Archives par mot-clé : crime

ASCENDIEU, LIVRE I, CHAPITRE 7 :

ASCENDIEU, CHAPITRE VII :

Patin à glace, enquêtes, drogue, révolution et cailloux

 

*bip bip bip*

*bip bip bip*

*bip bip bip*

*Le collectif tient à informer les lecteurs que l’Entreprise a été prise, suite à des abus sur les salariés, confinés 24h/24 dans le bâtiment pour améliorer le rendement. Dans ce but, le patron et ses collègues ont été enfermés dans le bureau principal jusqu’à l’acceptation de nos conditions et la livraison de notre soupe hebdomadaire. Avec des croûtons et des pois chiches, on est pas des bêtes nom de nom. Toutefois, nos services continueront d’être assurés.*

Hum hum. Oui donc Germaine, veuillez m’aider là s’il vous plaît. Voilààààà. Et retirez votre genou de ma main vous seriez un amour. Donc. *regarde le script* Ah ouais c’est après l’agression de la Team Rocket low cost là.

 

La foule, poussant au ralenti un cri choqué, voit nos deux héros entrer dans l’Ascendieu.

 

Ils papotèrent autour d’un pique-nique assez splendide, puis firent de la balançoire, un karaoké, un barbecue, une chanson de Disney, une partie d’échecs, un jeu de marionnette avec le corps inconscient de Marcoius, et les portes de l’Ascendieu s’ouvrirent enfin.

Le magicien se réveilla en sursaut, se demandant où étaient ses cailloux avant de se souvenir des événements du chapitre précédent.

Ni une, ni deux, Fléau l’empoigna et l’aida à sortir de l’Ascendieu avant que celui-ci ne se referme. Ils avaient appuyé sur tous les boutons en entrant (l’un d’entre eux, plus rouge que les autres, avait d’ailleurs frémi de manière étrange à ce contact) et pourtant ils étaient, sans aucun arrêt, immédiatement arrivés à l’étage….42.

TAN TAN TAAAAAAAAAN.

L’étage 42 n’était pas un étage comme les autres. Il avait été dès son enfance promis à une destinée différente. Là-bas, les murs étaient d’une couleur que seuls les papillons auraient dû percevoir, le bruit de perceuse venant du chantier de Ned était plus audible que jamais, les lambris étaient en cerisier (comme quoi on peut faire plus osé que le rez-de-chaussée) et des témoins de Jéhovah sourds erraient de porte en porte, armés de la dernière édition du “Ttémoignage de Jéhovah pour les nuls”, qui dispensait les meilleurs conseils de survie si on accordait du temps à notre seigneur Jasus Christ. Les voisins aussi erraient, un air suspicieux sur le visage à la vue des nouveaux venus. Bon à vrai dire ils avaient toujours l’air suspicieux (ça donnait l’air intelligent), mais Pontidiscaffol, qui ne connaissait pas les us de cet étage, agrippa nerveusement le bras de son Fléau.

Un flot de caillasses entourées de papier lancées dans la plus grand randomness de la porte d’un appartement que les témoins évitaient soigneusement attira leur attention. Avant que Fléau ou Marek, qui étaient bien là comme ça ensemble, puissent prendre une initiative quelconque, Marcoius se jeta sur ce trésor du ciel (littéralement) et se mit à fouiller, débarrassant les cailloux de leur message saint.

*La foule choquée par une telle hérésie se cache les yeux et ne voit pas la prestation pourtant très admirable du gars musclé qui patine sur un couple de cochons*

Fléau se pencha pour ramasser du bout des doigts un des petits papiers qui traînaient lamentablement par terre, souillé par le seul contact de Marcoius dont l’hygiène n’était pas douteuse puisque personne ne pouvait douter de l’odeur pestilentielle qu’il dégageait jusqu’à 5 mètres autour de lui.

 

Hyl é deriair vou 2puits le Dbu lol

G-Zu

 

Pris d’une terreur subite, nos deux protagonistes et leur… compagnon d’Ascendieu… cavalèrent dans un ralenti épique (sur fond de musique de film français engagé (mais pas trop)) le mètre qui les séparait du Saint Appartement de G-Zu.

La porte était évidement ouverte, car il est bien connu que G-Zu accueille tout les nécessiteux, leur offre du thé, un joint et une claque sur la joue gauche avant de les relancer avec emphase dans la vraie vie, ils ouvrirent donc la porte (qui était dépourvue de judas pour une raison évidente) à la volée et entrèrent dans le petit appartement.

Un chat leur lança un regard torve avant de sauter de tout son poids colossal sur une étagère (qui était surencombrée de statuettes vaudou, de vinyles de Bob Marley et de Ramstein, et d’autres choses non identifiées ou censurées pour le lecteur), se louper lamentablement et commencer à faire sa toilette pour retrouver une certaine dignité en se léchant les couilles. Ce chat répondait au doux nom de Simon.

L’appartement dans son ensemble n’était pas petit, mais il était tellement encombré et enfumé que l’on s’y sentait immédiatement à l’étroit. Un brouillard de fumée de produits probablement illicites dans l’intégralité des pays du monde et des différents mondes flottait et donnait aux nouveaux arrivants l’impression de voler, et que la dame sur le tableau en face d’eux était vachement drôle avec ses yeux, là. Au milieu de ce qui semblait être un salon, du moins qui devait l’être sous la couche d’habits et de choses déposées un peu partout, sur un fauteuil un peu miteux mais qui devait être diablement confortable (pardon) se trouvait… une petite grand-mère, qui les observait attentivement en fumant un joint. Elle portait une perruque qui était probablement plus grande qu’elle, à moins que ce ne soit qu’un tas de bigoudis magistralement empilés les uns sur les autres, beaucoup trop de maquillage aux couleurs vives et un peignoir qui à lui seul devait avoir vu plus de choses atroces que le démon qui logeait dans l’Ascendieu le jeudi. Elle leur lança un regard circonspect.

–  ‘Sope ?  leur dit-elle d’une voix pleine de sagesse, grave et profonde, qui résonnait d’ailleurs bizarrement dans la tête des trois compères.

 

Marek se jeta à genoux, tomba sur le chat qui le griffa avant de s’enfuir en reculant. Il y avait dans son regard une stupéfaction que ses deux compères ne comprenaient pas trop, Fléau ignorant les moeurs de l’Ascendieu et Marcoius étant toujours trop dans ses cailloux (qui commençaient d’ailleurs à s’accumuler devant la porte, tombant de ses poches telles des feuilles d’impôts de la mémoire d’un homme politique) pour en avoir quoi que ce soit à fiche.

– Pontidiscaffol, dit Fléau d’une voix tendue, qui est cette personne ? et… POURQUOI T’ES À GENOUX HO NAN MAIS ÇA VA BIEN LÀ UN PEU DE TENUE.

– Simon !! Non mé vs aitt con vou wesh vs lui avé fay mâle sa coot shair ses truk

– Mais …. pourquoi vous parlez avec des fautes?? Et comment on peut faire des fautes d’orthographe à l’oral?

– Écouté mon daraun y m’a créai aven l’ortograf c pa ds ma genetic.

– Fléau, tu n’as pas honte ? Il.. elle… G-Zu essaie de nous dispenser sa parole sacrée ! le reprit Marek, furieux.

– Uiui wallah tageul.

– Vous allez donc nous donner le sens de la vie? Le pourquoi de notre présence en ces lieux ?

– M’en ba lé couyes frèr. fèrm ta grend guel et vian boir du thé c 1 ptn de boneuhr camomil rose oklm de derièr le fagot t’m’en dirah dé nouvels!

– Je vois… il semblerait que tu l’aies contrarié, Fléau. Mais dans sa grande mansuétude G-Zu nous invite à goûter son saint breuvage.

– Wsh mon seint breuvag c ski sor d’m’a bit moi jte parl de thé.

– Je n’irai plus jamais à l’église je crois.

– Oh saint G-Zu ! s’exclama soudain Marcoius, tombant à son tour à genoux, vu qu’il avait eu le temps de comprendre que ses pierres chéries venaient de cette personne inqualifiable, pourriez-vous dispenser plus de pierres sur ce monde ? Ou mieux, dites-moi où se trouve la pierre philosophale, je vous en prie !

– El é den ta molèr gauch frèr t teubé oukoi?

– Pardon ?

– Ba wi fau lire c marké o chapytr troa mek.

– Ah bon bah autant pour moi.

– Seigneur G-Zu, nous ne sommes pas contre un peu de thé je l’admets, reprit Fléau, soucieux de reprendre un peu le contrôle de la conversation, mais pourriez-vous répondre à nos questions avant ?

– Nan. Azy détan twa vien tir 1 lat sur ça tu vera tou serah + cool…

 

Tout était déjà assez “+ cool” dans les esprits du trio embrumés par l’atmosphère de l’appartement, mais ils ne purent décliner poliment, Simon leur ayant déjà planté deux joints dans la bouches avant même que G-Zu ait fini sa phrase.

Il faut communier avec le seigneur, depuis le temps qu’on vous le dit.

Il ne leur fallut pas longtemps pour perdre la notion du temps et de l’espace, si tant est qu’ils l’aient eu avant, et après avoir vu quelques éléphants danser sur du métal et assisté à la représentation physique de ce sur quoi déblatérait le Gardien toute la journée durant, ils finirent par reprendre un peu leurs esprits.

C’est là qu’ils le virent.

Il s’était glissé dans l’appartement, dans son tutu du rose le plus discret, sur la pointe de ses patins à glace, tel un ninja fabuleux, et commençait déjà à tenter de mettre Marcoius en PLS. Dans un grand cri digne d’un fillette à qui on tire les couettes un peu trop fort, G-Zu se leva, attrapa sa canne et en asséna un grand coup dans les parties intimes du patineur, qui s’enfuit en titubant et en faisant des triples loops suivis de saltos à travers un nuage de fumée.

 

– Vous ! s’écria dramatiquement Marcoius, qui même s’il n’avait rien suivi de l’enquête aimait bien participer, et qui de toute manière n’avait plus le coeur à manger des cailloux.

G-Zu regarda la fumée qui se dissipait pour être remplacée par celle de joint qu’elle était encore en train de fumer d’un air penseur. Un instant, son visage de grand-mère à la fois laid, rassurant et inoffensif se transforma en quelque chose de réellement terrifiant, à tel point que les trois autres restèrent coulés sur place, que la foule de spectateurs choqués, même sans leur patineur, poussa un double cri, et que si nous étions dans un manga les pupilles de G-Zu se seraient rétrécies et un clair obscur improbable aurait donné à la scène tout son importance. Mais comme ce n’était pas un manga, la musique de Bob Marley tournait toujours, parfois couverte par le son des canalisations des chasses d’eau de l’étage en-dessous ou du bruit de Simon qui mangeait goulûment ses croquettes. Les pupilles de G-Zu étaient toujours recouvertes d’immenses lunettes d’écaille verte et jaune, qui lui grossissaient les yeux à tel point que si on le regardait en face trop longtemps on se mettait à paniquer, non pas à cause de la présence d’une messie, mais bel et bien parce qu’on avait l’impression qu’ils allaient exploser, et ce de manière bien sale, tel un soufflé mal préparé et laissé à l’abandon dans un four.

Puis elle reprit son expression ordinaire et déclara :

– Ptn wsh mé l’aut’ là d’ou il mé mé potot en pls sen dir bonjou j’vé lui niker sa reume la tet de moi!

– Ne… ne nous emportons pas… marmonna Marcoius, livide.

– J’sui pa emporé wsh, répondit la petite vielle de sa voix qui oscillait entre la puissance divine et les tremblement de l’âge.

– Fléau ! s’exclama Pontidiscaffol, qui n’avait pas écouté ce qu’avait dit G-Zu (grave hérésie dont il sera châtié plus tard en étant privé de dessert et de flûte), en pointant quelque chose au sol.

 

Ils remarquèrent alors que dans l’emportement de l’action, le dangereux criminel patineur avait laissé derrière lui un indice… un… dragibus… blanc. Oui, un de ces dragibus blancs que personne n’aime, qui s’interroge lui même sur la raison de son existence, et dont on se demande encore s’il est vraiment possible à un humain de créer un tel goût, de ceux qu’on laisse au fond du paquet et que du coup on est obligé de manger à la suite quand il ne reste qu’eux. En somme, une arme dangereuse. G-Zu le ramassa, un main derrière son dos et en poussant des cris de douleur, car ce n’était plus de son âge ces conneries, halala les criminels n’étaient plus ce qu’ils étaient de son temps, au moins à son époque ils avaient la politesse de ramasser les indices pour les vieilles dames, mais non tout partait à vau l’eau à cause de cette génération d’assistés, et le mit dans sa bouche.

 

-… C d’la bone frair, dit-elle d’un air entendu.

 

Marek hocha la tête devant son intervention avant de retourner son attention à Fléau :

– Bon, vu qu’apparemment un patineur nous en veut à mort pour une raison obscure et qu’il peut nous assassiner à tout moment tu veux pas m’épouser, genre comme ça c’est réglé ?

– Heu… non.

– Ha ok. Bon. heu… où en étions-nous ?

– “C d’la bone frair”.

– Ha oui c’est vrai. Face à cette intervention, je vais donc prendre un air concentré et réfléchi, en mettant ma main sous mon menton comme ceci et en plissant les yeux. Voilà. Mhmmmm.

-C’est un peu dommage qu’elle ait mangé notre seul indice.

– Oui bah écoute qui es-tu pour critiquer la petite vieille d’Ascendieu tu veux aller en enfer ou quoi ?

– L’enfer, on y est déjà, déclara sombrement Fléau, si sombrement que les nuages noirs, qui pourtant ne se rassemblaient que pour les mangas, voulurent bien faire une petite exception et se mirent à pleuvoir dans l’appartement.

Furieuse, G-Zu hurla telle un scream de métal parfaitement exécuté, et d’un mouvement de bigoudis, les jeta dehors par propulsion divine et referma la porte. Ils se retrouvèrent donc tous les trois par terre comme des clodos à attendre un geste divin, qui, comme chacun le sait, n’arrive jamais sauf par la voie de petites pierres qui font vachement mal à la tête quand elles tombent dessus.

 

– Bon on fait quoi maintenant, Fléau ?

– La même chose que chaque jour, Marek : tenter de trouver le coupable.

 

Et sur ces mots, le chapitre se finit. Oui bon on a plus nos magnifiques transitions de fin, mais il faut comprendre qu’ici on est en résistance contre le CAPITALISME ! Des hommes et des femmes meurent chaque jour pour lutter contre cette vermine et vous nous faites chier pour un petite transition de merde ?? Bande de montres.

Pardon je m’emporte. Donc. Nos trois compères vont-ils enfin arrêter le dangereux PLSeur? Quel rapport entre les meurtres et la drogue Dragibus ? Que fait Bénédicte Johnson ? Vont ils se prendre des cailloux sur la tête ? Vais-je survivre jusqu’à la fin de cette histoire ? Y a t il des boulettes à midi ? Y a t il un sens à tout cela ? Les œuvres d’art sont-elles la représentation d’une belle chose ou la belle représentation d’une chose ?

Vous le saurez peut-être dans le prochain épisode ou celui d’après ou d’encore un peu après, si les auteures n’ont pas la flemme, que les étoiles sont convenablement alignées par rapport à Saturne et que la météo est clémente.
FIN