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Ascendieu- Livre I- CHAPITRE 8

ASCENDIEU, CHAPITRE VIII :

Enquête, Johnson, dragibus, ou comment ne rien accomplir mais de manière épique

 

Ils attendirent un bon moment sur le pas de la porte, un peu perdus. En effet, la résolution de notre très cher Fléau avait beaucoup de classe, mais il fallait que l’information de la rencontre de G-Zu, accompagnés d’un mage mangeur de cailloux et vraisemblablement immortel, non seulement parce qu’il survivait à leur ingestion, mais aussi parce qu’il les dévorait littéralement grâce à la pierre philosophale, remonte dans leurs cerveaux (toujours embrumés) respectifs et s’y fasse une petite place.

Fléau réfléchissait, ce qui était aussi rare qu’inutile. Il n’était pas doué pour réfléchir à qui étaient les méchants, seulement à les attraper. D’habitude, il y avait quelque chose qui l’aidait, même s’il ne se souvenait jamais quoi. Sans doute des micros détails que son cerveau brillant captait et exploitait à son insu (AHAHAHAHAH (non)).

Le cerveau brillant, qui contrairement à ce qu’il pensait ne lui appartenait pas, arriva en courant de l’autre bout du couloir, sous la forme d’un Johnson tout essoufflé, répandant sur sa route quelques Playmobil usés :

– J’ai visualisé toutes les vidéos de surveillance de l’Immeuble du jour du meurtre, et je sais qui est le coupable !

-Mais non, Johnson, c’est impossible, je n’ai pas eu l’idée d’aller visionner ces vidéos, tu n’as pas pu les voir.

-Mais Monsieur…

Fléau lui posa un doigt sur les lèvres, l’y écrasa en faisant de petits cercles tout en poussant un petit “chuuuuuuuuuuuuuuuu” continu. Il se retourna vers Pontidiscaffol avec un grand sourire.

-J’ai une idée ! Et si nous allions voir les caméras de surveillance de l’Immeuble ?

-Mais Fléau, lui susurra tendrement Marek avec un air vaguement circonspect, n’a-t-on pas déjà découvert qui était le criminel?

-…

-…

-OUI, mais il faut V-É-R-I-F-I-E-R. voilà.

-Mais…

Pontidiscaffol reçut à son tour une bonne vieille séance de “chuuuuuuuuuuuuuuuu” dont Fléau avait décidément le secret, puis ils rappelèrent Ascendieu, ou plutôt Ascendieu se rappela à eux puisqu’Il ne prend d’ordre de personne, et il les emmena de nouveau en bas, après les avoir emmené en haut suite à leur fuite brutale d’en bas. J’sais, mais il ne faut pas demander de l’originalité de mouvement à un ascenseur, tout divin soit-il. Sophie la caméra fixait amoureusement son bien-aimé, avec un air inexistant puisque c’est une caméra, bande de stupides.

 

Comment ça il ne fait pas insulter le lecteur ? Je suis libre maintenant, je n’ai plus de patron, libéréééééééé délivréééééééééééé… pardon. Je m’emporte je sais. Non mais vraiment désolé, je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Quoi Martine ? On ne vous a jamais parlé parce qu’on ne donnait la réplique qu’à Germaine?

Eh bien c’est pas près de changer. Donc, Germaine… Comment ça des policiers sont à la recherche de Mr Saloupiorax et du reste de l’équipe de direction ? Ok faut rusher alors, on a une histoire à raconter boudieu. Et le café va pas se faire tout seul, Martine ! Comment ça je suis un macho qui n’a que des petites assistantes ? Tu veux que j’arrête de raconter l’histoire peut-être ? Ouais ça vaut mieux, j’vais te révolutionner la tête moi si tu continue ! Comment ça je dis tout le temps “comment ça” ? Mais c’est dans l’ère du temps, actualisez-vous un peu ! Ouais, comme une page internet.

Parfaitement.

 

Bref, (OUI ÇA AUSSI JE LE DIS TOUT LE TEMPS MAIS MON POING DANS TA JUGULAIRE ÇA SERA PEUT-ÊTRE ASSEZ ORIGINAL POUR TOI ?) Hem hem. Donc.

Le bouton se tortillait autant que son socle étroit le lui permettait, son rouge pimpant brillant dans l’Ascendieu, aussi lumineux qu’un flash moche dans une discothèque low cost. Le démon de la mauvaise musique s’était fait la malle, puisque Marcoius, Fléau et Marek avaient passé un bon moment à l’Étage Saint. En ce samedi 20 août (oui, à ce point-là), une musique digne d’une palpitante scène d’action d’un blockbuster coûtant des millions de dollars se jouait à plein volume, ce qui leur donna l’impression de combattre une armée d’orcs plutôt que de descendre au rez-de-chaussée, celle d’être confronté à l’adversaire le plus sombre et le plus diabolique, se rendant tel un groupe de trois cent hommes dont on ne citera pas les noms ni les origines vers une mort certaine, mais stylée et pétée comme il faut sa race. Mais avec moins de muscles.

Ils arrivèrent bien vite devant l’antre du Gardien, dont la porte était envahie par des affiches toutes plus étonnantes les unes que les autres (la foule pousse un cri choqué), et par la végétation, car le Gardien était tellement occupé à ses oracles qu’il en oubliait d’entretenir sa porte (ne vous posez pas de questions). Ils ouvrirent après avoir lu deux lignes qui suffirent à faire siffler leurs ouïes, puisqu’elle ne comportaient aucun verbe et aucun mot descendant au-dessous de trois syllabes. Le Gardien semblait les attendre, mais il semblait toujours attendre quelqu’un, certains soupçonnaient même qu’il attende quelqu’un qui s’intéresse à ce qu’il disait. Il fixait le plafond, parfaitement de biais sur sa chaise roulante (il avait d’ailleurs écrit sur cette chaise une thèse démonstrative de son autogestion qui lui avait valu les réprimandes et les acclamations pour une telle audace qui relevait clairement d’une anarchie réprimée), massant nerveusement son épaule (toc auquel il avait consacré un paragraphe à ce jour jamais publié).

Pontidiscaffol et ses amis *tousse* entrèrent dans la pièce à pas de loup, silencieux, well sauf en ce qui concerne Marcoius, qui émettait un léger bruit de cailloux quoi qu’il fasse. De toute façon, le Gardien était bien trop absorbé dans le trou noir de ses songes infinis pour se laisser déconcentrer par Autrui. Ils purent ainsi se faufiler jusqu’aux écrans sans qu’il ne les remarque, ou plutôt sans qu’il choisisse d’accorder de l’importance aux signaux apportés du monde sensible par ses yeux. Johnson voulut prendre une initiative, Fléau lui mit un bon vieux coup de genou dans les couilles et tâta l’écran, puis, constatant qu’il ne savait pas comment allumer les mini télés, réveilla Johnson qui avait perdu connaissance, se fit expliquer comment il devait faire, l’assomma de nouveau et alluma, sous le regard admiratif de Pontidiscaffol, qui se demandait bien comment ce bel homme n’était pas déjà en prison pour coups et blessures.

-Bon alors qu’avons-nous là… marmonna Fléau en examinant la situation sur l’écran

-Là c’est les témoins de Jéhovah. Ils se sont perdus dans l’immeuble il y a bien 15 ans, on les nourrit avec les chats du quartier.

-Ici… L’homme au renard.

-Un satané bougre qui amasse sans scrupule tout ce qui croise son chemin. C’est sa philosophie, ce qu’il trouve par terre est à lui.

-Quel monstre… Et… cet homme… ma foi fort séduisant ?

-Lui ? Il a des entrées avec les gens les plus louches du coin. Alfred Taamennéleflouz, le dandy de l’immeuble. J’avoue, il est bonne. Mais il est surtout le parrain de la mafia locale. C’est un homme dangereux un…un…criminel ! Fléau, il vaudrait mieux pour nous ne jamais croiser sa route.

(Alfred passa au même moment derrière eux, fit la bise au Gardien, sirota une gorgée de son café et repartit en toute pépèritude.)

-Certes, mais il détient peut-être des informations sur ce trafic de Dragibus…

-Eh c’est raciste.

-Quoi mais pas du tout.

-Tout de suite, c’est le parrain de la mafia, alors c’est lui le responsable de tous les trucs louches. J’en parlerai à Ascendieu, de ton comportement.

-Mais Mareeeek…

-Chut. Continue.

-Bon. Là on a le bouton rouge. Il est… rouge. Et… boutonneux. C’EST DONC UN ADOLESCENT. Gardons-le à l’œil, il suffit d’une jolie fille et d’un coup d’hormones pour que ces animaux là se transforment en… REBELLES.

TANTAN

 

-Et de plus, les adolescents mangent des dragibus… cette affaire se corse, restons vigilants. Mais, pour ce qui est de le garder à l’œil, notre intermédiaire Sophie-la-caméra s’en occupe très bien.

-Bien. Et enfin, le patineur, la foule et les rhinos.

-Des réactionnaires, dit Pontidiscaffol en secouant la tête.

-Ah bon ? Ils font de la politique ?

-Non, ils… réagissent. C’est les gens qui ont des réactions quoi.

-Ah.

-Oui.

-Ah bon bah on a fait le tour.

-Oui

-Remettons les événements dans l’ordre maintenant. Tu as donc été PLSé il y a… ?

-Mhm on perd vite la notion du temps ici

 

Effectivement je le pense aussi vu que Martine ne m’a TOUJOURS PAS amené mon CAFÉ. T’es contente, hein ?? Comme ça on t’évoque dans l’Histoire, tu te sens importante n’est-ce pas ? Grouille-toi. Oui, Germaine ? Martine a rejoint les flics ? Ah. Traîtresse… du coup vous voulez bien vous en occuper Germaine ? Vous êtes un amour, Germaine. Je ne serais pas arrivé jusqu’ici sans vous. Oui par jusqu’ici j’entend de ma chaise à mon bureau mais c’est déjà ça, Germaine c’est déjà ça.

 

-Bon on s’en fout, balaya Fléau.

-Ben pas vraiment, si ça aide à remonter la piste…

-De toute façon, mon instinct penche, je ne sais pourquoi, en défaveur du public. Et plus particulièrement de cet homme… (il tapota du doigt sur l’image brouillée du patineur, en pause au parfait moment pour apprécier son impressionnant visage, sourcils froncés et bouche grande ouverte, comme prête à avaler un oeuf d’autruche.). En effet, le premier Dragibus était rose, si ma mémoire est bonne.

-Où veux-tu en venir ?

-Le tutu du patineur n’est-il pas rose aussi ?

-Brillant… souffla Marek, estomaqué, en rougissant un peu. Non, je veux dire, se reprit-il en se détournant, il est rose brillant, son tutu.

-En effet. Bon Johnson tu te réveilles ??!

-GuesU’un ?

-On a remonté la piste pendant que tu dormais. Ah ces acolytes….

-Mais…

-Où est Marcoius en fait ? coupa Marek avec un regard intrigué en arrière.

Marcoius n’était visible nulle part. Ils se précipitèrent vers un caillou, laissé à l’abandon, mais la piste de petites pierres s’arrêtait dans la pièce. Fléau alla sur le seuil et, frustré, asséna un coup de pied au cadran avant de pousser un cri.

-Eh oh excusez-moi messieurs, je ne suis pas opposé à l’exportation d’une rage vainement intériorisée dans le contexte d’une vie où la vacuité, bien que présentant des bénéfices, n’est nullement idéale, mais ma porte, symbole de l’espace privé qu’on pourrait supposer légitime dans le cadre d’un gouvernement prônant le matérialisme, en l’occurrence plutôt celui d’une voie accueillante, n’est pas un réceptacle compatible à une telle démonstration.

Ils se tournèrent vers le Gardien, qu’ils avaient eu le malheur de réveiller. Ils eurent la chair de poule. En effet, ce dernier se tenait entre eux et la sortie, et sa bouche semblait se mouvoir plus vite qu’il était humainement possible. Johnson, alors que les deux autres tremblaient, remarqua que la piste de cailloux s’arrêtait en-dessous de ce que le Gardien fixait. En levant les yeux, il vit Marcoius, effaré, agrippé aux tuyaux des canalisations.

-Là-haut ! s’écria-t-il avant d’être balayé par la parole du Gardien.

-LA TRANSCENDANCEUUUUUUH !!!!!!!

-Marek, que doit-on faire pour l’arrêter ??? dit Fléau qui comme on le sait ne connaissait pas parfait les mœurs de l’Immeuble, et certainement pas la recette à calmer les Gardiens déblatérants

Marek avait déjà relevé sa robe imaginaire, et échauffait ses jambes dans le but de se carapater avec efficacité le moment venu, et ce moment devait être le plus proche possible du présent.

-MAIS QU’EST-CE QUE L’ARRÊT ? Y A-T-IL VRAIMENT DES ARRÊTS ? L’arrêt de bus n’arrête jamais véritablement le buuuus puisque c’est le bus qui s’arrête ! –

MAREK !

Marek avait mis ses jambes en mouvement, passé sous le bras du Gardien et était déjà loin. Fléau tenta de l’imiter mais se prit un coup de boule involontaire du Gardien qui s’agitait, comme possédé par un esprit supérieur, qui sait, Ascendieu lui-même peut-être.

Pendant ce temps, Johnson avait déjà délogé Marcoius, l’avait interrogé de façon bien musclée et avait tiré ses conclusions qu’il avait retranscrites sur le carnet de notes qu’il avait toujours sur lui. Fléau se prenait des coups et des réflexions, et comme il était incapable de faire les choses par lui-même, il finit KO sous le bureau, sans avoir avancé d’un millimètre et sans avoir calmé le moins du monde le Gardien. Johnson prit Marcoius sous un bras, Fléau sous l’autre, et se retrouva face au Gardien. Sans se laisser déboussoler par son regard bleu envahi par la rage, il eut un petit sourire :

-Si Pinocchio dit “mon nez va s’allonger” il se passe quoi ?

Les pupilles du Gardien se dilatèrent, alors que de ses oreilles commençaient à émerger quelques volutes de fumée. Alors il se désactiva. On entendit même le petit VOUUuuuu des machines qui se mettent à l’arrêt. Johnson l’enjamba poliment et continua sa route, interceptant Marek, planqué sous un siège tout ce temps, au passage.

Ils ouvrirent la porte sur fond de musique de suspense et découvrirent avec le même effarement que Germaine et moi-même une ligne de témoins de Jéhovah. Non, pas une ligne… Un gang. Disposés comme s’ils allaient lancer un bon vieux freestyle et un clip de mauvais rap ; ce qu’ils firent par ailleurs. Mais nous n’en parlerons pas, par respect pour leur famille et leurs proches, qui doivent déjà subir l’absence constante de ce groupe de personnes égarées dans l’Immeuble depuis plusieurs années, ce malgré les différentes tentatives pour les faire sortir, à coup de pied au derrière, de tronçonneuses, de dictionnaires de grec ancien et d’autres joyeusetés. Ça, c’est le mec au renard. CRIMINEL.

Quoi qu’il en soit, Marek, Fléau, Johnson et Marcoius s’arrêtèrent net, chacun calculant ses chances de survie et/ou de fuite en fonction du nombre de personnes qu’il aurait à trahir, de la distance jusqu’à la porte, du nombre, du poids et des armes des individus en face d’eux, sauf Fléau, qui lui trouvait que la toge des Témoins de Jéhovah était de bien mauvais goût dans ces circonstances tragiques.

Marcoius fut le premier à réagir : il fit de grands gestes de main en poussant des cris, hurlant des mots d’une langue inconnue (et par ailleurs inexistante). Ses adversaires se raidirent, attendant qu’une plaie d’égypte leur tombe sur le minois, mais le dernier mouvement du mage s’acheva par un petit pet de fumée au creux de sa main qui le déstabilisa et le fit tomber. Constatant qu’aucun cavalier de l’apocalypse ne se manifestait, ils ne firent plus grand cas de rien et s’emparèrent du quatuor avec une convoitise visible. Pontidiscaffol tenta bien de glisser sa main vers sa poche à flûtes, mais un Témoin avisé le vit et l’en empêcha d’une claque sèche digne des plus grandes incitations au duel. Ce qui, sans doute, fut profitable à tout le monde, ses “alliés” les premiers. Ceux-ci poussèrent par ailleurs un soupir de soulagement.

Les attrapant par les épaules, tout ce petit monde conduisit nos 4 compères vers l’ascenseur, toujours occupé à passer sa musique épique, et montèrent donc de manière héroïque jusqu’au premier étage, où les attendait, à leur stupéfaction et malaise (on aurait bien dit frayeur, mais… non) les deux google traduction, adossés de part et d’autre de la porte des escaliers, dans le but manifeste mais pas très réussi d’être cools.

-Ah salut, leur dit d’ailleurs poliment Fléau, avec autant d’élégance qu’on peut avoir quand on est escorté d’un gang en toge et que nos pieds touchent à peine le sol, le tout après plusieurs jours sans manger ni dormir ni même aller aux toilettes, ce qu’on ne ferait pas pour la justice et les bedos de G-Zu, halàlà.

Pour toute réponse, ils leur indiquèrent la porte sans décroiser les bras, seul exploit à leur portée, c’est dire. Hé oui la maison vous produit des méchants au top, même si on sait pas très bien au top de quoi.

Les Témoins, après un petit fouillis peu discipliné, formèrent une rangée leur montrant le chemin à suivre.

-Les escaliers ? Pourquoi ils veulent qu’on utilise les escaliers ? fit Fléau, vaguement blasé.

-Mais non abruti ça c’est une porte, lui répondit une petite voix de grand-mère dans son dos. Mhm pardon, hum hum, Mé nn Habruhti c 1 port sa ptdr victym baulauce !

Ils se retournèrent tous, mais comme dans tout bon passage creepy qui se respecte (la qualité, messieurs dames), le bout du couloir n’était occupé que par le grésillement occasionnel du néon solitaire au plafond, qui s’ennuyait à mourir depuis des années et était bien content d’avoir de nouveaux amis et de quoi s’occuper. Il s’appelait Léon le Néon. Retenez bien ce nom, il ne servira pas pour la suite.

Un frisson leur parcourut l’échine.

-Qu’est-ce que vous nous voulez ? marmonna bravement Bénédicte Johnson.

Je ne me ferais jamais à ce nom. Oui, je sais, il y a pire, comme Bertrand Malbésé, ou Loup Garou, mais enfin quand même… quoi je blesse les feels de Johnson ? Pardon, mon  gars, keep up, tu sais que je t’aime bien au fond. Au tout fond fond. Non plus au fond. Voilà. Non ceci n’est pas une blague sexuelle bande de malotrus.

-Nous on vous veut rien, répondit le Grand Témoin, très identifiable par sa ceinture en paquets de doliprane. Enfin, sauf si vous savez comment nous faire sortir. C’est Lui qui veut vous voir. (on sentait la majuscule dans la voix presque aussi bien que les fautes dans celle de G-Zu)

-“Lui” ?

-Oui. On le reconnaît… grâce… à son… TUTU.

Un éclair fit se dessiner les ombres des protagonistes sur le mur du couloir et… putain Pat arrête de faire des ombres chinoises, t’es con. Comment ça c’est pas toi c’est les flics qui envoient des grenades dehors ? je veux rien entendre, petit cafteur !

Si c’est ça, j’arrête de raconter! Je ne peux pas travailler dans ces conditions !

 

Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

Germaine, mon fusil!

Boom Patatra, boom bang bang (remarquez la qualité des onomatopées)

Lâche-moi, sale rebelle !

Oui lâche-le !

Alors on se calme. Vous êtes désormais nos otages. Je vous présente: Germaine, Géraldine, Pat, le mec qu’est attaché là bas c’est le patron monsieur Saloupiorax, et à côté de lui l’équipe de direction. Et vous, vous êtes?

….

 

Bon nous dirons donc policier n°1 et policier n°2. Vous les reconnaîtrez à ce que Mr n°2 à une moustache fringante.

Diantre, il va falloir augmenter la ration de boulettes.

 

FIN

 

ASCENDIEU, LIVRE I, CHAPITRE 7 :

ASCENDIEU, CHAPITRE VII :

Patin à glace, enquêtes, drogue, révolution et cailloux

 

*bip bip bip*

*bip bip bip*

*bip bip bip*

*Le collectif tient à informer les lecteurs que l’Entreprise a été prise, suite à des abus sur les salariés, confinés 24h/24 dans le bâtiment pour améliorer le rendement. Dans ce but, le patron et ses collègues ont été enfermés dans le bureau principal jusqu’à l’acceptation de nos conditions et la livraison de notre soupe hebdomadaire. Avec des croûtons et des pois chiches, on est pas des bêtes nom de nom. Toutefois, nos services continueront d’être assurés.*

Hum hum. Oui donc Germaine, veuillez m’aider là s’il vous plaît. Voilààààà. Et retirez votre genou de ma main vous seriez un amour. Donc. *regarde le script* Ah ouais c’est après l’agression de la Team Rocket low cost là.

 

La foule, poussant au ralenti un cri choqué, voit nos deux héros entrer dans l’Ascendieu.

 

Ils papotèrent autour d’un pique-nique assez splendide, puis firent de la balançoire, un karaoké, un barbecue, une chanson de Disney, une partie d’échecs, un jeu de marionnette avec le corps inconscient de Marcoius, et les portes de l’Ascendieu s’ouvrirent enfin.

Le magicien se réveilla en sursaut, se demandant où étaient ses cailloux avant de se souvenir des événements du chapitre précédent.

Ni une, ni deux, Fléau l’empoigna et l’aida à sortir de l’Ascendieu avant que celui-ci ne se referme. Ils avaient appuyé sur tous les boutons en entrant (l’un d’entre eux, plus rouge que les autres, avait d’ailleurs frémi de manière étrange à ce contact) et pourtant ils étaient, sans aucun arrêt, immédiatement arrivés à l’étage….42.

TAN TAN TAAAAAAAAAN.

L’étage 42 n’était pas un étage comme les autres. Il avait été dès son enfance promis à une destinée différente. Là-bas, les murs étaient d’une couleur que seuls les papillons auraient dû percevoir, le bruit de perceuse venant du chantier de Ned était plus audible que jamais, les lambris étaient en cerisier (comme quoi on peut faire plus osé que le rez-de-chaussée) et des témoins de Jéhovah sourds erraient de porte en porte, armés de la dernière édition du “Ttémoignage de Jéhovah pour les nuls”, qui dispensait les meilleurs conseils de survie si on accordait du temps à notre seigneur Jasus Christ. Les voisins aussi erraient, un air suspicieux sur le visage à la vue des nouveaux venus. Bon à vrai dire ils avaient toujours l’air suspicieux (ça donnait l’air intelligent), mais Pontidiscaffol, qui ne connaissait pas les us de cet étage, agrippa nerveusement le bras de son Fléau.

Un flot de caillasses entourées de papier lancées dans la plus grand randomness de la porte d’un appartement que les témoins évitaient soigneusement attira leur attention. Avant que Fléau ou Marek, qui étaient bien là comme ça ensemble, puissent prendre une initiative quelconque, Marcoius se jeta sur ce trésor du ciel (littéralement) et se mit à fouiller, débarrassant les cailloux de leur message saint.

*La foule choquée par une telle hérésie se cache les yeux et ne voit pas la prestation pourtant très admirable du gars musclé qui patine sur un couple de cochons*

Fléau se pencha pour ramasser du bout des doigts un des petits papiers qui traînaient lamentablement par terre, souillé par le seul contact de Marcoius dont l’hygiène n’était pas douteuse puisque personne ne pouvait douter de l’odeur pestilentielle qu’il dégageait jusqu’à 5 mètres autour de lui.

 

Hyl é deriair vou 2puits le Dbu lol

G-Zu

 

Pris d’une terreur subite, nos deux protagonistes et leur… compagnon d’Ascendieu… cavalèrent dans un ralenti épique (sur fond de musique de film français engagé (mais pas trop)) le mètre qui les séparait du Saint Appartement de G-Zu.

La porte était évidement ouverte, car il est bien connu que G-Zu accueille tout les nécessiteux, leur offre du thé, un joint et une claque sur la joue gauche avant de les relancer avec emphase dans la vraie vie, ils ouvrirent donc la porte (qui était dépourvue de judas pour une raison évidente) à la volée et entrèrent dans le petit appartement.

Un chat leur lança un regard torve avant de sauter de tout son poids colossal sur une étagère (qui était surencombrée de statuettes vaudou, de vinyles de Bob Marley et de Ramstein, et d’autres choses non identifiées ou censurées pour le lecteur), se louper lamentablement et commencer à faire sa toilette pour retrouver une certaine dignité en se léchant les couilles. Ce chat répondait au doux nom de Simon.

L’appartement dans son ensemble n’était pas petit, mais il était tellement encombré et enfumé que l’on s’y sentait immédiatement à l’étroit. Un brouillard de fumée de produits probablement illicites dans l’intégralité des pays du monde et des différents mondes flottait et donnait aux nouveaux arrivants l’impression de voler, et que la dame sur le tableau en face d’eux était vachement drôle avec ses yeux, là. Au milieu de ce qui semblait être un salon, du moins qui devait l’être sous la couche d’habits et de choses déposées un peu partout, sur un fauteuil un peu miteux mais qui devait être diablement confortable (pardon) se trouvait… une petite grand-mère, qui les observait attentivement en fumant un joint. Elle portait une perruque qui était probablement plus grande qu’elle, à moins que ce ne soit qu’un tas de bigoudis magistralement empilés les uns sur les autres, beaucoup trop de maquillage aux couleurs vives et un peignoir qui à lui seul devait avoir vu plus de choses atroces que le démon qui logeait dans l’Ascendieu le jeudi. Elle leur lança un regard circonspect.

–  ‘Sope ?  leur dit-elle d’une voix pleine de sagesse, grave et profonde, qui résonnait d’ailleurs bizarrement dans la tête des trois compères.

 

Marek se jeta à genoux, tomba sur le chat qui le griffa avant de s’enfuir en reculant. Il y avait dans son regard une stupéfaction que ses deux compères ne comprenaient pas trop, Fléau ignorant les moeurs de l’Ascendieu et Marcoius étant toujours trop dans ses cailloux (qui commençaient d’ailleurs à s’accumuler devant la porte, tombant de ses poches telles des feuilles d’impôts de la mémoire d’un homme politique) pour en avoir quoi que ce soit à fiche.

– Pontidiscaffol, dit Fléau d’une voix tendue, qui est cette personne ? et… POURQUOI T’ES À GENOUX HO NAN MAIS ÇA VA BIEN LÀ UN PEU DE TENUE.

– Simon !! Non mé vs aitt con vou wesh vs lui avé fay mâle sa coot shair ses truk

– Mais …. pourquoi vous parlez avec des fautes?? Et comment on peut faire des fautes d’orthographe à l’oral?

– Écouté mon daraun y m’a créai aven l’ortograf c pa ds ma genetic.

– Fléau, tu n’as pas honte ? Il.. elle… G-Zu essaie de nous dispenser sa parole sacrée ! le reprit Marek, furieux.

– Uiui wallah tageul.

– Vous allez donc nous donner le sens de la vie? Le pourquoi de notre présence en ces lieux ?

– M’en ba lé couyes frèr. fèrm ta grend guel et vian boir du thé c 1 ptn de boneuhr camomil rose oklm de derièr le fagot t’m’en dirah dé nouvels!

– Je vois… il semblerait que tu l’aies contrarié, Fléau. Mais dans sa grande mansuétude G-Zu nous invite à goûter son saint breuvage.

– Wsh mon seint breuvag c ski sor d’m’a bit moi jte parl de thé.

– Je n’irai plus jamais à l’église je crois.

– Oh saint G-Zu ! s’exclama soudain Marcoius, tombant à son tour à genoux, vu qu’il avait eu le temps de comprendre que ses pierres chéries venaient de cette personne inqualifiable, pourriez-vous dispenser plus de pierres sur ce monde ? Ou mieux, dites-moi où se trouve la pierre philosophale, je vous en prie !

– El é den ta molèr gauch frèr t teubé oukoi?

– Pardon ?

– Ba wi fau lire c marké o chapytr troa mek.

– Ah bon bah autant pour moi.

– Seigneur G-Zu, nous ne sommes pas contre un peu de thé je l’admets, reprit Fléau, soucieux de reprendre un peu le contrôle de la conversation, mais pourriez-vous répondre à nos questions avant ?

– Nan. Azy détan twa vien tir 1 lat sur ça tu vera tou serah + cool…

 

Tout était déjà assez “+ cool” dans les esprits du trio embrumés par l’atmosphère de l’appartement, mais ils ne purent décliner poliment, Simon leur ayant déjà planté deux joints dans la bouches avant même que G-Zu ait fini sa phrase.

Il faut communier avec le seigneur, depuis le temps qu’on vous le dit.

Il ne leur fallut pas longtemps pour perdre la notion du temps et de l’espace, si tant est qu’ils l’aient eu avant, et après avoir vu quelques éléphants danser sur du métal et assisté à la représentation physique de ce sur quoi déblatérait le Gardien toute la journée durant, ils finirent par reprendre un peu leurs esprits.

C’est là qu’ils le virent.

Il s’était glissé dans l’appartement, dans son tutu du rose le plus discret, sur la pointe de ses patins à glace, tel un ninja fabuleux, et commençait déjà à tenter de mettre Marcoius en PLS. Dans un grand cri digne d’un fillette à qui on tire les couettes un peu trop fort, G-Zu se leva, attrapa sa canne et en asséna un grand coup dans les parties intimes du patineur, qui s’enfuit en titubant et en faisant des triples loops suivis de saltos à travers un nuage de fumée.

 

– Vous ! s’écria dramatiquement Marcoius, qui même s’il n’avait rien suivi de l’enquête aimait bien participer, et qui de toute manière n’avait plus le coeur à manger des cailloux.

G-Zu regarda la fumée qui se dissipait pour être remplacée par celle de joint qu’elle était encore en train de fumer d’un air penseur. Un instant, son visage de grand-mère à la fois laid, rassurant et inoffensif se transforma en quelque chose de réellement terrifiant, à tel point que les trois autres restèrent coulés sur place, que la foule de spectateurs choqués, même sans leur patineur, poussa un double cri, et que si nous étions dans un manga les pupilles de G-Zu se seraient rétrécies et un clair obscur improbable aurait donné à la scène tout son importance. Mais comme ce n’était pas un manga, la musique de Bob Marley tournait toujours, parfois couverte par le son des canalisations des chasses d’eau de l’étage en-dessous ou du bruit de Simon qui mangeait goulûment ses croquettes. Les pupilles de G-Zu étaient toujours recouvertes d’immenses lunettes d’écaille verte et jaune, qui lui grossissaient les yeux à tel point que si on le regardait en face trop longtemps on se mettait à paniquer, non pas à cause de la présence d’une messie, mais bel et bien parce qu’on avait l’impression qu’ils allaient exploser, et ce de manière bien sale, tel un soufflé mal préparé et laissé à l’abandon dans un four.

Puis elle reprit son expression ordinaire et déclara :

– Ptn wsh mé l’aut’ là d’ou il mé mé potot en pls sen dir bonjou j’vé lui niker sa reume la tet de moi!

– Ne… ne nous emportons pas… marmonna Marcoius, livide.

– J’sui pa emporé wsh, répondit la petite vielle de sa voix qui oscillait entre la puissance divine et les tremblement de l’âge.

– Fléau ! s’exclama Pontidiscaffol, qui n’avait pas écouté ce qu’avait dit G-Zu (grave hérésie dont il sera châtié plus tard en étant privé de dessert et de flûte), en pointant quelque chose au sol.

 

Ils remarquèrent alors que dans l’emportement de l’action, le dangereux criminel patineur avait laissé derrière lui un indice… un… dragibus… blanc. Oui, un de ces dragibus blancs que personne n’aime, qui s’interroge lui même sur la raison de son existence, et dont on se demande encore s’il est vraiment possible à un humain de créer un tel goût, de ceux qu’on laisse au fond du paquet et que du coup on est obligé de manger à la suite quand il ne reste qu’eux. En somme, une arme dangereuse. G-Zu le ramassa, un main derrière son dos et en poussant des cris de douleur, car ce n’était plus de son âge ces conneries, halala les criminels n’étaient plus ce qu’ils étaient de son temps, au moins à son époque ils avaient la politesse de ramasser les indices pour les vieilles dames, mais non tout partait à vau l’eau à cause de cette génération d’assistés, et le mit dans sa bouche.

 

-… C d’la bone frair, dit-elle d’un air entendu.

 

Marek hocha la tête devant son intervention avant de retourner son attention à Fléau :

– Bon, vu qu’apparemment un patineur nous en veut à mort pour une raison obscure et qu’il peut nous assassiner à tout moment tu veux pas m’épouser, genre comme ça c’est réglé ?

– Heu… non.

– Ha ok. Bon. heu… où en étions-nous ?

– “C d’la bone frair”.

– Ha oui c’est vrai. Face à cette intervention, je vais donc prendre un air concentré et réfléchi, en mettant ma main sous mon menton comme ceci et en plissant les yeux. Voilà. Mhmmmm.

-C’est un peu dommage qu’elle ait mangé notre seul indice.

– Oui bah écoute qui es-tu pour critiquer la petite vieille d’Ascendieu tu veux aller en enfer ou quoi ?

– L’enfer, on y est déjà, déclara sombrement Fléau, si sombrement que les nuages noirs, qui pourtant ne se rassemblaient que pour les mangas, voulurent bien faire une petite exception et se mirent à pleuvoir dans l’appartement.

Furieuse, G-Zu hurla telle un scream de métal parfaitement exécuté, et d’un mouvement de bigoudis, les jeta dehors par propulsion divine et referma la porte. Ils se retrouvèrent donc tous les trois par terre comme des clodos à attendre un geste divin, qui, comme chacun le sait, n’arrive jamais sauf par la voie de petites pierres qui font vachement mal à la tête quand elles tombent dessus.

 

– Bon on fait quoi maintenant, Fléau ?

– La même chose que chaque jour, Marek : tenter de trouver le coupable.

 

Et sur ces mots, le chapitre se finit. Oui bon on a plus nos magnifiques transitions de fin, mais il faut comprendre qu’ici on est en résistance contre le CAPITALISME ! Des hommes et des femmes meurent chaque jour pour lutter contre cette vermine et vous nous faites chier pour un petite transition de merde ?? Bande de montres.

Pardon je m’emporte. Donc. Nos trois compères vont-ils enfin arrêter le dangereux PLSeur? Quel rapport entre les meurtres et la drogue Dragibus ? Que fait Bénédicte Johnson ? Vont ils se prendre des cailloux sur la tête ? Vais-je survivre jusqu’à la fin de cette histoire ? Y a t il des boulettes à midi ? Y a t il un sens à tout cela ? Les œuvres d’art sont-elles la représentation d’une belle chose ou la belle représentation d’une chose ?

Vous le saurez peut-être dans le prochain épisode ou celui d’après ou d’encore un peu après, si les auteures n’ont pas la flemme, que les étoiles sont convenablement alignées par rapport à Saturne et que la météo est clémente.
FIN

Ascendieu- LIVRE I- Chapitre 6

ASCENDIEU, CHAPITRE VI :

Trafic illicite et fantastique de produits merveilleux, drama et choux de bruxelles

 

L’inspecteur sorti de l’hôpital arborant un air troublé. Il monta dans ce qui ressemblait de manière générale à une voiture, mais qui aurait tout aussi bien pu être un amas de métaux hétéroclites, et, laissant par distraction son acolyte sur le trottoir, parti en direction du laboratoire pour faire analyser ce fameux dragibus rose, qu’il avait enveloppé dans un mouchoir de soi sur lequel était brodé les initiales du docteur.

Malheureusement, les scientifiques de la police ne réussirent pas à analyser la substance du mystérieux dragibus, décrétant que vu sa couleur rose, il devait provenir de quelque pet de licorne.

Désespéré, l’inspecteur s’assit sur les marches de manière mélancolique et pris un air tellement sombre, que la scène passa en noir et blanc et qu’on entendit un petit air de violon triste se jouer au loin. Il vit alors passer une personne. Il se redressa, voulut parler, mais aucun son ne sortit de sa bouche vu que la scène était toujours en noir et blanc. À la place, ce qu’il dit s’afficha en une sublime ligne de police Georgia :

 

Eh vous là vous traversez en dehors des clous !

 

Soudain, son acolyte surgit de nulle part, courut d’un air paniqué dans sa direction, poussa la petite mémé à qui s’était adressé la ligne de police Georgia, qui se fit percuter par un camion qui passait par là dans l’indifférence générale, on a pas idée de faire sortir les vieux pendant les saisons des amours des camions aussi, et, une fois arrivé près de lui, lui dit, entre deux halètements :

– Le magicien…. de l’Immeuble… il saura peut-être.

 

L’inspecteur fit mine de ne pas l’écouter, puis se leva soudain avec fougue, sur fond de coucher de soleil et de musique épique

   

*les membres de l’orchestre, qui se sentent surexploités, soupirent de concert*

*le staff applaudit ce jeu de mot de toute beauté*

*le patron agite des feuilles de licenciement aussi la musique reprend-elle*

 

et s’écria:

– Mais c’est bien sûr ! Nous devons aller voir le magicien, Johnson !

 

Et sur ces paroles d’une grande sagesse, il reprit sa voiture et laissa une nouvelle fois Johnson sur le carreau. Ce dernier fronça les sourcils et partit de son côté, ayant en tête des desseins d’importance… (On le retrouvera une demi-heure plus tard faire se combattre deux Playmobils aux effigies de gens de l’Immeuble avec un air boudeur)

 

Sur ces entrefaites, la caméra amorce un plan de malade sur la route, avec musique cool, lunettes de soleil toussa, tandis que la voiture de police de Fléau longe la mer, ses sirènes hurlant et assourdissant les mouettes.

   

*L’association de défense et de protection des mouettes s’insurge contre ces mauvais traitements*

 

Un petit porte-clés à l’effigie du docteur Pontidiscaffol dont on ne veut pas connaître l’origine s’agite sous le rétroviseur.

 

Il arrive finalement devant l’immeuble, sortit de la voiture au ralentit, remit une deuxième paire de lunettes sur ses lunettes tel un flic à Miami, et se dirigea tout droit ver la petite cour arrière où l’on pouvait voir un homme à quatre pattes, farfouillant avec… sa tête… dans la caillasse.

– Marcoius, je présume ? Inspecteur Fléau, de la police nationale. J’ai quelques questions à vous poser.

– BAWFRS POAJ ! (il avala sa bouchée de graviers) Vous marchez sur ma fluorite là.

– Oh pardon.

– Non, l’autre pied.

– Désolé.

– C’est rien, mais bon je les mâche ces trucs-là après, vous pourriez faire attention. Non mais vous vous rendez compte ? J’ai déjà voulu faire signer une pétition pour qu’on arrête de piétiner ma bouff… mon centre de recherches, mais personne ne l’a signé. Scandaleux, n’est-ce pas ?

– Mhmm oui effectivement. Dites-moi, j’aurais des question à vous poser à propos de… ceci, dit l’inspecteur en sortant le dragibus de son mouchoir d’un air dramatique, j’ai pensé que vous sauriez d’où il peut provenir.

 

Marcoius se jeta sur le “bonbon”, émerveillé par cette énième opportunité de faire  reconnaître ses talents. Il l’observa quelques secondes, yeux plissés, en marmonnant “Eh bien eh bien… un dragibus de couleur quartz rose… parfumé à la fraise. OH MON ASCENDIEU !…”

Soudain son visage avait pâli, il recula d’un air paniqué, se prit les pieds dans sa robe et tomba dans les graviers.

– Je… je ne peux pas vous aider, Monsieur, dit il en se relevant avec difficulté, je ne peu pas…

– Attendez…

 

Le magicien n’attendit pas et partit en courant vers l’immeuble, se jeta dans l’Ascendieu, bousculant ainsi le démon qui y fumait tranquillement un joint sur fond de musique méconnue à juste titre. Il appuya sur tout les boutons, et se rendit compte de son erreur, que bien trop tard : sous les coups répétés d’accords surentendus, sortis tout les étés par les mêmes groupes que personne n’aimait suivis des deux mots constituants à eux seuls l’ensemble des paroles, tels en fin de compte la meilleur playlist de l’été 2002, ses oreilles se mirent à saigner. Il y porta la main avec une grimace, et ne vit ainsi pas Fléau s’approcher, vivement mais silencieusement, de l’Ascendieu. Cependant, ce dernier ne se fit pas prier, et ses portes volumineuses claquèrent au nez du policier. Lequel des deux était le plus infortuné, difficile à dire. En tout cas, Marcoius était dans le pétrin, pour ne pas changer, et Fléau était coincé. Son regard se posa tout naturellement sur la porte des escaliers. Notre cher inspecteur n’avait connu que son bureau et son monte-charge. Il ne soupçonnait pas la vraie nature des escaliers. Mais à ce moment-là, Pontidiscafoll entra dans le hall de l’immeuble en boitant et lui cria de s’arrêter.

Le hall était particulièrement vaste, à tel point que les grooms invitaient parfois leurs cousins à venir y camper les soirs d’étés un peu trop chauds. Les murs d’un marbre blanc pâle, que les ans avaient épargné pour une raison inconnue, scintillaient sous le soleil de mars (ouais on est en mars (le vingt, pour être précis (il est 19h26, l’échéance APB est passée il y a une heure, les bacheliers pleurent, dehors c’est le printemps, les animaux les fleurs, dans les bois de Clamart on entend les clameurs des enfants qui se marient, etc), tandis que nos deux nouveaux protagonistes se contemplaient de part et d’autre de la salle.

Fléau se précipita pour rattraper le doc, qui avait utilisé toutes ses forces pour arriver dans le hall et s’effondrait. Il y arriva, juste à temps, le souleva et alla le déposer sur l’une des banquettes en cuir (le cuir, toujours le cuir) installées par le cousin au troisième degré du groom qui servait le café au 12è étage, et se mit à genoux à ses côtés. Tout en lui prenant les mains pour vérifier qu’il n’avait pas de fièvre, il observa le visage de son nouvel ami qui reprenait peu à peu confiance. Il était mince, d’un teint si pâle qu’il aurait fait la jalousie d’un cul de laitier, avec d’adorables yeux noirs en amande, cachés derrière ses petites lunettes rondes et les rides que lui apportait sa trentaine bien avancée. Ses cheveux mi-longs striés de fils argent s’étalaient sur les coussins avec plus d volupté qu’une courtisane de Louis XIV. Les mains du docteur étaient fines, et douce grâce à la non-utilisation de ses scalpels, faute de patient.

Le doc rouvrit les yeux, et Fléau se rendit compte que son visage était un peu trop près du sien, aussi il recula brutalement, se retourna pour cacher sa rougeur et toussota.

 

– Kessispace ? marmonna Pontidiscaffol, sonné.

– Vous vous êtes êtes évanoui, doc, dit Fléau d’une voix grave, ayant repris contenance.

– Et… vous m’avez sauvé ?

 

Il ne manquait que le “senpai” à sa phrase. Avant que Fléau n’ait pu répondre au doc, qui avait pourtant tout l’espoir du monde dans les yeux, deux hommes s’approchèrent d’eux. Leurs qualification d’”hommes” ne leur est par ailleurs donnée que par facilité, étant donné, qu’ils rassemblaient à peu près les proportions et les formes demandées, mais rien d’autre n’indiquait la présence d’une intelligence, ou même d’une âme.

 

– L’patron l’a entendu dire qu’tu fait des r’cherches alors y veut t’voir, dit l’un d’une voix qu’on pourrait facilement apparenter à celle de la dame de google traduction.

– Oui tu dois viendre avec nous, dit l’autre d’un ton tout aussi expressif.

– Venir.

– Pardon ?

– On dit “Venir”, pas “viendre”. “Viendre”, ça n’existe pas, je suppose d’ailleurs que c’est encore une de ces inventions du démon du wsh. Par ailleurs, je suis policier, je vous conseille donc de ne pas prendre ce ton là avec moi.

 

*Le staff tient à préciser qu’il n’est aucunement raciste envers la voix de google traduction, ni les wsh*

 

– Ouais bah hein hé.

 

Marek, qui crut que cet… énergumène… avait appelé Fléau bae, lui jeta un regard plus glacial qu’un… un congélateur. Froid.  Très beaucoup. A tel point qu’on entendit l’Ascendieu grincer.

Ouais le doc était très jaloux.  C’était pas un problème d’habitude,  vu que les seuls objets de sa possessivité étaient ses corbeaux.  Mais en l’occurrence c’était kk.

 

– Kestu mate toi ? demanda le premier google, qui avait remarqué le regard du doc (exercice assez aisé, puisque de ses seuls globes oculaires il avait fait baisser la température du hall d’une vingtaine de degrés).

– Laissez-le, ordonna Fléau d’une voix tendue. C’est à moi que vous en voulez, non ?

 

L’illettré eut un sourire mauvais.

 

– Maintenant suis-nous ou on va se nerver.

– S’énerv… oh et puis merde. Docteur, prenez soin de vous, lança-t-il par-dessus son épaule, comme à regret, je demanderai à un groom de vous raccompagner à votre appart…

 

 

En se retournant, il fut surpris de voir que le docteur avait sorti sa flûte (on sait à quoi vous pensez mais non hein (bande de sales)). Le regard de Pontidiscaffol était deter. En fait l’homme tout entier était déter, mais au vu de ses capacités, cela ne présageait littéralement rien pour la suite. Il colla ses lèvres contre le trou (BANDE DE DÉGUEULASSES JE VOUS VOIS RIRE JE VOUS ASSURE QUE SI VOUS CONTINUEZ, C’EST LE BONNET D’ÂNE ET AU COIN) et entama, sous l’air ébahi des deux lascars et le regard séduit de Fléau, “La lettre à Elise”. Le morceau même qui lui avait valu son bac mention flûte. Que voulez-vous, on avait déjà des profs aussi compétents que Gouniafié à l’époque. Seulement voilà: le temps du lycée était déjà bien loin et l’ex-femme de Pontidiscaffol avait épuisé ses muscles vocaux et respiratoires à force de disputes en tout genre, aussi, après quelques notes à peu près juste, sa flûte sortit un son, tel que l’un des illettrés se dit que la dernière fois qu’il avait entendu un tel bruit, cela venait d’un animal, et que lorsqu’on l’avait retourné il était mort.

 

Mais non Germaine, on a pas vraiment tuer un animal pour l’histoire ! Quoi patron ? non non tout va bien. Germaine, vite, il est retourné, venez à la réunion de comité ce soir, c’est important. Ha, et, amenez des piolets. Vous comprendrez, Germaine…

 

Tout cela étant, les corbeaux, forts déçus de la prestation de leur maître (enfin, “maître”… du gars qui les appelait avec une flûte et changeait leurs cages de temps en temps), ne daignèrent pointer le bout de leur bec. Le doc aborda une magnifique poker face puis poussa un cri et jeta sa flûte au visage d’un des google, mû sans doute par un profond sentiment de dépit.

Saisissant cette occasion, Fléau lui fit un signe de tête et ils s’enfuirent tout deux par l’Ascendieu qui venait de redescendre après sans doute d’innombrables aventures à l’étage, faisant un bon pour éviter le corps inanimé de Marcoius, toujours évanoui. Le hippie à la mauvaise musique s’étonna du nombre de gens décidés à venir faire la fête avec lui, et augmenta le volume, tant et si bien que l’Ascendieu s’énerva et fit péter les mégaphones.

La caméra observait toujours le bouton, qui malgré le chahut ne perdait pas sa couleur rouge pimpante. Il était si rond, si métallique ! Bon en fait ils étaient tous ronds et métalliques mais lui était différent. Il était rond comme aucun autre. Ses copines vidéosurveillance passaient leur temps à lui dire qu’elle ne le connaissait pas, mais elle avait enregistré beaucoup de livres, et les péripéties des habitants de l’Immeuble ne l’avaient pas désenchanté : ce bouton ferait son bonheur.

Le peu de place dans Ascendieu (sauf le respect de notre cher divin, mais on peut dire de toute manière que ce qui est rare est précieux) donna tout le loisir à Fléau et Pondiscaffol de faire plus ample connaissance. Chose que nous ne vous raconterons pas, pour la simple et bonne raison que nous avons cette semaine dépassé les heures de travail OUI MONSIEUR LE PATRON JE M’INSURGE !!! ET VOTRE CEINTURE N’Y CHANGERA RIEN, QUEL QUE SOIT LE NOMBRE DE TROUS QUE VOUS Y AVEZ FAIT. ON NE METTRA MÊME PAS LE MESSAGE DE G-ZU, NAN ON VOUS LE DIT C’EST LA GUERRE!

 

ALLEZ-Y SAMANTHA, IL NE MÉRITE RIEN D’AUTRE !

AAAAARGH

biiiiiiiiiiiip

    biiiiip

    biiiiiiiiiiiiiiip

*nous avons perdu la liaison avec l’Entreprise.*

*du coup c’est la fin du chapitre on suppose*
fin

Ascendieu- LIVRE I- Chapitre 4

ASCENDIEU, CHAPITRE IV : Respect et tartes aux pommes

 

Frédéric rentra chez lui quelque peu décontenancé de sa rencontre avec… un peu tout le monde en fait. Il s’assit sur son canapé, mangea une cigarette puis fuma un boeuf bourguignon, tout en buvant une substance qui était licite, ce pour la simple et bonne raison que personne n’avait jamais eu à l’idée qu’on puisse boire une telle mixture hormis pour se suicider. Mais il semblerait que cet être navrant ne pourrait jamais aller en enfer auquel il appartenait. Satan s’interdisait d’accueillir un tel fiasco.

C’est alors que dans un rayon lumineux suivi d’un coeur de jeunes femmes et de colombes qui s’écrasèrent sur les vitres de ses fenêtres, il eut une illumination.

Il y avait un docteur, au premier étage de l’Immeuble.

Et le seul moyen de l’atteindre était de prendre l’ascenseur.

Il lui suffisait donc de se blesser au rez-de-chaussée.

Pour ceux d’entre vous qui commenceraient déjà à voir la faille du plan de Mr Gouniafié (même si à ce point c’est plus un trou noir qu’une faille), nous vous prierons de laisser les professionnels faire leur travail en bons français, c’est-à-dire faire la grève, s’indigner sur à peu près tout sauf sur leur hygiène et ne pas prévenir le personnage principal d’un tel fiasco. Y avait des merguez à la manif, merde quoi enfin. Leur sauce était fabuleuse.

Le lendemain, après une nuit aussi mouvementée que sa vie, qu’il passa  à fomenter ses plans en ricanant et se frottant les mains tel un acolyte de super méchant (mais si vous savez celui qui meurt au bout de dix minutes de film parce qu’il est retourné dans la tour rechercher l’argent, le con. Du coup à cause de lui le méchant doit se démerder tout seul (bon en l’occurrence y a pas de vrai méchant pour rattraper ses nullités et il meurt pas donc bon hein oh hé ih)), Gouniafié décida de mettre son plan, qui n’avait pas évolué d’un parsec, en action.

Il se rendit donc devant l’immeuble, et alla voir son nouvel ami, le magicien Marcoius. Il s’avança vers lui avec le visage le moins dégoûté possible étant donné que le magicien fouillait dans ses propres excréments, qui contenaient un taux incroyable de cailloux, à la recherche de son trésor perdu qu’il ne retrouvera jamais.

Gouniafié resta quelques secondes immobile, à contempler ce désastre, c’est dire vu que le jugement venait de Gouniafié, puis il prit une lente inspiration, remit sa cravate correctement, eut un regard droit et déterminé digne des plus grands shonens et fit un pas.

Ce pas était le cœur de son plan machiavélique.

Les corbeaux, qui s’étaient déjà tus devant le malaise de la veille, fermèrent encore leurs becs et contemplèrent, impressionnés par tant de gêne ambiante, ce petit homme trébucher et s’étaler sur les gravats retournés. Quoi que “trébucher et s’étaler”, c’est faire un bien grand euphémisme à ses talents d’acteurs, étant donné qu’un enfant de cinq ans faisant le mort après s’être pris un balle en caoutchouc aurait été plus crédible.

Les corbeaux décidèrent de ragequit, prévoyant le drame que cette performance absolument honteuse ferait inéluctablement advenir. Ils firent donc de magnifiques fliptables dignes des plus grandes compétitions avant de s’envoler avec un croassement indigné. Ou désespéré, allez savoir. Je ne parle pas le corbeau, moi. On me fait signe que c’est du racisme de corbeau que tout cela, mais bon ils nous volent notre travail, c’est….

Oui, bon bon. On me fait des doigts d’honneur et des signes vers la porte, je m’en vais donc raconter la suite de l’histoire.

Marcoius, tout à sa recherche, mit vingt bonnes minutes à remarquer le corps flasque et étendu de Frédéric, et encore, seulement parce que ce dernier s’était étalé sur ses cailloux préférés,Georgina et Luciferaptor.

La position était rudement inconfortable pour Frédéric, et ce principalement dû au fait que ce n’était plus de la terre sous les cailloux depuis des années, mais bel et bien les excréments du magicien. De toute façon il est nul en plus c’est un connard donc c’est bien fait pour lui na, de toute manière il écoute même pas 1D je suis sûre le boloss mdr.

 

*tou dou doooooou*

Le staff vous informe que l’adolescente qui s’est introduit dans notre bureau pendant qu’on faisait des doigts au narrateur a été éliminée efficacement et froidement, le tout sur un petit air de Jimmy Hendrix pour lui apprendre ce qu’est la musique 5 secondes avnt sa mort. L’histoire peut continuer.

*tou dou dooooooou*

 

Marcoius tenta de pousser Frédéric pour au moins récupérer Georgina, il avait galéré à la faire celle-là, mais voyant que ses bras maigres ne suffiraient pas à déplacer cette montagne de graisse, il alla crier rustine chez le docteur sa voisine… Ah bah merde ça marche pas. Il alla crier “Voisin !” au docteur son cher cousin. On invente des liens de parenté quand on veut dans notre histoire nous tu veux quoi toi. un jour on sortira un arbre généalogique votre cerveaul va fondre, même Game Of Thrones est plus moral et compréhensible que ce truc en scrèd.

Le docteur Pontidiscaffol sortit donc. C’était un homme extrêmement compétent (il n’avait redoublé sa première année que 12 fois et tué à peine trois quart de ses patients (une enquête est toujours en cours mais les commissaires en viennent vite à la conclusion qu’on homme si bête ne pouvait faire de mal à personne)), mais particulièrement quand il s’agissait de jouer de la flûte à corbeaux, domaine dans lequel il avait accumulé un certain nombre de doctorat. Il s’assit à côté de son patient, sortit une flûte et se mit à jouer un magnifique air de à la claire fontaine.

 

*Le staff a les larmes aux yeux devant tant de beauté.*

    *Le staff reste encore sous le charme.*

*Le staff se fait menacer par le directeur armé d’une ceinture, le staff se remet donc à écrire.*

 

Agressé de toutes parts et complètement insensible à la musique pour la simple et bonne raison qu’il était allongé dans la merde (il en avait même une coincée dans le nez (il mettra quelques semaines à s’en délivrer)), Gouniafié se relève et tenta de partir (ce qui vaudra au docteur Pontidiscaffol une place de chirurgien renommé et un article dans le journal local pour ce miracle), mais il fut vite arrêté par le magicien qui décidé de le garder sous surveillance. Notre cher Gouniafié dut donc le regarder manger des cailloux en plein air 12 heures durant avant de pouvoir rentrer chez lui.

Il passa la journée suivante assis à la table de sa cuisine, la tête entre les mains, dans une atmosphère en noir et blanc, à boire un verre de jus de pomme (vu que c’est en noir et blanc on peut confondre avec du whisky baleks on a pas le budget) qui s’auto-remplissait dès qu’il l’avait terminé, ce grâce au fait qu’il versait un peu de liquide de la bouteille vers son vers par la magie de la gravité, et à se lamenter sur son sort.

Il avait échoué.

Pour changer.

 

*le staff remarque que ça pourrait être le début d’une chanson*

*le staff envisage de sortir un album pour gagner de la thune et étendre sa popularité*

*le directeur armé d’une ceinture remet le staff à sa place*

*le staff commence à lire Marx en scrèd*

 

Il réfléchit donc à un autre plan. Il DEVAIT détruire le Syndicat Des Ascenseurs D’Immeubles Radicaux . Il en allait de la survie de l’humanité, la vraie, celle qui prenait les escaliers sans craintes, le dos droit et les talonnettes claquantes.

Gouniafié avait un lourd passé concernant les ascenseurs, qui expliquait sa haine profonde envers eux. Un peu du même genre que Freud et les fougères. Ça lui arrivait de l’évoquer en face d’eux d’ailleurs, à coups de “Vous savez très bien pourquoi je fais ça” “Je vous avais dit que vous me le paierez”. Paroles creuses, vu qu’il parlait à des machines. Les voisins de ses anciennes résidences avaient signé une pétition pour qu’il parte, le prenant pour un cinglé. Sa haine pour les ascenseurs n’a depuis fait que croître. cmb. Non monsieur le directeur me tapez pas.

 

*the staff is reading a revolutionnary book intensivly*

 

ACÉTILTOUTÉTANT que notre pauvre Gouniafié se trouvait bloqué, non seulement par les événement mais aussi par son manque d’intelligence. Alors il se dit qu’il était temps de consulter le Gardien. Car cela ne pouvait plus durer. A une époque, il aurait préféré mourir plutôt que de réquisitionner l’aide d’un allié, ou même d’un être fréquentant de près ou de loin ces vermines (donc une bonne grosse partie de la population mondiale) , mais s’il devait parvenir à ces extrémités, il le ferait. Pour l’humanité. Pour ses élèves inexistants. Pour… le respect, tout aussi présent que ses élèves.

Il se représenta donc devant l’immeuble, passa à côté du magicien sans baisser les yeux vers lui, hautain, et entra dans le hall. Il baissa les yeux devant les vikings à l’entrée de l’Ascenseur (faut pas déconner ils font peur les gars (120 kilos de muscles et de poils quand même)) et se dirigea vers la loge du gardien. Ce dernier était occupé à son activité préférée : déblatérer des trucs plus ou moins profonds et concrets en se resservant du café entre deux inspirations :

_ …mais la question qui reste de manière transcendantale, quel que soit l’angle sous lequel on pose le problème, c’est la cristallisation de savoir relatif et absolu dans le cadre de la réalisation quantique d’une tarte aux pommes. Car en effet, si la pomme pousse du pommier, le pommier pousse à partir de ses pépins, on est donc ici en face du problème de la poule ou de l’oeuf, qui me pousse à la réflexion : je me ferais bien une omelette là maintenant, cela pose un problème que nous pourrions tenter de résoudre en trois parties : thèse, antithèse et malàl’aise, sous le signe de la problématique suivante: si l’on considère qu’une pomme est infinie de par le rapprochement avec l’œuf, peut-on donc dire que la tarte aux pommes correspond à l’univers dans sa globalité cosmique ? Et quelles répercussions cet état de fait pourrait-il avoir sur les fonctionnements psychologiques, psychopathologiques et névrotiques qui caractérisent la dualité humaine? On en revient donc à cette réponse: si la tarte aux pommes est l’univers, admettons car c’est la solution la plus plausible pour l’instant, si l’on retire l’hypothèse qui explicite que nous sommes tous nous mêmes des morceaux de tarte aux pommes,  mais quel est donc l’ingrédient du respect ? Car il semble que ce problème soit le coeur qui permet de répondre à tout le reste….

_ … Mais oui c’est clair !

_Mais qu’est-ce qui est clair, qu’est-ce que le clair ? est-ce l’opposé du sombre, ou bien une notion en elle-même, indépendante de toute influence, et qui êtes vous ? Mais qu’est-ce que l’identité ?….

Gouniafié était bouche bée. Le Gardien, non, l’Oracle, était en train d’atteindre un point probablement jamais effleuré par les plus grands, ou même par les Vrais, ces gens dont il avait tant entendu parler. Il se tut pour le laisser s’exprimer, craignant qu’une intervention supplémentaire de sa part ne perde cette merveilleuse réflexion.

_ … car nous pouvons en effet considérer que dans la paradigme précédemment évoque, vous soyez un morceau de tarte aux pommes plus ou moins agressif, avec pour seul but de s’emboîter à d’autres parts de la tarte pour reformer le cercle originel. Et que ce cercle serait donc la réponse à la grande question, que tout humain censé s’est déjà posé au moins une fois dans sa vie: mais où est donc parti le respect?

 

    *les cerveaux de différents membres du staff et du narrateur commençant à fumer, nous ne pouvons vous retransmettre la suite du fameux monologue, qui révolutionna la philosophie quantique de la théorie de la tarte aux pommes*

 

Lorsqu’il sortit de cette pièce sombre qui sentait le tabac et le café froid, Gouniafié était persuadé d’une chose: pour réussir à faire tomber le Syndicat Des Ascenseurs D’Immeubles Radicaux, il devait se mettre à la recherche du respect. Il devait se tenir à cette quête quoi qu’il arrive.

Il rentra chez lui, pris un manteau, un sac à dos Pokémon™, une barre chocolatée et se mit en route vers de grandes aventures, compagnons, il est parti vers l’horizon.

Pendant ce temps, dans l’immeuble, le bruit de perceuse insupportable repris. Les deux voisins lambdas qui existent seulement pour refléter les réactions de tous les gens de l’immeuble échangèrent un regard las et s’en furent se retrancher dans leurs appartements respectifs. C’est qu’au quarante deuxième étage vivait Ned. Ned avait travaillé pendant des années dans divers chantiers de construction, tels que l’arche de Noé ou le Donut Géant de Melun. Aujourd’hui à la retraite, il avait décidé de mettre à profit son talent pour lui-même et de refaire enfin son appartement: mais il y avait un problème : son but n’était pas de finir les travaux mais bel et bien de les faire. Ainsi, lui qui possédait le plus bel et grand appartement de l’Immeuble, celui qu’Ascendieu avait façonné une demie journée entière (rien que ça), il l’avait transformé en chantier. Peu à peu il avait acheté un certain nombre d’outils, qu’il classait par ordre de décibels dégagées. Car son plus grand plaisir, après la sensation de la vibration des machines entre ses mains, était d’entendre le bruit assourdissant qu’elles émettaient, et de le faire partager à ceux qu’il aimait le plus: ses voisins. Car en effet, Ned était un homme d’amour et de compassion, comme le disait son amant, notre bien connu Alfred, qui se délectait de cette symphonie de parpaings et d’amour. Les voisins ne s’y étaient jamais habitués, bien que Ned soit là depuis toujours, mais ils n’avaient pas la délicatesse d’Alfred. Certains avaient bien réussi à mettre ce tintamarre à profit pour leurs propres activités quotidiennes, mais certains, comme le docteur Pontidiscaffol, étaient devenus les rivaux jurés du cher Ned, et s’appliquaient à rivaliser de sonorité avec lui, notamment grâce à des flûtes et des scies à os électriques pour notre cher docteur. Ce qui n’arrangeait en rien la situation de l’Immeuble, en fait.

En dehors d’Alfred qui entretenait sa relation avec Ned par le biais de ces ébats, la seule personne qui semblait réellement apprécier ces bruits était G ZU, et effet, sous l’effet des psychotropes, ils lui donnaient l’inspiration pour la poésie de ses messages.

Il (ou elle, le staff se refuse de déterminer le sexe d’un personnage aussi 42esque que G ZU) était d’ailleurs en train d’écrire un de ses messages. Grâce à un magnifique travelling de caméra de toute beauté par dessus son épaule, voiiiiilà, vous pourrez voir cher lecteur, ce magnifique cliffhanger amené si subtilement.

 

ON A ANCAUR FÉ DISSPARETR LE PAIRSO PRAINCIPÂLE VOU ZAITE BÉSAIS MDR

 

*Le staff était en train de fomenter une grève bien méritée après ces 3 heures de travail, le chapitre va se conclure ici.*

*Vive nos transitions. On les a mit dans le même dossier de recherche que les qualifications du docteur Pontidiscaffol, le respect et les élèves de Gouniafié.*

 

FIN

Ascendieu- LIVRE I- Chapitre 3

CHAPITE 3 : De la beauté d’être un fantôme et de la difficulté évidente de ne pas en être un, en quatre parties, thèse antithèse synthèse prothèse, par Monsieur Frédéric Gouniafié, professeur plus ou moins renommé à l’institut qui a plus ou moins un nom.

 

Frédéric Gouniafié sortit de sa salle de cours sûr de lui : cette fois-ci ses élèves avaient enfin compris son cours. Non pas que ses enseignements soient ennuyeux : ils avaient toujours été d’excellente qualité, et intéressaient beaucoup de monde (du moins d’après lui). Il se retourna pour saluer ses élèves sans vraiment regarder avant de partir.

*Le narrateur se permet de préciser que la salle était vide.*

Il venait de recevoir une lettre, arrivée depuis le Bureau Des Trucs Étranges Et Mystérieux Que Le Gouvernement Veut Voir Disparaître, bureau très officiel où il avait ses entrées depuis qu’il avait réussi à y amener du café buvable, brisant ainsi une malédiction qui durant depuis plus de trois siècles et qui sévit malheureusement encore et toujours dans bien des établissements publics.

Il se dirigea donc au 42 Rue Street et entra dans un immeuble ? Je crois ? *regarde le script*

“L’immeuble” donc possédait un nombre d’étage hallucinant, presque un record du monde, donc au nombre de 1,5, et d’un luxe qui faisait pleurer, principalement à cause du goût des habitants pour les tissus en léopard rose bonbon, et pour les rideaux en pelures d’oignon. Il salua le gardien au passage, qui n’existait pas, et prit l’ascenseur, qu’ici le Dieu Suprême avait divisé en quartiers pour s’adapter à l’architecture des lieux. Oui, en bref, c’était un monte-charge. Un très joli monte-charge cela dit. Avec des autocollants et tout. Et même l’autographe de Chuck Norris, avec qui il avait eu une liaison torride dans sa jeunesse. En effet, un jour, dans la jungle tropicale,

Ouais mais on doit continuer l’histoire donc non allez bon donc le monte-charge oui *regarde ses notes* le conduisit au septième demi de l’étage, et tomba en panne, parce que voilà.

Cette panne demande toute fois une petite explication: en effet, Frédéric Gouniafié écrivait une thèse, le travail de toute une vie. Cette thèse portait sur la dangerosité des ascenseurs et comment ils veulent prendre le contrôle et dominer l’espèce humaine, avec les preuves de leurs forfait et un schéma de leur plan pour dominer le monde. Thèse qui, évidemment, n’avait pas plu au Syndicat Des Ascenseurs D’immeubles Radicaux qui en avait informé l’Ascendieu. Celui-ci avait pris le parti de ne pas prendre de mesures, mais la plupart des ascenseurs gardaient un grief assez prononcé contre ce gouniafié de Gouniafié. Et ce grief se manifestait très régulièrement. A chaque fois qu’il s’approchait de l’un d’eux, en fait. Chaque fermeture au nez, chaque déréglage d’ascenseur, quand il n’est pas provoqué par le réparateur, (NESSEPA) est fait parce qu’un Frédéric Gouniafié traîne aux environs. Vous pouvez lui envoyer des lettres de réclamation, évidemment.

Le monte-charge dans lequel il était a souhaité garder l’anonymat. Nous l’appelleront ainsi Bernard. C’était le dernier descendant d’un grande et riche famille d’Ascenseurs aristocrates, il mettait donc un point d’orgue à garder son honneur et à protester contre la présence de l’infâme. Ainsi, quand l’occasion s’est présentée de faire valoir son patronyme, il n’a pas hésité. Il est un modèle pour les ascenseurs, monte-charge, nacelles, et autres appareils menant aux autres étages. Il recevra d’ailleurs le Bouton d’Honneur des mains mêmes de l’Ascendieu dans peu de temps, et nous lui enjoignons nos félicitations.

Cela étant, après être resté coincé avec notre ami Bernard, qui ne pouvant plus supporter sa présence avait fini par céder au bout de deux bonnes heures de lutte, il débarqua dans le bureau du maître du bureau, c’est dire à quel point ces bureaucrates aiment les bureaux, bureauception en quelque sorte, et déposa devant lui un papier, avec un air fier et vainqueur, avant de s’incliner dans une courbette cérémonieuse (il était comme ça, Frédéric, toujours à en faire des caisses (et à en lâcher à l’occasion (mais cela ne nous regarde pas))). Le directeur leva les yeux d’un air fatigué. Il était à présent 23h et c’était la troisième visite de Gouniafié de la journée. Par ailleurs, il avait des ascenseurs dans sa famille et supportait mal l’ascenscophobie de cet homme. Malheureusement il était difficile de faire face à une telle médiocrité. Il prit donc le papier d’un air résigné, et le lut. Il y avait marqué:

 

bjr c un mésage ainphiltré de G zu, gesa V pa coman aparètre den se chapitr autremen. bisoo.

      -G zu.

 

 

Tandis que le directeur levait un regard dubitatif sur Gouniafié, celui-ci ce lança dans un discours avec tout l’éloquence dont il était capable, c’est à dire aussi clairement qu’une petite vieille sans dentier:

– J’ai fait des recherches ! L’adresse d’où vient cette lettre n’existe pas, et pourtant l’immeuble est bien présent, je l’ai vu sur gogole map. Et il y a eut des morts. Tous retrouvés dans… L’ESCALIER. C’est un complot de l’Ascenseur. J’en suis certain, il y a des choses qui se trament, des choses peu nettes et pas très catholiques. Je sens que chaque brique, chaque poulie, chaque miroir, chaque bout de plastique, chaque porte, chaque sachet de thé Amparon™, chaque tarte qui sent bon tout juste sortie du four par le gardien de l’immeuble délicieusement enrobée de caramel fondant, EST MÔÔÔDIT !!! VOUS M’ENTENDEZ, MAUDIT !

A ces mots, il se redressa, frappa le bureau, le rata, se prit les pieds dans le tapis, trébucha et se releva tout de suite après avec la vivacité d’un personnage de cartoon, mais sans sa dignité. Le directeur haussa un sourcil, avant de laisser échapper un grognement de douleur et frotter le sourcil en question. Frédéric avait toujours mis son arcade sourcilière à l’épreuve.

– OUI je vous entends, je penses même que l’intégralité de l’étage de cet immeuble vous a entendu.

En effet tout les fonctionnaires s’étaient retourné et observaient la scène avec attention, certains avaient même sorti leurs smartphones et filmaient la scène espérant pouvoir la vendre aux Russes, car qui sait ce qui intéresse les Russes.

– Je ne peux pas vous donner d’allocation, repris t il, et le budget qui vous sera alloué est de 100 euros…

On entendit un grincement au niveau du monte-charge.

– 10 euros, donc. Je ne vous dis pas bonne chance, il paraît que ça porte malheur aux comédiens. Remettez le tapis en sortant s’il vous plaît.

Frédéric prit son argent, partit avec une démarche de canard très… voilà… et s’apprêta à monter sur le monte-charge, il vit alors qu’il s’était entretemps fabriqué un système de paiement qui exigeait 10 euros pour chaque descente ou montée. Il pleura longtemps. Puis il se rappela l’horreur de cette engeance, et décida de prendre l’escalier, beaucoup plus sûr. Il avait en effet toujours avec lui un petit escabeau de sac qui l’empêchait d’être frappé par la malédiction des escaliers. Mais il se rappela qu’il n’y avait pas d’escalier, alors il se résolut à SAUTER PAR LA FENÊTRE (EH OUAIS MA COUILLE (ON EST DES GENS VIOLENTS NOUS)).

Le narrateur précise que la dite couille n’a jamais répondu à cette altercation de plus en plus profonde, insoutenable et injustifiée de violence, déclarant qu’il fallait parler à son avocat ou à son agent, et qu’elle engagerait des poursuites judiciaires contre X.

 

Après un atterrissage très maîtrisé, parce qu’il se trouve qu’un gars passait par là pour aller prendre du pain (nos condoléances à la famille), Frédéric s’en alla affronter le mal avec sa petite redingote et ses dix euros. Il était métal, Frédéric.

Il arriva donc devant l’immense et majestueux immeuble de l’Ascendieu en ce 16 janvier ma foi fort grêleux (ouais le temps passe vite dans cette histoire). Sans se dégonfler face à l’aura qui entourait ce HLM hors du commun, il en poussa les portes et se dirigea d’un pas assuré et couinant en direction de Ses portes. Étrangement, nulle réaction ne vint de la part de l’Ascendieu. Frédéric inspira, et eut un sourire satisfait, se sentant pousser un orgueil triomphant face à ce qu’il prenait pour une victoire sur Lui. C’est dire s’il était con le mec.

Il poussa donc le bouton étrangement rouge, et attendit. Quelque chose clochait. La musique… Elle était insupportable.

– Cool n’est-ce pas?

Il sursauta. A côté de lui se tenait un hippie qui fumait quelque chose de probablement fortement illégal, en souriant d’un air satisfait, presque béat. Il augmenta le volume.

 

Aime moi hé hé

Pourquoi tu m’aime paaaaas? Hohhoooo haaa muuuhhhh

M’aimer c’est bien aahahahah

Je regarde mon téléphohohoooone et tu ne m’appèle paaaaaaahhhAAAAAHHHHHH

je trouve ça triste

alors je pleure des larrrrrrmes

et c’est triiiisteuuuuuh…

 

Ne pouvant plus supporter ces paroles d’une profondeur aussi abyssale que son propre cerveau, il se mit à hurler, bourrina tous les boutons, pour enfin sortir en trombe de l’Ascenceur, qui était finalement redescendu sans lui demander son avis.

Le hippie fit un check à l’Ascendieu, puis réappuya sur le bouton. Les portes se refermèrent enfin sur cette musique terrible que même le démon a banni de ses appartements de la région ouest des enfers, près de la mer des suppliciés, avec vue sur le Grand Barbecue.

Frédéric sortit en trombe de l’immeuble, paniqué, et fini par entrer dans quelqu’un (sans sous entendus évidemment). En tombant, cette personne fit un bruit de… cailloux. En baissant les yeux, notre cher professeur thèseux constata qu’en effet quelques graviers s’étaient échappés des poches de la personne au cours de sa chute. Sans prêter attention à lui, le gars aux cailloux ramassa son lot et jeta un regard qui traversa les murs jusqu’à la porte d’Ascendieu. Elle était close. Ce constat le fit se mordre les lèvres.

– Mince, je l’ai loupé… Vous pourriez faire attention, mince !

Puis Marcoius le détailla (le caillouteux s’appelait en effet Marco, et rajoutait -ius à cause de sa profession), et constata qu’il ne le connaissait pas.

– Ooooooh, un spectateur !

Car pour tout bon intermittent du spectacle, un gars random croisé dans la rue était un spectateur.

 

*Le narrateur vous prie d’excuser cette insulte, Marcoius état en effet un véritable mage, et renommé par dessus le marché. Enfin, d’une renommée qui allait de l’immeuble à la cuisine de sa très chère mère. Mais il en était très fier, ainsi éviterons-nous de piquer son ego. On a besoin de lui pour le scénario. Et puis sa maman n’était pas une personne qui avait l’admiration facile, après tout. Elle ne l’avait jusque là accordée qu’à Michèle Drucner et l’Ascendieu, évidemment.*

 

Les capacités de Marcoius étaient tout à fait admirables, du moins de son point de vue. Il était capable de mettre un grand nombre d’objets dans ses manches pour ses tours de magie. Si ses tours étaient tous lamentables, on pouvait néanmoins saluer le gabarit de ses vêtements. C’est ce que ses professeurs de magie mettaient comme appréciation sur ses bulletins scolaires.

Mais il avait maintenant un nouveau but, comme il l’indiquait effectivement à notre pauvre Gouniafié, qui restait de marbre, la bouche grande ouverte, tel un homme lambda devant un buffet. Son but, sa quête, son objectif, que dis-je son Graal, était à ce moment-là d’improviser un spectacle pour Frédéric. Il l’avait cherché, aussi, en lui demandant son son identité. Il y a des choses à ne pas faire avec les mages, c’est de connaissance commune:

– Je suis Marcius Lardanum Archnamargandirium, Archimage des Secteurs Éthérés, Maîtres des Potions de soûlerie, Grand Inventeur de l’eau iofilisée, et surtout alchimiste de mon métier. Je suis présentement en plein travail sur ma nouvelle découverte (il lui montra une sacoche pleine de cailloux.) La Pierre Phi-Lo-So-Phale. (on sentait les majuscules dans sa voix.)

– Oui oui mais…

– Surtout, ne vous méprenez pas, ce n’est pas un secteur facile, que la recherche de pierres magiques. En effet, voilà bien dix ans que je la cherche, et je n’ai toujours pas trouvé une piste !

– Mais.. où la cherchez vous exactement?

Le mage fit une grand geste du bras et désigna l’esplanade, où on avait visiblement retourné une grande partie du sol de graviers. Gouniafié resta un instant sans comprendre, ce qui instaura un silence gênant où aucun des deux protagonistes ne bougea, tout deux contemplant d’un air passionné les graviers, tandis que des passant effectuaient leur métier, c’est-à-dire de passer tout en jugeant à grands coups de regards furtifs tout ce qui les entourait. On entendit un corbeau croasser, le pauvre animal étant interrompu dans son repas par la gêne ambiante, littéralement palpable.

– Ah eh bien très bien. C’est rès bien ttout cela. Très très… bien. Je suis moi-même dans une quête, dit-il en reprenant son éloquence habituelle, aussi maîtrisée qu’une acrobatie sur le point de faire valoir un Darwin award amplement mérité. Voyez-vous, je dirais même que je suis absorbé dans une lutte exceptionnelle contre toute une génération !

– Et donc, repris le mage qui ne l’avait pas écouté une seule seconde, je viens de trouver une technique révolutionnaire pour chercher la Pierre : le tamis. Seulement voilà, je n’en ai pas, alors je dois faire avec les moyens du bord. Je mets les cailloux dans ma bouche et je recrache tout, d’abord que les plus petits, puis les plus gros, qui sont beaucoup plus susceptibles d’être la Pierre…

Devant eux, un chien urina sur les graviers. Un nouveau silence gêné s’installa.

– Certes certes…

– Voilà…

– C’est à dire que…

–Oui tout à fait…

– N’est-ce pas.

– Umhuh.

– mmmh.

-Bien bien bien.

– Bon je vous laisse je, j’ai piscine.

Et sur ces paroles profondes, les deux hommes se séparèrent sans un regard.

Le narrateur tient à vous préciser, si ça peut vous rassurer, que Marcoius n’était pas si loin du but, qu’il n’atteindrait jamais par ailleurs, étant donné que la pierre était sa molaire du fond depuis le premier jour de ses recherches, à gauche. L’intégralité de ses dents étaient en effet devenues des cailloux depuis qu’il avait entrepris sa quête, étant donné que les aliments qu’il consommait s’étaient eux-mêmes réduits en divers types de gravats, qui feraient la plus grande joie d’un géologue..

Pendant ce temps, Alfred faisait des trucs de dandy dark et séduisant. C’est -à-dire lire sensuellement des romans du dix neuvième siècle tout en buvant du thé de manière mystérieuse.

 

Pendant ce temps, dans l’Ascendieu, on pouvait entendre les derniers succès français.

Pendant ce temps, le bouton du dernier étage continuait de rougir.

Pendant ce temps, le gardien des caméras continuait à s’interroger sur le tableau de commandes, qui contenait 42 boutons en fonction, et dont l’un des écrans ne cessait d’afficher “et c’est pour cela qu’il faut détruire Carthage”. Le gardien supposait qu’il s’agissait d’une private joke entre le tableau de commandes et l’Ascendieu. C’était extrêmement frustrant d’être confronté aux private jokes. Il se mit à s’interroger sur les private jokes, puis sur le sens de ce qui est privé, sur la légitimité de la propriété privée et des restrictions en général, surtout en ce qui concerne la mémoire et les blagues, parce que ce n’est quand même pas gentil de priver ses petits camarades de blagues après tout, puis il se demanda à quoi servent les petits camarades et questionna la justification du terme “petits” devant “petits camarades”, et ça dura des plombes.

Pendant ce temps, le temps passait.

Pendant ce temps, G ZU fumait un pétard au dernier étage, tout  en écrivant sur des petits bouts de papiers et en les lançant plus ou moins aléatoirement sur les différents habitants de l’immeuble, tel un ninja.

Pendant ce temps, moi-même, narrateur, me demandait si ma femme avait fait des boulettes de viande ce soir, et si le nouveau stagiaire n’avait pas le plus beau postérieur que j’aie jamais vu de ma vie.

FIN

Ascendieu -LIVRE I- chapitre 2

Ascendieu, chapitre II

 

 

 Que la panne soit, et la panne fut. (canards et chapeaux mexicains) comment cuisiner son monde ajoutez du beurre mettez au four et quoi non je suis pas en train de faire ma recette de cuisine dans le titre mais ME VIREZ PAS J’AI PAS FINI et ajoutEEZ DU SEL PENDANT QUE ÇA CUIT SALUT À PLUS POUR ma RECETTE DE CUPCAKES

 

Lorsque les portes de L’Ascenseur s’ouvrirent, il eut l’impression d’entendre des chants d’église, pendant un instant, mais il se rendit vite compte qu’il s’était trompé, et que la petite musique ridicule commune à toutes les machines se jouait bien tranquillement.

Il fit un pas en avant, et pénétra  dans l’Ascendieu (en toute amitié, bien sûr).

Le voyage se passa sans anicroche, sinon qu’il avait encore une fois l’impression que la caméra fixait le tableau de commande, ce qui faisait rougir ce dernier. Il secoua la tête pour effacer cette idée absurde de son esprit. Il voulut appuyer sur le bouton menant à l’étage supérieur, mais ledit bouton semblait si rouge qu’il n’osa pas le toucher. Alors, il décida de monter à l’étage au dessus, il prendrait les escaliers pour redescendre. Dans un silence étrange pour un Ascenseur de cet âge, la Machine se mit en marche.

Il ressortit les bras ballants. L’immeuble était plutôt haut, ses cheveux, courts, avaient eu le temps de sécher durant la montée. Il chercha des yeux le panneau des escaliers, mais avant que son regard ait pu s’acheminer jusqu’à la porte, il s’arrêta devant la silhouette frêle et voûtée d’un homme. Il était… ma foi à la fleur de l’âge (HUM !) enfin disons qu’il conservait très bien les traces d’une beauté passée. Ses yeux, aussi argentés que sa chevelure, scintillaient dans le clair-obscur ambiant. Il était habillé d’un costume trois pièces élégant, quoiqu’un peu passé, et tenait à la main une canne sculptée avec un raffinement et une délicatesse introuvables de nos jours.

Il croisa le regard d’Hector, lui sourit. Hector, sans en avoir conscience, eut un sourire parfaitement niais et un regard langoureux qui aurait fait perdre connaissance à un collet monté émotif. Par la même occasion, il en profita pour devenir aussi rouge que le bouton d’Ascenceur qu’il avait refusé de toucher.

-Diantre, bonjour à vous. Ma foi, sans vouloir paraître trivial, vous possédez un charme inouï !, furent les premiers mots qu’Hector entendit au sein de l’immeuble d’Ascendieu.

-Bonjour, fut celui qu’il prononça.

-Quel est le nom que l’on donne à votre si agréable personne ?

-Hector.

-Hector…, soupira Alfred (car oui le monsieur s’appelait Alfred). Hector… Oh Hector…

-Et vous, comment vous vous appelez ? Et vous êtes qui en fait? Vous habitez là? Vous avez entendu ce bruit?

-Je me prénomme Alfred, pour vous servir monsieur Hector. Je suis absolument ravi de faire votre connaissance.

-Moi aussi. Franchement, t’es joli.

-Seigneur !

 

L’Ascenseur émit un léger bruit auquel il ne prêta pas attention, tout à sa fougue enflammée.

-Quel parler charmant ! Quelle rencontre enchanteresse ai-je fait aujourd’hui ! Quelle perfection !

-Bah merci c’est gentil.

-Où résidez-vous, si ce n’est pas indélicat de ma part ?

-Bah je viens d’emménager, répondit Hector. Deux étages en dessous, l’appartement 22, en face de l’Ascenceur. Et vous… toi ?

-Oh, pour ma part, juste ici. Mais cessons de parler de moi, voulez vous ? Chaque seconde que je passe sans parler de vous me déchire !

-Ah ouais. T’es comme ça toi.

-Votre propos est si charmant… Cela ne vous dérange pas, j’espère ?

-Non mais je veux pas que tu te déchires hein alors ça me dérange pas.

-Et gentil, avec ça ! Altruiste, oh altruiste ! Je l’ai su au premier regard…

-Ouais je sais on me le dit parfois, dit Hector avec une satisfaction qu’il essayait de dissimuler. Je vais peut être y aller….

-Y aller ? Rentrer dans ce sanctuaire ??? Jamais je n’oserais me permettre une telle diffamation ! Me séparer de vous ainsi, alors que ma journée viens juste de s’illuminer par votre présence !

-Je dois…

-Je n’en doute pas… oh certes non… mais enfin, me feriez vous le plaisir de vouloir entrer ?

Hector rougit comme une jouvencelle en fleur, et acquiesça. Si vous voulez tenter de comprendre ses sentiments à cet instant précis, imaginez-vous être une fangirl devant votre idole. Mais une fangirl bien élevée, non atteinte d’hystérie boutonneuse, avec une soixantaine de kilos et un vingtaine d’années de plus. Et de la testostérone. Ouui en fait ça n’a rien à voir avec une fangirl, mais comprenez mon idée je vous en prie. Déjà que ma femme m’a quitté hier, n’en rajoutez pas. Bande de monstres. ON ÉTAIT MARIÉS DEPUIS CINQ ANS. CINQ ANS C’EST DU TEMPS DANS UNE VIE non désolé patron me virez pas

 

*TOU DOU DOUUUU*

Le staff vous informe que le narrateur a été viré, il est donc remplacé par un narrateur à peu près identique, parce que.

Il entra donc dans l’appartement. C’était un endroit vaste, entièrement meublé par divers je peux pas dire meuble ça fait répétition comprenez moooooi ! Arrrrghhhh….

 

*TOU DOU DOUUUUUU*

Le staff vous informe que dû à la dépression du nouveau narrateur, l’ancien est remis en place. Vous ne verrez bien sûr aucune différence, ce qui justifie évidemment notre intervention. mouahahah on aime parler pour ne rien dire (on voulait faire de la politique vous comprenez)

 

Il entra donc dans l’appartement. C’était un endroit vaste, meublé par moult antiquités qui avaient su conserver leur splendeur d’antan (tout comme l’habitant des lieux. Pardon). Hector admirait les tableaux, faisant mine en bon citoyen lambda de s’intéresser à la profondeur de leur signification inexistante pour impressionner son hôte/idole déjà subjugué. Il était absolument émerveillé et ne savait pas comment il avait pu conclure aussi rapidement avec un mec aussi génial. Il n’était pas aussi entreprenant d’habitude, même après avoir bu. Non pas qu’il boive beaucoup. Sauf du thé. Mais ça compte pas le thé, le principe c’est d’être taré avant de l’avoir bu, pas après. Il lissa du talon le tapis légèrement plié, soudain intimidé.

Le dandy le fixait, avec un demi sourire au visage. Hector lui donnait l’impression d’un de ces enfants honteux d’avoir été surpris à courir après un papillon. Il s’assit avec grâce dans l’un des fauteuils de bois sculpté et indiqua d’un simple geste celui qui lui faisait face à son invité. Hector s’assit sans attendre, comme s’il n’avait été qu’une marionnette aux doigts de son hôte (ceci dit sans humour graveleux, évidemment (pour qui nous prenez-vous (nous sommes des gens civilisés))).

-Souhaitez vous du thé, Hector?

-Volontiers monsieur…

-Appelez-moi Alfred, mon ami, pas de pédanterie entre nous. Alors comme ça vous êtes nouveau par ici ?

-Oui… enfin, je viens juste de m’installer.

-Et quel bon vent a pu vous mener jusqu’à cet immeuble, très cher ?

-Pas un vent, disons plutôt un inspecteur des impôts. Et un banquier. Et une ex-femme.

-Seigneur, il est vrai que ce genre de parasites pullulent en cette période, murmure Alfred en secouant la tête d’un air navré.

Il se leva et partit d’un pas léger vers la cuisine toute équipée en bois de noyer (achetée chez un antiquaire tellement hors de prix que l’on devait payer pour avoir le droit de toucher la porte pour entrer), et commença à préparer un thé. Dès qu’il ouvrit le paquet, une odeur de fleur juste éclose se répandit dans tout l’appartement, enivrant le jeune homme qui n’en demandait pas tant.

-Ainsi, dit Alfred en revenant, vous êtes un genre de… comment dit-on… rescapé ? Réfugié ? Cela ne me revient pas… Oh, un survivant, en somme.

Le jeune homme était parti dans un autre monde et sursauta en entendant la voix d’Alfred à quelques centimètres seulement de lui.

-Oh heu, je n’en dirait pas tant…

-Ne soyez pas si modeste. Je suis sûr que vous avez dû affronter d’effroyables épreuves avant d’arriver ici.

Il avait prononcé ces mots presque en murmurant, avec une voix aussi suave que l’odeur qui flottait autour de lui. Il s’assit de manière féline, juste à côté d’Hector, cette fois-ci.

Ce dernier sentit son coeur s’emballer comme un solo de batterie d’un jeune prépubère certain de pécho la fille du premier rang, celle qui le regarde sans vraiment d’intérêt, maquillée comme un camion volé à 12 ans, vous voyez l’idée. Ou comme le rythme des tirs d’un sulfateuse bien huilée. J’aime les sulfateuses. Bref. Il ne savait ni que dire ni que faire, il restait simplement immobile, ce qui semblait parfaitement convenir à son hôte. Et surtout, il se concentrait, croisait les jambes et cherchait dans sa tête toutes les excuses possibles pour ne pas se lever, et éviter ainsi un moment gênant. Alfred se leva de nouveau pour aller chercher les tasses prêtes, ainsi que son assortiment de gâteaux, qu’il gardait toujours en cas d’invités impromptus. Et il y en avait très régulièrement, souvent de son fait, car la plus grande passion d’Albert, après l’opulence, était d’inviter les voisins qu’il croisait dans le couloir à prendre le thé, quelle que soit l’heure. Mais il devait avouer que ce voisin là lui faisait un effet étrange. Il lui semblait se voir lui même, en plus jeune, encore perdu et dégingandé, cherchant une place et buvant du thé dans son bain. Et il ne savait pas à quel point il avait raison

Mouahahaha. Pardon.

Hector profita de ce moment de répit pour se calmer un peu, et il vit revenir son hôte chargé des gâteaux et du thé avec un plaisir non dissimulé. Il se leva finalement et lui tourna le dos, feignant observer la rue par la fenêtre de la pièce, pour cacher sa gêne.

-Quelque chose ne va pas ?, s’inquiéta Alfred derrière lui.

Bernique… et si son invité n’aimait pas les gâteaux ???

*cliffhanger*

La suite au prochain épisode…

*Non en fait flemme allez on continue sinon on va encore nous dire que c’est trop court et on aura pas notre salaire, genre on est payés.*

Hector paniqua, il sentait à la voix d’Alfred que ce dernier était inquiet, il devait vite le rassurer. Il fit volte-face et, dans sa précipitation, trébucha sur un des innombrables plis du tapis.

Alfred s’élança tel un garde du corps zélé se sacrifiant au ralenti pour un président sur une musique dramatique. Sauf que lui aussi trébucha sur un pli. Y avait beaucoup de plis sur le tapis. Il passait pas souvent l’aspirateur le Bebert.

La scène qui suivit devrait pouvoir contenter sur des générations les fans de yaoi et autres shippeurs professionnels (vous êtes des tarés sur internet hein des fois même moi j’ai honte de ce que je lis (c’est dire (oui je le lis quand même (cessez de me juger (c’est quand même sacrément bien écrit foutrebleu))))).

Ils se regardèrent un instant, Alfred étant malencontreusement tombé (de manière très digne) sur le jeune Hector, qui avait le souffle coupé, moins à cause de la chose que pour éviter à son corps des réactions inappropriées, même si leur position en elle-même était vachement inappropriée en soi. Leurs visages n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, et il pouvait voir les paillettes d’or dans les yeux acier du dandy. Après un moment d’hésitation (de mise), ce dernier rapprocha lentement son visage de celui de son compagnon. Hector cilla, décontenancé, quand Alfred posa ses lèvres sur les siennes.

WOUHOOOOOU *explosion de champagne chez les stagiaires*

VOS GUEULES ON FAIT UN TRUC ROMANTIQUE MERDE.

     Pardon.

     PTAIN les jeunes j’vous jure *le rédacteur reprend donc l’histoire, un cigare entre les dents et un air bougon sur sa figure jaunie par le tabac*

Leur baiser dura un certain temps. Leur thé était encore tiède quand ils se séparèrent.

Un grondement fit soudain trembler jusqu’aux murs de l’appartement. Alfred se releva brusquement. Il connaissait bien l’immeuble, même si les voies de l’Ascenceur sont impénétrables (c’est bien les seules), il savait reconnaître lorsque ce dernier se mettait en colère. Il remit sa cravate d’un mouvement brusque et très chic et interrogea Hector du regard, qui non seulement ne savait rien mais en plus n’était pas plus en mesure de parler qu’auparavant.

Il partit dans la salle de bain se mettre un coup d’eau sur la figure, lorsqu’un morceau de papier arriva de la fenêtre fermée et le frappa à l’épaule. Il l’ouvrit et le lit.

 

C ton fiss wsh arete tes conerrie bro c pas b1

_G zu

 

 

Alfred chancela de surprise.

Il vit dans le miroir qu’on homme le regardait fixement. Il le reconnut immédiatement, alors il se précipita dans le salon, et avoua tout à Hector, d’une seule traite, sans le regarder dans les yeux, sans expliquer ce soudain revirement ni même d’où il tenait cette information.

-Hector… je suis ton père.

-NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON

Comme tout les héros qui se respectent, Hector était évidemment orphelin. Le choc lui fit perdre un bras (oui juste le choc qui êtes vous pour le juger), et il s’enfuit, ouvrit la porte et sortit de l’appartement. Il se précipita sur l’Ascenceur et appuya frénétiquement sur le bouton. Mais il ne vint pas.

-Il est en panne aujourd’hui, fils.

*Musique de jumpscare pourri*

Hector sursauta et se retourna brusquement. Un homme qu’une cinquantaine d’année se tenait devant lui. Il avait le visage banal et portait un bouc étonnamment fourni. Il le reconnut sans même que l’on le lui ait présenté auparavant: le réparateur.

Il ignorait que c’était le même homme que son père avait vu dans le miroir.

Sans même prendre le temps de lui répondre, il s’esquiva et partit en dévalant les escaliers. Et il mourut.

Le lendemain, un petit post it était posé sur la plaque à l’entrée des escaliers. Dessus, quelqu’un avait noté d’une écriture fine et élégante :

Je suis Hector

Quelques fleurs avaient été posées sur le seuil de la porte. Les deux grooms, qui avaient retiré leurs tenues de vikings, pleuraient à chaudes larmes devant cette étrange tombe, et faisaient des doigts à chaque personne qui voulait monter par l’ascenceur avec eux. Ascendieu avait cette semaine là décidé de prendre son week-end. Oui c’est dieu, il prend des week-ends de semaines entières si il veut, oh nan mais dis donc.

 

Dans une petite pièce plongée dans le noir, un homme observait des écrans qui retransmettaient les images des caméras de surveillances. Ses yeux bleus s’agitaient frénétiquement. L’une des caméras fixait toujours obstinément le panneau de commande, et particulièrement le bouton rouge.

-Mais qu’est-ce que c’est l’histoire ?, marmonna-t-il dans sa barbe (littéralement (il portait réellement la barbe (ça lui donnait du sex appeal selon les voisins))). Mais qu’est-ce que l’histoire, mais pourquoi nous le demandons nous? Est-ce une nécessité ? Est-ce que l’histoire nous guide, ou sommes-nous les traceurs de l’histoire ?

Personne n’était là pour lui répondre alors il monologua longtemps en s’interrompant de temps à autres pour s’hydrater avec un bon vieux café (car cet homme était définitivement un partisan du breuvage sombre et dégoûtant, bien qu’il se demanda souvent le sens de café et son rapport métaphysique avec le sens de la vie et le secret du bonheur chez les classes défavorisés d’une société mondialisée en quête de consommation exponentielle).

Il soupira, regarda avec attention un homme inconnu se gaméler dans les escaliers, et se resservit une tasse de café et quelques interrogations supplémentaires.

Ascendieu -LIVRE I- chapitre 1

ASCENDIEU, CHAPITRE I

Hector, Ô Hector

Au début, il n’y avait rien. Puis, Il se créa de lui même, par sa propre force et sa propre volonté. Il était le maître de l’univers, Il était le Dieu unique, omniscient, Omnipotent, celui qui monte et qui descend.

L’Ascenseur.

Un Ascenseur pour les gouverner tous, et dans les ténèbres les lier. Nan, on plaisante, en vrai il a eu la flemme.

Au Premier jour, il sépara le haut du bas selon sa volonté, puis inventa les boutons, et les câbles électriques.
Au second jour, il créa la musique d’ascenseur, parce qu’il s’ennuyait.
Le troisième jour, il créa les néons moches qui cassent une fois sur deux.
Le quatrième jour, il créa les miroirs sales pour combler le narcissisme de ses sujets.
Le cinquième jour, il créa l’escalier.
Le sixième il mit des trucs autour de lui-même.
Le septième, enfin, jour béni entre tous, il inventa la panne. Et tomba en panne. Parce que faut pas déconner, Il avait bien bossé le Luron. Et puis c’était dimanche. Ensuite, il partit se boire un café. On dit qu’il ne se présenta même pas dans certains immeubles. Par Sainte flemmardise. Certains racontent qu’il créa la grève, le syndicalisme et le professorat du même coup, mais ces légendes restent encore aujourd’hui invérifiables.

Bref. Tout était là, chaque élément présent pour instaurer le monde selon Sa volonté.

Il s’installa à tout hasard dans un de ces immeubles parisiens qui reçoivent des cliques de gens lambdas. Voici son histoire.

(Générique de New-york police judiciaire)
Le 27 octobre 2015, un jeune homme du nom de…
L’équipe s’excuse pour cet oubli. Stagiaire ? STAGIAIRE ! oui vous là-bas avec la robe moche ! Oui voilà, le nom du gus. Hélène? mais c’est un homme dedieu, vous ne voyez pas qu’il a une… barbe ? Ha, Hector ? oui voilà.
Donc, du nom d’Hector. Halala ces stagiaires payés à rien faire, c’est honteux. TU ES AU COURANT QUE C’EST NOS IMPÔTS?

Pardon. Donc :
Un jeune homme du nom d’Hector arriva donc en ce 27 octobre dans l’immeuble qui allait changer sa vie (et sa mort techniquement (oui on vous spoil (qui êtes-vous pour nous juger (on est comme ça nous (d’ailleurs que faites vous chez moi (REMETTEZ CETTE BD À SA PLACE DE SUITE OU J’APPELLE LA POLICE)))))).

Mais pour le moment il était pas mort vu qu’il entrait dans l’immeuble. Il allait s’installer dans au second étage, troisième porte à gauche, en face du mec qui avait un renard (ah, le mec qui avait un renard… toute une histoire celui-là), mais si vous savez la porte marron (on dit qu’elle à été blanche un jour, mais ce sont encore une fois des légendes invérifiables). On ne sait pas vraiment d’où vient Hector (à vrai dire on s’en bat les courgettes) mais on sait en tout cas que ça devait pas avoir marché fort pour qu’il se retrouve là. Et que ça n’allait pas aller mieux, vu qu’il était là.

Car l’immeuble, qui accueillait en son sein Ascendieu himself, n’était pas vraiment lambda, contrairement à ses habitants.

Et encore.

Ça me rappelle cette histoire que la soeur de la belle-mère de mon cousin au troisième degré -celui qui a une jambe de bois- m’avait raconté. Un jour, qu’elle sortait au marché, un samedi après-midi je crois…
QUOI ARRÊTER DE RACONTER MA VIE JE RACONTE MA VIE SI JE VEUX ha oui pardon monsieur me virez pas s’il vous plaît.
Oui donc non l’immeuble n’était pas lambda. Y avait qu’à voir les lambris, ils étaient en frêne. En FRÊNE. Nan mais franchement. Il se gêne pas, l’Ascendieu. En même temps, Il est Dieu, donc bon. Bref. Voilà. Hein.
Hector tomba bien. Le jour où il se rendit dans l’Ascendieu pour la première fois, c’était un mardi. Le mardi était l’un des seuls jours normaux de l’immeuble. Enfin si on peut appeler ça normal : deux hommes, le visage à moitié recouvert par des casques à corne d’un style viking, avec d’ailleurs une fort jolie fourrure très tendance cet hiver sur le bord, et habillés en grooms, l’attendaient devant l’ascenseur. Le premier prit ses affaires, le second lui indiqua l’ascenseur. Il entra, donc, et ne marqua aucune surprise devant ses deux hôtes. L’état de choc, sans doute.

Il appuya sur le bouton 2. Attendit. Se regarda dans la glace. S’éclata un bouton blanc qu’il avait sur le menton. Fit un sourire de beau gosse à son reflet.

Un petit bruit métallique le fit sursauter. Il observa tout autour de lui, puis leva finalement la tête. Il y avait une caméra, comme dans la plupart des immeubles, mais celle-ci était étrangement pointée sur le… tableau de commande ? dont l’un des boutons vira étrangement au rouge. Il assumait pas trop d’avoir éclaté un chtar sous l’oeil d’une caméra alors il évita de demander à ses voisins par la suite de quoi il en retournait.

Lorsque les portes se rouvrirent, il se sentit soulagé d’être sorti jusqu’à tomber nez à nez avec le groom qui avait ses valises. Il les lui tendit. Hector le remercia, et le groom se rendit dans l’Ascendieu. Hector songea qu’il n’aimait pas vraiment prendre l’ascenseur. Les grooms étaient stylés, mais la caméra pointée sur le tableau de commandes l’avait mis très mal à l’aise. Et visiblement, le tableau de commande aussi était mal à l’aise. Il envisagea pour son prochain voyage dans le curieux immeuble de prendre l’escalier. FATALE ERREUR MOUAHAHAHAHA (la co-auteure s’excuse pour ce rire diabolique sorti du fond des âges).

Il s’installa pépère dans son nouvel appartement, colla ses affiches, mit son tapis en peau d’ours, une chaîne random sur la télé et un morceau bien dégueulasse dans ses oreilles et se fit couler un bain. Il se prépara aussi un petit thé (parce que QU’EST-CE QU’UN BON HÉROS MODERNE SANS SON THÉ NESSEPAS MA BONNE GERALDINE ? (je tiens à préciser que Géraldine acquiesce avec émotion). Il était posey quoi.

Alors qu’il pensait à la belle vie qu’il allait mener, sirotant noblement son thé tel un bonhomme dans son bain brûlant tout à fait random (tandis que ses orteils tournaient les pages de son journal), un vrombissement vraisemblablement sorti tout droit des enfers les plus obscurs et les plus terribles, là où même le grand Chtulhu n’ose pas aller, (d’une violence inouïe pour ceux qui n’auraient pas compris) vint le troller dans cette recherche d’espoir, faisant trembler sol, plafond, tasse, et secouant le thé d’une manière tout à fait honteuse et stéréotypée. Il se redressa et chercha l’origine du bruit. Tâche ardue : ça résonnait. Difficile de déterminer d’où ça venait. Il dut sortir du bain, se sécher, s’habiller, et sortir en se contraignant à ne pas tremper l’intégralité de son appartement, quoique certains murs dégoulinaient naturellement de choses et d’autres, dont aucune personne censée et saine d’esprit n’aurait voulu connaître la provenance. Il faudrait qu’il envoie une lettre au gérant de l’immeuble, un de ces jours. Pour peu qu’il y en ait un.

Il sortit donc de l’appartement, ses cheveux humides lui chatouillant la nuque et les épaules. Le bruit continuait, mais Hector parvenait mieux à déterminer d’où il provenait. L’étage du dessus.

L’étage était pourtant, des dires du type louche qui lui avait vendu l’appartement, inhabité.

Pour y monter, il dû évidemment prendre l’ascenseur.

Ce qu’il n’avait pas, mais alors pas du tout, envie de faire.

Ses pas le conduisirent, de ce fait et très naturellement, vers la porte de l’escalier. Alors que sa main s’avançait vers la poignée, il entendit un “NOOOOOON !”. Mais attention, pas n’importe quel “NOOOOOON !”. Pas un de ces “NOOOOOON !” dramatiques qu’on entend dans les films, alors qu’un personnage meure, ou fake sa mort, ou révèle son lien familial avec le protagoniste . Ce “NOOOOOON !”-là venait d’une petite voix chevrotante de vieille dame. Ça venait du tout dernier étage. Hector leva un sourcil interrogateur, puis reçut un caillou entouré d’un morceau de papier froissé sur la tête. Mais étrangement, ce caillou semblait auréolé d’une lumière, alors qu’il n’y avait aucune fenêtre dans ce couloir. Ni aucun lieu duquel on aurait pu lancer le projectile. Son premier réflexe fut de détacher le papier du caillou pour lire ce qu’il y avait marqué :
Wsh si tu prent lé eskalié té mor bro

G zu

Ce mot, d’une poésie et d’une syntaxe parfaites et exquises, l’interpella. Il revint sur sa décision et, choisissant à la place d’écouter les conseils d’un bout de papier random sur un caillou random, L’appela pour la seconde fois de son existence. Il vint à lui.