Elle descend les escaliers en silence, s’assoit à la tale de la cuisine. Elle se sent déjà fatiguée. Sa mère et son père descendent quelques minutes plus tard. On met la table, pour le petit déjeuner.

Sa mère lui colle un bisous bruyant sur la joue, son père lui ébouriffe  les cheveux, et ils s’assoient tout deux à leur place habituelle, prennent le même repas que tous les jours et parlent des mêmes chose que tous les matins ( c’est-à-dire de l’emploi du temps de la journée, des courses a faire, de la météo et du dernier ragot sur Mme Sarzall, la voisine, qui invitait étrangement beaucoup de monde dans sa maison, surtout le soir, et déguisés d’étrange tenues de cuir si possible, enfin bref tout un tas de choses qui ne sortent pas vraiment de l’ordinaire).

Puis, elle se lève, part  à la salle de bain s’habiller, attrape son sac et sort. Comme toujours, elle est en avance pour son bus (elle était en effet réputée pour sa ponctualité qui s’approchait de l’obsession, à tel point que toutes les montres du quartier étaient réglées sur ses passages.)

Cette jeune fille, prénommée Hélène Eve Lidia Lubarun, a pour passion ce que toutes les autres jeunes filles ont pour passion. Elle s’habille comme les autres, se tient comme les autres, rêve de garçons et de magie comme les autres. Elle est une copie conforme, à la plus grande joie de ses parents. Elle a beaucoup d’amis, sans qu’aucun ne lui soit particulièrement proche, et occupe son temps a lire des choses et d’autres, sans même prêter attention aux informations qu’elle emmagasine. Elle n’avait ni volonté, ni désirs, et n’avais probablement aucune idée de comment en avoir.

Elle attend le bus, les jambes croisées avec élégance, du moins autant d’élégance que lui permettent le poids de son sac et la forme improbable du dit banc. C’est a dire avec la l’élégance d’une huître morte depuis quelques années et laissée seule et solitaire au fond d’un frigo. Il y a beaucoup d’huîtres dans ce monde, et toutes ne sont pas accro au Nécromoticon, je te vois venir avec tes théories bizarres, lecteur. Bref, l’intention y était.

Le bus s’arrête, et elle descend, prenant soin de ne croiser le regard de personne. Elle entre dans le lycée, sans regarder personne, et elle s’assoit a sa table habituelle dans la salle attribuée, comme d’habitude. Ses geste étaient presque mécaniques . Non, en fait ils l’étaient totalement, à tel point que l’on pourrait donner l’algorithme de sa vie en guise de problème pour CP. Oui, hier elle avait acheté 20 melons, qui êtes-vous pour juger. Roh.

Les autres élèves entrent, certains la saluent, d’autres viennent lui parler, des mêmes choses que chaque jour . Le rituel du matin était presque achevé, lorsqu’Elle entra (notez la majuscule pour l’effet dramatique je vous prie)

Marjorie n’avait jamais été bien différente d’Hélène (sans blague). Plus sage que toutes les autres filles, elle avait pour habitude de s’habiller des pieds à la tête, de se faire le plus discrète possible. Elle était une ombre que l’ont voyait passer dans les couloirs, pâle, absente.

Mais la créature qui entra ce jour là dans le salle de classe était toute différente. Déjà parce que le narrateur et le personnage principal l’ont remarquée. C’est une preuve ma foi assez fiable.

Les cheveux châtains de la jeune fille étaient lâchés en une crinière qui descendait jusqu’à ses reins, découverts par un T-shirt visiblement trop court, à l’effigie d’un groupe de jazz fort éloigné des goûts ordinaires de la jeune fille.

Mais c’est surtout sa démarche qui attira le regard d’Hélène, et de toute la classe par ailleurs. Elle semblait… gracieuse. Comme si chacun de ses geste avait pour but quelque chose de plus grand que ce  quoi ils étaient destinés. Son dos était droit, mais sans forcer. Elle avait perdu cette rigidité qui la définissait quelques jours auparavant.

Hélène resta bouche bée. Elle n’avait jamais vu quelqu’un rayonner de cette manière. Elle n’arrivait juste pas a détourner les yeux. Marjorie semblait… heureuse. Mais pas de la même manière que le commun des mortels. C’était inexplicable. Et terriblement sexy.

Marjorie se retourna soudain, et bloqua son son regard dans celui d’Hélène. Une vague de chaleur envahit la jeune fille. Ce regard aurait pu réchauffer un iceberg en perdition ( et probablement sauver le Titanic a une époque, mais ce qui est fait est fait).

Marjorie sourit, puis se retourna vers le tableau.

Un frisson parcourut l’échine d’Hélène.

 

Laissons donc les jeune filles à leurs circonvolutions.

En effet, entre la première scène, où nous avons pris le soin de rentrer dans la tête du démon, ce qui n’est pas très difficile étant donné qu’elle est relativement vide, et cette entrée fracassant d’une jeune fille ma foi fort intéressante, ils s’est passé quelques jours. Mais que c’est il passé? Ne soyez pas si pressés bande de margoulins, je vais vous le dire.

Mais ce dans un prochain épisode, il est tard et maman m’appelle pour dîner, c’est boulettes ce soir vous comprenez.

Et puis ça fait du drama.

J’aime le drama.

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