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Ascendieu- LIVRE I- Chapitre 4

ASCENDIEU, CHAPITRE IV : Respect et tartes aux pommes

 

Frédéric rentra chez lui quelque peu décontenancé de sa rencontre avec… un peu tout le monde en fait. Il s’assit sur son canapé, mangea une cigarette puis fuma un boeuf bourguignon, tout en buvant une substance qui était licite, ce pour la simple et bonne raison que personne n’avait jamais eu à l’idée qu’on puisse boire une telle mixture hormis pour se suicider. Mais il semblerait que cet être navrant ne pourrait jamais aller en enfer auquel il appartenait. Satan s’interdisait d’accueillir un tel fiasco.

C’est alors que dans un rayon lumineux suivi d’un coeur de jeunes femmes et de colombes qui s’écrasèrent sur les vitres de ses fenêtres, il eut une illumination.

Il y avait un docteur, au premier étage de l’Immeuble.

Et le seul moyen de l’atteindre était de prendre l’ascenseur.

Il lui suffisait donc de se blesser au rez-de-chaussée.

Pour ceux d’entre vous qui commenceraient déjà à voir la faille du plan de Mr Gouniafié (même si à ce point c’est plus un trou noir qu’une faille), nous vous prierons de laisser les professionnels faire leur travail en bons français, c’est-à-dire faire la grève, s’indigner sur à peu près tout sauf sur leur hygiène et ne pas prévenir le personnage principal d’un tel fiasco. Y avait des merguez à la manif, merde quoi enfin. Leur sauce était fabuleuse.

Le lendemain, après une nuit aussi mouvementée que sa vie, qu’il passa  à fomenter ses plans en ricanant et se frottant les mains tel un acolyte de super méchant (mais si vous savez celui qui meurt au bout de dix minutes de film parce qu’il est retourné dans la tour rechercher l’argent, le con. Du coup à cause de lui le méchant doit se démerder tout seul (bon en l’occurrence y a pas de vrai méchant pour rattraper ses nullités et il meurt pas donc bon hein oh hé ih)), Gouniafié décida de mettre son plan, qui n’avait pas évolué d’un parsec, en action.

Il se rendit donc devant l’immeuble, et alla voir son nouvel ami, le magicien Marcoius. Il s’avança vers lui avec le visage le moins dégoûté possible étant donné que le magicien fouillait dans ses propres excréments, qui contenaient un taux incroyable de cailloux, à la recherche de son trésor perdu qu’il ne retrouvera jamais.

Gouniafié resta quelques secondes immobile, à contempler ce désastre, c’est dire vu que le jugement venait de Gouniafié, puis il prit une lente inspiration, remit sa cravate correctement, eut un regard droit et déterminé digne des plus grands shonens et fit un pas.

Ce pas était le cœur de son plan machiavélique.

Les corbeaux, qui s’étaient déjà tus devant le malaise de la veille, fermèrent encore leurs becs et contemplèrent, impressionnés par tant de gêne ambiante, ce petit homme trébucher et s’étaler sur les gravats retournés. Quoi que “trébucher et s’étaler”, c’est faire un bien grand euphémisme à ses talents d’acteurs, étant donné qu’un enfant de cinq ans faisant le mort après s’être pris un balle en caoutchouc aurait été plus crédible.

Les corbeaux décidèrent de ragequit, prévoyant le drame que cette performance absolument honteuse ferait inéluctablement advenir. Ils firent donc de magnifiques fliptables dignes des plus grandes compétitions avant de s’envoler avec un croassement indigné. Ou désespéré, allez savoir. Je ne parle pas le corbeau, moi. On me fait signe que c’est du racisme de corbeau que tout cela, mais bon ils nous volent notre travail, c’est….

Oui, bon bon. On me fait des doigts d’honneur et des signes vers la porte, je m’en vais donc raconter la suite de l’histoire.

Marcoius, tout à sa recherche, mit vingt bonnes minutes à remarquer le corps flasque et étendu de Frédéric, et encore, seulement parce que ce dernier s’était étalé sur ses cailloux préférés,Georgina et Luciferaptor.

La position était rudement inconfortable pour Frédéric, et ce principalement dû au fait que ce n’était plus de la terre sous les cailloux depuis des années, mais bel et bien les excréments du magicien. De toute façon il est nul en plus c’est un connard donc c’est bien fait pour lui na, de toute manière il écoute même pas 1D je suis sûre le boloss mdr.

 

*tou dou doooooou*

Le staff vous informe que l’adolescente qui s’est introduit dans notre bureau pendant qu’on faisait des doigts au narrateur a été éliminée efficacement et froidement, le tout sur un petit air de Jimmy Hendrix pour lui apprendre ce qu’est la musique 5 secondes avnt sa mort. L’histoire peut continuer.

*tou dou dooooooou*

 

Marcoius tenta de pousser Frédéric pour au moins récupérer Georgina, il avait galéré à la faire celle-là, mais voyant que ses bras maigres ne suffiraient pas à déplacer cette montagne de graisse, il alla crier rustine chez le docteur sa voisine… Ah bah merde ça marche pas. Il alla crier “Voisin !” au docteur son cher cousin. On invente des liens de parenté quand on veut dans notre histoire nous tu veux quoi toi. un jour on sortira un arbre généalogique votre cerveaul va fondre, même Game Of Thrones est plus moral et compréhensible que ce truc en scrèd.

Le docteur Pontidiscaffol sortit donc. C’était un homme extrêmement compétent (il n’avait redoublé sa première année que 12 fois et tué à peine trois quart de ses patients (une enquête est toujours en cours mais les commissaires en viennent vite à la conclusion qu’on homme si bête ne pouvait faire de mal à personne)), mais particulièrement quand il s’agissait de jouer de la flûte à corbeaux, domaine dans lequel il avait accumulé un certain nombre de doctorat. Il s’assit à côté de son patient, sortit une flûte et se mit à jouer un magnifique air de à la claire fontaine.

 

*Le staff a les larmes aux yeux devant tant de beauté.*

    *Le staff reste encore sous le charme.*

*Le staff se fait menacer par le directeur armé d’une ceinture, le staff se remet donc à écrire.*

 

Agressé de toutes parts et complètement insensible à la musique pour la simple et bonne raison qu’il était allongé dans la merde (il en avait même une coincée dans le nez (il mettra quelques semaines à s’en délivrer)), Gouniafié se relève et tenta de partir (ce qui vaudra au docteur Pontidiscaffol une place de chirurgien renommé et un article dans le journal local pour ce miracle), mais il fut vite arrêté par le magicien qui décidé de le garder sous surveillance. Notre cher Gouniafié dut donc le regarder manger des cailloux en plein air 12 heures durant avant de pouvoir rentrer chez lui.

Il passa la journée suivante assis à la table de sa cuisine, la tête entre les mains, dans une atmosphère en noir et blanc, à boire un verre de jus de pomme (vu que c’est en noir et blanc on peut confondre avec du whisky baleks on a pas le budget) qui s’auto-remplissait dès qu’il l’avait terminé, ce grâce au fait qu’il versait un peu de liquide de la bouteille vers son vers par la magie de la gravité, et à se lamenter sur son sort.

Il avait échoué.

Pour changer.

 

*le staff remarque que ça pourrait être le début d’une chanson*

*le staff envisage de sortir un album pour gagner de la thune et étendre sa popularité*

*le directeur armé d’une ceinture remet le staff à sa place*

*le staff commence à lire Marx en scrèd*

 

Il réfléchit donc à un autre plan. Il DEVAIT détruire le Syndicat Des Ascenseurs D’Immeubles Radicaux . Il en allait de la survie de l’humanité, la vraie, celle qui prenait les escaliers sans craintes, le dos droit et les talonnettes claquantes.

Gouniafié avait un lourd passé concernant les ascenseurs, qui expliquait sa haine profonde envers eux. Un peu du même genre que Freud et les fougères. Ça lui arrivait de l’évoquer en face d’eux d’ailleurs, à coups de “Vous savez très bien pourquoi je fais ça” “Je vous avais dit que vous me le paierez”. Paroles creuses, vu qu’il parlait à des machines. Les voisins de ses anciennes résidences avaient signé une pétition pour qu’il parte, le prenant pour un cinglé. Sa haine pour les ascenseurs n’a depuis fait que croître. cmb. Non monsieur le directeur me tapez pas.

 

*the staff is reading a revolutionnary book intensivly*

 

ACÉTILTOUTÉTANT que notre pauvre Gouniafié se trouvait bloqué, non seulement par les événement mais aussi par son manque d’intelligence. Alors il se dit qu’il était temps de consulter le Gardien. Car cela ne pouvait plus durer. A une époque, il aurait préféré mourir plutôt que de réquisitionner l’aide d’un allié, ou même d’un être fréquentant de près ou de loin ces vermines (donc une bonne grosse partie de la population mondiale) , mais s’il devait parvenir à ces extrémités, il le ferait. Pour l’humanité. Pour ses élèves inexistants. Pour… le respect, tout aussi présent que ses élèves.

Il se représenta donc devant l’immeuble, passa à côté du magicien sans baisser les yeux vers lui, hautain, et entra dans le hall. Il baissa les yeux devant les vikings à l’entrée de l’Ascenseur (faut pas déconner ils font peur les gars (120 kilos de muscles et de poils quand même)) et se dirigea vers la loge du gardien. Ce dernier était occupé à son activité préférée : déblatérer des trucs plus ou moins profonds et concrets en se resservant du café entre deux inspirations :

_ …mais la question qui reste de manière transcendantale, quel que soit l’angle sous lequel on pose le problème, c’est la cristallisation de savoir relatif et absolu dans le cadre de la réalisation quantique d’une tarte aux pommes. Car en effet, si la pomme pousse du pommier, le pommier pousse à partir de ses pépins, on est donc ici en face du problème de la poule ou de l’oeuf, qui me pousse à la réflexion : je me ferais bien une omelette là maintenant, cela pose un problème que nous pourrions tenter de résoudre en trois parties : thèse, antithèse et malàl’aise, sous le signe de la problématique suivante: si l’on considère qu’une pomme est infinie de par le rapprochement avec l’œuf, peut-on donc dire que la tarte aux pommes correspond à l’univers dans sa globalité cosmique ? Et quelles répercussions cet état de fait pourrait-il avoir sur les fonctionnements psychologiques, psychopathologiques et névrotiques qui caractérisent la dualité humaine? On en revient donc à cette réponse: si la tarte aux pommes est l’univers, admettons car c’est la solution la plus plausible pour l’instant, si l’on retire l’hypothèse qui explicite que nous sommes tous nous mêmes des morceaux de tarte aux pommes,  mais quel est donc l’ingrédient du respect ? Car il semble que ce problème soit le coeur qui permet de répondre à tout le reste….

_ … Mais oui c’est clair !

_Mais qu’est-ce qui est clair, qu’est-ce que le clair ? est-ce l’opposé du sombre, ou bien une notion en elle-même, indépendante de toute influence, et qui êtes vous ? Mais qu’est-ce que l’identité ?….

Gouniafié était bouche bée. Le Gardien, non, l’Oracle, était en train d’atteindre un point probablement jamais effleuré par les plus grands, ou même par les Vrais, ces gens dont il avait tant entendu parler. Il se tut pour le laisser s’exprimer, craignant qu’une intervention supplémentaire de sa part ne perde cette merveilleuse réflexion.

_ … car nous pouvons en effet considérer que dans la paradigme précédemment évoque, vous soyez un morceau de tarte aux pommes plus ou moins agressif, avec pour seul but de s’emboîter à d’autres parts de la tarte pour reformer le cercle originel. Et que ce cercle serait donc la réponse à la grande question, que tout humain censé s’est déjà posé au moins une fois dans sa vie: mais où est donc parti le respect?

 

    *les cerveaux de différents membres du staff et du narrateur commençant à fumer, nous ne pouvons vous retransmettre la suite du fameux monologue, qui révolutionna la philosophie quantique de la théorie de la tarte aux pommes*

 

Lorsqu’il sortit de cette pièce sombre qui sentait le tabac et le café froid, Gouniafié était persuadé d’une chose: pour réussir à faire tomber le Syndicat Des Ascenseurs D’Immeubles Radicaux, il devait se mettre à la recherche du respect. Il devait se tenir à cette quête quoi qu’il arrive.

Il rentra chez lui, pris un manteau, un sac à dos Pokémon™, une barre chocolatée et se mit en route vers de grandes aventures, compagnons, il est parti vers l’horizon.

Pendant ce temps, dans l’immeuble, le bruit de perceuse insupportable repris. Les deux voisins lambdas qui existent seulement pour refléter les réactions de tous les gens de l’immeuble échangèrent un regard las et s’en furent se retrancher dans leurs appartements respectifs. C’est qu’au quarante deuxième étage vivait Ned. Ned avait travaillé pendant des années dans divers chantiers de construction, tels que l’arche de Noé ou le Donut Géant de Melun. Aujourd’hui à la retraite, il avait décidé de mettre à profit son talent pour lui-même et de refaire enfin son appartement: mais il y avait un problème : son but n’était pas de finir les travaux mais bel et bien de les faire. Ainsi, lui qui possédait le plus bel et grand appartement de l’Immeuble, celui qu’Ascendieu avait façonné une demie journée entière (rien que ça), il l’avait transformé en chantier. Peu à peu il avait acheté un certain nombre d’outils, qu’il classait par ordre de décibels dégagées. Car son plus grand plaisir, après la sensation de la vibration des machines entre ses mains, était d’entendre le bruit assourdissant qu’elles émettaient, et de le faire partager à ceux qu’il aimait le plus: ses voisins. Car en effet, Ned était un homme d’amour et de compassion, comme le disait son amant, notre bien connu Alfred, qui se délectait de cette symphonie de parpaings et d’amour. Les voisins ne s’y étaient jamais habitués, bien que Ned soit là depuis toujours, mais ils n’avaient pas la délicatesse d’Alfred. Certains avaient bien réussi à mettre ce tintamarre à profit pour leurs propres activités quotidiennes, mais certains, comme le docteur Pontidiscaffol, étaient devenus les rivaux jurés du cher Ned, et s’appliquaient à rivaliser de sonorité avec lui, notamment grâce à des flûtes et des scies à os électriques pour notre cher docteur. Ce qui n’arrangeait en rien la situation de l’Immeuble, en fait.

En dehors d’Alfred qui entretenait sa relation avec Ned par le biais de ces ébats, la seule personne qui semblait réellement apprécier ces bruits était G ZU, et effet, sous l’effet des psychotropes, ils lui donnaient l’inspiration pour la poésie de ses messages.

Il (ou elle, le staff se refuse de déterminer le sexe d’un personnage aussi 42esque que G ZU) était d’ailleurs en train d’écrire un de ses messages. Grâce à un magnifique travelling de caméra de toute beauté par dessus son épaule, voiiiiilà, vous pourrez voir cher lecteur, ce magnifique cliffhanger amené si subtilement.

 

ON A ANCAUR FÉ DISSPARETR LE PAIRSO PRAINCIPÂLE VOU ZAITE BÉSAIS MDR

 

*Le staff était en train de fomenter une grève bien méritée après ces 3 heures de travail, le chapitre va se conclure ici.*

*Vive nos transitions. On les a mit dans le même dossier de recherche que les qualifications du docteur Pontidiscaffol, le respect et les élèves de Gouniafié.*

 

FIN

Ascendieu- LIVRE I- Chapitre 3

CHAPITE 3 : De la beauté d’être un fantôme et de la difficulté évidente de ne pas en être un, en quatre parties, thèse antithèse synthèse prothèse, par Monsieur Frédéric Gouniafié, professeur plus ou moins renommé à l’institut qui a plus ou moins un nom.

 

Frédéric Gouniafié sortit de sa salle de cours sûr de lui : cette fois-ci ses élèves avaient enfin compris son cours. Non pas que ses enseignements soient ennuyeux : ils avaient toujours été d’excellente qualité, et intéressaient beaucoup de monde (du moins d’après lui). Il se retourna pour saluer ses élèves sans vraiment regarder avant de partir.

*Le narrateur se permet de préciser que la salle était vide.*

Il venait de recevoir une lettre, arrivée depuis le Bureau Des Trucs Étranges Et Mystérieux Que Le Gouvernement Veut Voir Disparaître, bureau très officiel où il avait ses entrées depuis qu’il avait réussi à y amener du café buvable, brisant ainsi une malédiction qui durant depuis plus de trois siècles et qui sévit malheureusement encore et toujours dans bien des établissements publics.

Il se dirigea donc au 42 Rue Street et entra dans un immeuble ? Je crois ? *regarde le script*

“L’immeuble” donc possédait un nombre d’étage hallucinant, presque un record du monde, donc au nombre de 1,5, et d’un luxe qui faisait pleurer, principalement à cause du goût des habitants pour les tissus en léopard rose bonbon, et pour les rideaux en pelures d’oignon. Il salua le gardien au passage, qui n’existait pas, et prit l’ascenseur, qu’ici le Dieu Suprême avait divisé en quartiers pour s’adapter à l’architecture des lieux. Oui, en bref, c’était un monte-charge. Un très joli monte-charge cela dit. Avec des autocollants et tout. Et même l’autographe de Chuck Norris, avec qui il avait eu une liaison torride dans sa jeunesse. En effet, un jour, dans la jungle tropicale,

Ouais mais on doit continuer l’histoire donc non allez bon donc le monte-charge oui *regarde ses notes* le conduisit au septième demi de l’étage, et tomba en panne, parce que voilà.

Cette panne demande toute fois une petite explication: en effet, Frédéric Gouniafié écrivait une thèse, le travail de toute une vie. Cette thèse portait sur la dangerosité des ascenseurs et comment ils veulent prendre le contrôle et dominer l’espèce humaine, avec les preuves de leurs forfait et un schéma de leur plan pour dominer le monde. Thèse qui, évidemment, n’avait pas plu au Syndicat Des Ascenseurs D’immeubles Radicaux qui en avait informé l’Ascendieu. Celui-ci avait pris le parti de ne pas prendre de mesures, mais la plupart des ascenseurs gardaient un grief assez prononcé contre ce gouniafié de Gouniafié. Et ce grief se manifestait très régulièrement. A chaque fois qu’il s’approchait de l’un d’eux, en fait. Chaque fermeture au nez, chaque déréglage d’ascenseur, quand il n’est pas provoqué par le réparateur, (NESSEPA) est fait parce qu’un Frédéric Gouniafié traîne aux environs. Vous pouvez lui envoyer des lettres de réclamation, évidemment.

Le monte-charge dans lequel il était a souhaité garder l’anonymat. Nous l’appelleront ainsi Bernard. C’était le dernier descendant d’un grande et riche famille d’Ascenseurs aristocrates, il mettait donc un point d’orgue à garder son honneur et à protester contre la présence de l’infâme. Ainsi, quand l’occasion s’est présentée de faire valoir son patronyme, il n’a pas hésité. Il est un modèle pour les ascenseurs, monte-charge, nacelles, et autres appareils menant aux autres étages. Il recevra d’ailleurs le Bouton d’Honneur des mains mêmes de l’Ascendieu dans peu de temps, et nous lui enjoignons nos félicitations.

Cela étant, après être resté coincé avec notre ami Bernard, qui ne pouvant plus supporter sa présence avait fini par céder au bout de deux bonnes heures de lutte, il débarqua dans le bureau du maître du bureau, c’est dire à quel point ces bureaucrates aiment les bureaux, bureauception en quelque sorte, et déposa devant lui un papier, avec un air fier et vainqueur, avant de s’incliner dans une courbette cérémonieuse (il était comme ça, Frédéric, toujours à en faire des caisses (et à en lâcher à l’occasion (mais cela ne nous regarde pas))). Le directeur leva les yeux d’un air fatigué. Il était à présent 23h et c’était la troisième visite de Gouniafié de la journée. Par ailleurs, il avait des ascenseurs dans sa famille et supportait mal l’ascenscophobie de cet homme. Malheureusement il était difficile de faire face à une telle médiocrité. Il prit donc le papier d’un air résigné, et le lut. Il y avait marqué:

 

bjr c un mésage ainphiltré de G zu, gesa V pa coman aparètre den se chapitr autremen. bisoo.

      -G zu.

 

 

Tandis que le directeur levait un regard dubitatif sur Gouniafié, celui-ci ce lança dans un discours avec tout l’éloquence dont il était capable, c’est à dire aussi clairement qu’une petite vieille sans dentier:

– J’ai fait des recherches ! L’adresse d’où vient cette lettre n’existe pas, et pourtant l’immeuble est bien présent, je l’ai vu sur gogole map. Et il y a eut des morts. Tous retrouvés dans… L’ESCALIER. C’est un complot de l’Ascenseur. J’en suis certain, il y a des choses qui se trament, des choses peu nettes et pas très catholiques. Je sens que chaque brique, chaque poulie, chaque miroir, chaque bout de plastique, chaque porte, chaque sachet de thé Amparon™, chaque tarte qui sent bon tout juste sortie du four par le gardien de l’immeuble délicieusement enrobée de caramel fondant, EST MÔÔÔDIT !!! VOUS M’ENTENDEZ, MAUDIT !

A ces mots, il se redressa, frappa le bureau, le rata, se prit les pieds dans le tapis, trébucha et se releva tout de suite après avec la vivacité d’un personnage de cartoon, mais sans sa dignité. Le directeur haussa un sourcil, avant de laisser échapper un grognement de douleur et frotter le sourcil en question. Frédéric avait toujours mis son arcade sourcilière à l’épreuve.

– OUI je vous entends, je penses même que l’intégralité de l’étage de cet immeuble vous a entendu.

En effet tout les fonctionnaires s’étaient retourné et observaient la scène avec attention, certains avaient même sorti leurs smartphones et filmaient la scène espérant pouvoir la vendre aux Russes, car qui sait ce qui intéresse les Russes.

– Je ne peux pas vous donner d’allocation, repris t il, et le budget qui vous sera alloué est de 100 euros…

On entendit un grincement au niveau du monte-charge.

– 10 euros, donc. Je ne vous dis pas bonne chance, il paraît que ça porte malheur aux comédiens. Remettez le tapis en sortant s’il vous plaît.

Frédéric prit son argent, partit avec une démarche de canard très… voilà… et s’apprêta à monter sur le monte-charge, il vit alors qu’il s’était entretemps fabriqué un système de paiement qui exigeait 10 euros pour chaque descente ou montée. Il pleura longtemps. Puis il se rappela l’horreur de cette engeance, et décida de prendre l’escalier, beaucoup plus sûr. Il avait en effet toujours avec lui un petit escabeau de sac qui l’empêchait d’être frappé par la malédiction des escaliers. Mais il se rappela qu’il n’y avait pas d’escalier, alors il se résolut à SAUTER PAR LA FENÊTRE (EH OUAIS MA COUILLE (ON EST DES GENS VIOLENTS NOUS)).

Le narrateur précise que la dite couille n’a jamais répondu à cette altercation de plus en plus profonde, insoutenable et injustifiée de violence, déclarant qu’il fallait parler à son avocat ou à son agent, et qu’elle engagerait des poursuites judiciaires contre X.

 

Après un atterrissage très maîtrisé, parce qu’il se trouve qu’un gars passait par là pour aller prendre du pain (nos condoléances à la famille), Frédéric s’en alla affronter le mal avec sa petite redingote et ses dix euros. Il était métal, Frédéric.

Il arriva donc devant l’immense et majestueux immeuble de l’Ascendieu en ce 16 janvier ma foi fort grêleux (ouais le temps passe vite dans cette histoire). Sans se dégonfler face à l’aura qui entourait ce HLM hors du commun, il en poussa les portes et se dirigea d’un pas assuré et couinant en direction de Ses portes. Étrangement, nulle réaction ne vint de la part de l’Ascendieu. Frédéric inspira, et eut un sourire satisfait, se sentant pousser un orgueil triomphant face à ce qu’il prenait pour une victoire sur Lui. C’est dire s’il était con le mec.

Il poussa donc le bouton étrangement rouge, et attendit. Quelque chose clochait. La musique… Elle était insupportable.

– Cool n’est-ce pas?

Il sursauta. A côté de lui se tenait un hippie qui fumait quelque chose de probablement fortement illégal, en souriant d’un air satisfait, presque béat. Il augmenta le volume.

 

Aime moi hé hé

Pourquoi tu m’aime paaaaas? Hohhoooo haaa muuuhhhh

M’aimer c’est bien aahahahah

Je regarde mon téléphohohoooone et tu ne m’appèle paaaaaaahhhAAAAAHHHHHH

je trouve ça triste

alors je pleure des larrrrrrmes

et c’est triiiisteuuuuuh…

 

Ne pouvant plus supporter ces paroles d’une profondeur aussi abyssale que son propre cerveau, il se mit à hurler, bourrina tous les boutons, pour enfin sortir en trombe de l’Ascenceur, qui était finalement redescendu sans lui demander son avis.

Le hippie fit un check à l’Ascendieu, puis réappuya sur le bouton. Les portes se refermèrent enfin sur cette musique terrible que même le démon a banni de ses appartements de la région ouest des enfers, près de la mer des suppliciés, avec vue sur le Grand Barbecue.

Frédéric sortit en trombe de l’immeuble, paniqué, et fini par entrer dans quelqu’un (sans sous entendus évidemment). En tombant, cette personne fit un bruit de… cailloux. En baissant les yeux, notre cher professeur thèseux constata qu’en effet quelques graviers s’étaient échappés des poches de la personne au cours de sa chute. Sans prêter attention à lui, le gars aux cailloux ramassa son lot et jeta un regard qui traversa les murs jusqu’à la porte d’Ascendieu. Elle était close. Ce constat le fit se mordre les lèvres.

– Mince, je l’ai loupé… Vous pourriez faire attention, mince !

Puis Marcoius le détailla (le caillouteux s’appelait en effet Marco, et rajoutait -ius à cause de sa profession), et constata qu’il ne le connaissait pas.

– Ooooooh, un spectateur !

Car pour tout bon intermittent du spectacle, un gars random croisé dans la rue était un spectateur.

 

*Le narrateur vous prie d’excuser cette insulte, Marcoius état en effet un véritable mage, et renommé par dessus le marché. Enfin, d’une renommée qui allait de l’immeuble à la cuisine de sa très chère mère. Mais il en était très fier, ainsi éviterons-nous de piquer son ego. On a besoin de lui pour le scénario. Et puis sa maman n’était pas une personne qui avait l’admiration facile, après tout. Elle ne l’avait jusque là accordée qu’à Michèle Drucner et l’Ascendieu, évidemment.*

 

Les capacités de Marcoius étaient tout à fait admirables, du moins de son point de vue. Il était capable de mettre un grand nombre d’objets dans ses manches pour ses tours de magie. Si ses tours étaient tous lamentables, on pouvait néanmoins saluer le gabarit de ses vêtements. C’est ce que ses professeurs de magie mettaient comme appréciation sur ses bulletins scolaires.

Mais il avait maintenant un nouveau but, comme il l’indiquait effectivement à notre pauvre Gouniafié, qui restait de marbre, la bouche grande ouverte, tel un homme lambda devant un buffet. Son but, sa quête, son objectif, que dis-je son Graal, était à ce moment-là d’improviser un spectacle pour Frédéric. Il l’avait cherché, aussi, en lui demandant son son identité. Il y a des choses à ne pas faire avec les mages, c’est de connaissance commune:

– Je suis Marcius Lardanum Archnamargandirium, Archimage des Secteurs Éthérés, Maîtres des Potions de soûlerie, Grand Inventeur de l’eau iofilisée, et surtout alchimiste de mon métier. Je suis présentement en plein travail sur ma nouvelle découverte (il lui montra une sacoche pleine de cailloux.) La Pierre Phi-Lo-So-Phale. (on sentait les majuscules dans sa voix.)

– Oui oui mais…

– Surtout, ne vous méprenez pas, ce n’est pas un secteur facile, que la recherche de pierres magiques. En effet, voilà bien dix ans que je la cherche, et je n’ai toujours pas trouvé une piste !

– Mais.. où la cherchez vous exactement?

Le mage fit une grand geste du bras et désigna l’esplanade, où on avait visiblement retourné une grande partie du sol de graviers. Gouniafié resta un instant sans comprendre, ce qui instaura un silence gênant où aucun des deux protagonistes ne bougea, tout deux contemplant d’un air passionné les graviers, tandis que des passant effectuaient leur métier, c’est-à-dire de passer tout en jugeant à grands coups de regards furtifs tout ce qui les entourait. On entendit un corbeau croasser, le pauvre animal étant interrompu dans son repas par la gêne ambiante, littéralement palpable.

– Ah eh bien très bien. C’est rès bien ttout cela. Très très… bien. Je suis moi-même dans une quête, dit-il en reprenant son éloquence habituelle, aussi maîtrisée qu’une acrobatie sur le point de faire valoir un Darwin award amplement mérité. Voyez-vous, je dirais même que je suis absorbé dans une lutte exceptionnelle contre toute une génération !

– Et donc, repris le mage qui ne l’avait pas écouté une seule seconde, je viens de trouver une technique révolutionnaire pour chercher la Pierre : le tamis. Seulement voilà, je n’en ai pas, alors je dois faire avec les moyens du bord. Je mets les cailloux dans ma bouche et je recrache tout, d’abord que les plus petits, puis les plus gros, qui sont beaucoup plus susceptibles d’être la Pierre…

Devant eux, un chien urina sur les graviers. Un nouveau silence gêné s’installa.

– Certes certes…

– Voilà…

– C’est à dire que…

–Oui tout à fait…

– N’est-ce pas.

– Umhuh.

– mmmh.

-Bien bien bien.

– Bon je vous laisse je, j’ai piscine.

Et sur ces paroles profondes, les deux hommes se séparèrent sans un regard.

Le narrateur tient à vous préciser, si ça peut vous rassurer, que Marcoius n’était pas si loin du but, qu’il n’atteindrait jamais par ailleurs, étant donné que la pierre était sa molaire du fond depuis le premier jour de ses recherches, à gauche. L’intégralité de ses dents étaient en effet devenues des cailloux depuis qu’il avait entrepris sa quête, étant donné que les aliments qu’il consommait s’étaient eux-mêmes réduits en divers types de gravats, qui feraient la plus grande joie d’un géologue..

Pendant ce temps, Alfred faisait des trucs de dandy dark et séduisant. C’est -à-dire lire sensuellement des romans du dix neuvième siècle tout en buvant du thé de manière mystérieuse.

 

Pendant ce temps, dans l’Ascendieu, on pouvait entendre les derniers succès français.

Pendant ce temps, le bouton du dernier étage continuait de rougir.

Pendant ce temps, le gardien des caméras continuait à s’interroger sur le tableau de commandes, qui contenait 42 boutons en fonction, et dont l’un des écrans ne cessait d’afficher “et c’est pour cela qu’il faut détruire Carthage”. Le gardien supposait qu’il s’agissait d’une private joke entre le tableau de commandes et l’Ascendieu. C’était extrêmement frustrant d’être confronté aux private jokes. Il se mit à s’interroger sur les private jokes, puis sur le sens de ce qui est privé, sur la légitimité de la propriété privée et des restrictions en général, surtout en ce qui concerne la mémoire et les blagues, parce que ce n’est quand même pas gentil de priver ses petits camarades de blagues après tout, puis il se demanda à quoi servent les petits camarades et questionna la justification du terme “petits” devant “petits camarades”, et ça dura des plombes.

Pendant ce temps, le temps passait.

Pendant ce temps, G ZU fumait un pétard au dernier étage, tout  en écrivant sur des petits bouts de papiers et en les lançant plus ou moins aléatoirement sur les différents habitants de l’immeuble, tel un ninja.

Pendant ce temps, moi-même, narrateur, me demandait si ma femme avait fait des boulettes de viande ce soir, et si le nouveau stagiaire n’avait pas le plus beau postérieur que j’aie jamais vu de ma vie.

FIN

Ascendieu -LIVRE I- chapitre 2

Ascendieu, chapitre II

 

 

 Que la panne soit, et la panne fut. (canards et chapeaux mexicains) comment cuisiner son monde ajoutez du beurre mettez au four et quoi non je suis pas en train de faire ma recette de cuisine dans le titre mais ME VIREZ PAS J’AI PAS FINI et ajoutEEZ DU SEL PENDANT QUE ÇA CUIT SALUT À PLUS POUR ma RECETTE DE CUPCAKES

 

Lorsque les portes de L’Ascenseur s’ouvrirent, il eut l’impression d’entendre des chants d’église, pendant un instant, mais il se rendit vite compte qu’il s’était trompé, et que la petite musique ridicule commune à toutes les machines se jouait bien tranquillement.

Il fit un pas en avant, et pénétra  dans l’Ascendieu (en toute amitié, bien sûr).

Le voyage se passa sans anicroche, sinon qu’il avait encore une fois l’impression que la caméra fixait le tableau de commande, ce qui faisait rougir ce dernier. Il secoua la tête pour effacer cette idée absurde de son esprit. Il voulut appuyer sur le bouton menant à l’étage supérieur, mais ledit bouton semblait si rouge qu’il n’osa pas le toucher. Alors, il décida de monter à l’étage au dessus, il prendrait les escaliers pour redescendre. Dans un silence étrange pour un Ascenseur de cet âge, la Machine se mit en marche.

Il ressortit les bras ballants. L’immeuble était plutôt haut, ses cheveux, courts, avaient eu le temps de sécher durant la montée. Il chercha des yeux le panneau des escaliers, mais avant que son regard ait pu s’acheminer jusqu’à la porte, il s’arrêta devant la silhouette frêle et voûtée d’un homme. Il était… ma foi à la fleur de l’âge (HUM !) enfin disons qu’il conservait très bien les traces d’une beauté passée. Ses yeux, aussi argentés que sa chevelure, scintillaient dans le clair-obscur ambiant. Il était habillé d’un costume trois pièces élégant, quoiqu’un peu passé, et tenait à la main une canne sculptée avec un raffinement et une délicatesse introuvables de nos jours.

Il croisa le regard d’Hector, lui sourit. Hector, sans en avoir conscience, eut un sourire parfaitement niais et un regard langoureux qui aurait fait perdre connaissance à un collet monté émotif. Par la même occasion, il en profita pour devenir aussi rouge que le bouton d’Ascenceur qu’il avait refusé de toucher.

-Diantre, bonjour à vous. Ma foi, sans vouloir paraître trivial, vous possédez un charme inouï !, furent les premiers mots qu’Hector entendit au sein de l’immeuble d’Ascendieu.

-Bonjour, fut celui qu’il prononça.

-Quel est le nom que l’on donne à votre si agréable personne ?

-Hector.

-Hector…, soupira Alfred (car oui le monsieur s’appelait Alfred). Hector… Oh Hector…

-Et vous, comment vous vous appelez ? Et vous êtes qui en fait? Vous habitez là? Vous avez entendu ce bruit?

-Je me prénomme Alfred, pour vous servir monsieur Hector. Je suis absolument ravi de faire votre connaissance.

-Moi aussi. Franchement, t’es joli.

-Seigneur !

 

L’Ascenseur émit un léger bruit auquel il ne prêta pas attention, tout à sa fougue enflammée.

-Quel parler charmant ! Quelle rencontre enchanteresse ai-je fait aujourd’hui ! Quelle perfection !

-Bah merci c’est gentil.

-Où résidez-vous, si ce n’est pas indélicat de ma part ?

-Bah je viens d’emménager, répondit Hector. Deux étages en dessous, l’appartement 22, en face de l’Ascenceur. Et vous… toi ?

-Oh, pour ma part, juste ici. Mais cessons de parler de moi, voulez vous ? Chaque seconde que je passe sans parler de vous me déchire !

-Ah ouais. T’es comme ça toi.

-Votre propos est si charmant… Cela ne vous dérange pas, j’espère ?

-Non mais je veux pas que tu te déchires hein alors ça me dérange pas.

-Et gentil, avec ça ! Altruiste, oh altruiste ! Je l’ai su au premier regard…

-Ouais je sais on me le dit parfois, dit Hector avec une satisfaction qu’il essayait de dissimuler. Je vais peut être y aller….

-Y aller ? Rentrer dans ce sanctuaire ??? Jamais je n’oserais me permettre une telle diffamation ! Me séparer de vous ainsi, alors que ma journée viens juste de s’illuminer par votre présence !

-Je dois…

-Je n’en doute pas… oh certes non… mais enfin, me feriez vous le plaisir de vouloir entrer ?

Hector rougit comme une jouvencelle en fleur, et acquiesça. Si vous voulez tenter de comprendre ses sentiments à cet instant précis, imaginez-vous être une fangirl devant votre idole. Mais une fangirl bien élevée, non atteinte d’hystérie boutonneuse, avec une soixantaine de kilos et un vingtaine d’années de plus. Et de la testostérone. Ouui en fait ça n’a rien à voir avec une fangirl, mais comprenez mon idée je vous en prie. Déjà que ma femme m’a quitté hier, n’en rajoutez pas. Bande de monstres. ON ÉTAIT MARIÉS DEPUIS CINQ ANS. CINQ ANS C’EST DU TEMPS DANS UNE VIE non désolé patron me virez pas

 

*TOU DOU DOUUUU*

Le staff vous informe que le narrateur a été viré, il est donc remplacé par un narrateur à peu près identique, parce que.

Il entra donc dans l’appartement. C’était un endroit vaste, entièrement meublé par divers je peux pas dire meuble ça fait répétition comprenez moooooi ! Arrrrghhhh….

 

*TOU DOU DOUUUUUU*

Le staff vous informe que dû à la dépression du nouveau narrateur, l’ancien est remis en place. Vous ne verrez bien sûr aucune différence, ce qui justifie évidemment notre intervention. mouahahah on aime parler pour ne rien dire (on voulait faire de la politique vous comprenez)

 

Il entra donc dans l’appartement. C’était un endroit vaste, meublé par moult antiquités qui avaient su conserver leur splendeur d’antan (tout comme l’habitant des lieux. Pardon). Hector admirait les tableaux, faisant mine en bon citoyen lambda de s’intéresser à la profondeur de leur signification inexistante pour impressionner son hôte/idole déjà subjugué. Il était absolument émerveillé et ne savait pas comment il avait pu conclure aussi rapidement avec un mec aussi génial. Il n’était pas aussi entreprenant d’habitude, même après avoir bu. Non pas qu’il boive beaucoup. Sauf du thé. Mais ça compte pas le thé, le principe c’est d’être taré avant de l’avoir bu, pas après. Il lissa du talon le tapis légèrement plié, soudain intimidé.

Le dandy le fixait, avec un demi sourire au visage. Hector lui donnait l’impression d’un de ces enfants honteux d’avoir été surpris à courir après un papillon. Il s’assit avec grâce dans l’un des fauteuils de bois sculpté et indiqua d’un simple geste celui qui lui faisait face à son invité. Hector s’assit sans attendre, comme s’il n’avait été qu’une marionnette aux doigts de son hôte (ceci dit sans humour graveleux, évidemment (pour qui nous prenez-vous (nous sommes des gens civilisés))).

-Souhaitez vous du thé, Hector?

-Volontiers monsieur…

-Appelez-moi Alfred, mon ami, pas de pédanterie entre nous. Alors comme ça vous êtes nouveau par ici ?

-Oui… enfin, je viens juste de m’installer.

-Et quel bon vent a pu vous mener jusqu’à cet immeuble, très cher ?

-Pas un vent, disons plutôt un inspecteur des impôts. Et un banquier. Et une ex-femme.

-Seigneur, il est vrai que ce genre de parasites pullulent en cette période, murmure Alfred en secouant la tête d’un air navré.

Il se leva et partit d’un pas léger vers la cuisine toute équipée en bois de noyer (achetée chez un antiquaire tellement hors de prix que l’on devait payer pour avoir le droit de toucher la porte pour entrer), et commença à préparer un thé. Dès qu’il ouvrit le paquet, une odeur de fleur juste éclose se répandit dans tout l’appartement, enivrant le jeune homme qui n’en demandait pas tant.

-Ainsi, dit Alfred en revenant, vous êtes un genre de… comment dit-on… rescapé ? Réfugié ? Cela ne me revient pas… Oh, un survivant, en somme.

Le jeune homme était parti dans un autre monde et sursauta en entendant la voix d’Alfred à quelques centimètres seulement de lui.

-Oh heu, je n’en dirait pas tant…

-Ne soyez pas si modeste. Je suis sûr que vous avez dû affronter d’effroyables épreuves avant d’arriver ici.

Il avait prononcé ces mots presque en murmurant, avec une voix aussi suave que l’odeur qui flottait autour de lui. Il s’assit de manière féline, juste à côté d’Hector, cette fois-ci.

Ce dernier sentit son coeur s’emballer comme un solo de batterie d’un jeune prépubère certain de pécho la fille du premier rang, celle qui le regarde sans vraiment d’intérêt, maquillée comme un camion volé à 12 ans, vous voyez l’idée. Ou comme le rythme des tirs d’un sulfateuse bien huilée. J’aime les sulfateuses. Bref. Il ne savait ni que dire ni que faire, il restait simplement immobile, ce qui semblait parfaitement convenir à son hôte. Et surtout, il se concentrait, croisait les jambes et cherchait dans sa tête toutes les excuses possibles pour ne pas se lever, et éviter ainsi un moment gênant. Alfred se leva de nouveau pour aller chercher les tasses prêtes, ainsi que son assortiment de gâteaux, qu’il gardait toujours en cas d’invités impromptus. Et il y en avait très régulièrement, souvent de son fait, car la plus grande passion d’Albert, après l’opulence, était d’inviter les voisins qu’il croisait dans le couloir à prendre le thé, quelle que soit l’heure. Mais il devait avouer que ce voisin là lui faisait un effet étrange. Il lui semblait se voir lui même, en plus jeune, encore perdu et dégingandé, cherchant une place et buvant du thé dans son bain. Et il ne savait pas à quel point il avait raison

Mouahahaha. Pardon.

Hector profita de ce moment de répit pour se calmer un peu, et il vit revenir son hôte chargé des gâteaux et du thé avec un plaisir non dissimulé. Il se leva finalement et lui tourna le dos, feignant observer la rue par la fenêtre de la pièce, pour cacher sa gêne.

-Quelque chose ne va pas ?, s’inquiéta Alfred derrière lui.

Bernique… et si son invité n’aimait pas les gâteaux ???

*cliffhanger*

La suite au prochain épisode…

*Non en fait flemme allez on continue sinon on va encore nous dire que c’est trop court et on aura pas notre salaire, genre on est payés.*

Hector paniqua, il sentait à la voix d’Alfred que ce dernier était inquiet, il devait vite le rassurer. Il fit volte-face et, dans sa précipitation, trébucha sur un des innombrables plis du tapis.

Alfred s’élança tel un garde du corps zélé se sacrifiant au ralenti pour un président sur une musique dramatique. Sauf que lui aussi trébucha sur un pli. Y avait beaucoup de plis sur le tapis. Il passait pas souvent l’aspirateur le Bebert.

La scène qui suivit devrait pouvoir contenter sur des générations les fans de yaoi et autres shippeurs professionnels (vous êtes des tarés sur internet hein des fois même moi j’ai honte de ce que je lis (c’est dire (oui je le lis quand même (cessez de me juger (c’est quand même sacrément bien écrit foutrebleu))))).

Ils se regardèrent un instant, Alfred étant malencontreusement tombé (de manière très digne) sur le jeune Hector, qui avait le souffle coupé, moins à cause de la chose que pour éviter à son corps des réactions inappropriées, même si leur position en elle-même était vachement inappropriée en soi. Leurs visages n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, et il pouvait voir les paillettes d’or dans les yeux acier du dandy. Après un moment d’hésitation (de mise), ce dernier rapprocha lentement son visage de celui de son compagnon. Hector cilla, décontenancé, quand Alfred posa ses lèvres sur les siennes.

WOUHOOOOOU *explosion de champagne chez les stagiaires*

VOS GUEULES ON FAIT UN TRUC ROMANTIQUE MERDE.

     Pardon.

     PTAIN les jeunes j’vous jure *le rédacteur reprend donc l’histoire, un cigare entre les dents et un air bougon sur sa figure jaunie par le tabac*

Leur baiser dura un certain temps. Leur thé était encore tiède quand ils se séparèrent.

Un grondement fit soudain trembler jusqu’aux murs de l’appartement. Alfred se releva brusquement. Il connaissait bien l’immeuble, même si les voies de l’Ascenceur sont impénétrables (c’est bien les seules), il savait reconnaître lorsque ce dernier se mettait en colère. Il remit sa cravate d’un mouvement brusque et très chic et interrogea Hector du regard, qui non seulement ne savait rien mais en plus n’était pas plus en mesure de parler qu’auparavant.

Il partit dans la salle de bain se mettre un coup d’eau sur la figure, lorsqu’un morceau de papier arriva de la fenêtre fermée et le frappa à l’épaule. Il l’ouvrit et le lit.

 

C ton fiss wsh arete tes conerrie bro c pas b1

_G zu

 

 

Alfred chancela de surprise.

Il vit dans le miroir qu’on homme le regardait fixement. Il le reconnut immédiatement, alors il se précipita dans le salon, et avoua tout à Hector, d’une seule traite, sans le regarder dans les yeux, sans expliquer ce soudain revirement ni même d’où il tenait cette information.

-Hector… je suis ton père.

-NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON

Comme tout les héros qui se respectent, Hector était évidemment orphelin. Le choc lui fit perdre un bras (oui juste le choc qui êtes vous pour le juger), et il s’enfuit, ouvrit la porte et sortit de l’appartement. Il se précipita sur l’Ascenceur et appuya frénétiquement sur le bouton. Mais il ne vint pas.

-Il est en panne aujourd’hui, fils.

*Musique de jumpscare pourri*

Hector sursauta et se retourna brusquement. Un homme qu’une cinquantaine d’année se tenait devant lui. Il avait le visage banal et portait un bouc étonnamment fourni. Il le reconnut sans même que l’on le lui ait présenté auparavant: le réparateur.

Il ignorait que c’était le même homme que son père avait vu dans le miroir.

Sans même prendre le temps de lui répondre, il s’esquiva et partit en dévalant les escaliers. Et il mourut.

Le lendemain, un petit post it était posé sur la plaque à l’entrée des escaliers. Dessus, quelqu’un avait noté d’une écriture fine et élégante :

Je suis Hector

Quelques fleurs avaient été posées sur le seuil de la porte. Les deux grooms, qui avaient retiré leurs tenues de vikings, pleuraient à chaudes larmes devant cette étrange tombe, et faisaient des doigts à chaque personne qui voulait monter par l’ascenceur avec eux. Ascendieu avait cette semaine là décidé de prendre son week-end. Oui c’est dieu, il prend des week-ends de semaines entières si il veut, oh nan mais dis donc.

 

Dans une petite pièce plongée dans le noir, un homme observait des écrans qui retransmettaient les images des caméras de surveillances. Ses yeux bleus s’agitaient frénétiquement. L’une des caméras fixait toujours obstinément le panneau de commande, et particulièrement le bouton rouge.

-Mais qu’est-ce que c’est l’histoire ?, marmonna-t-il dans sa barbe (littéralement (il portait réellement la barbe (ça lui donnait du sex appeal selon les voisins))). Mais qu’est-ce que l’histoire, mais pourquoi nous le demandons nous? Est-ce une nécessité ? Est-ce que l’histoire nous guide, ou sommes-nous les traceurs de l’histoire ?

Personne n’était là pour lui répondre alors il monologua longtemps en s’interrompant de temps à autres pour s’hydrater avec un bon vieux café (car cet homme était définitivement un partisan du breuvage sombre et dégoûtant, bien qu’il se demanda souvent le sens de café et son rapport métaphysique avec le sens de la vie et le secret du bonheur chez les classes défavorisés d’une société mondialisée en quête de consommation exponentielle).

Il soupira, regarda avec attention un homme inconnu se gaméler dans les escaliers, et se resservit une tasse de café et quelques interrogations supplémentaires.

Ascendieu -LIVRE I- chapitre 1

ASCENDIEU, CHAPITRE I

Hector, Ô Hector

Au début, il n’y avait rien. Puis, Il se créa de lui même, par sa propre force et sa propre volonté. Il était le maître de l’univers, Il était le Dieu unique, omniscient, Omnipotent, celui qui monte et qui descend.

L’Ascenseur.

Un Ascenseur pour les gouverner tous, et dans les ténèbres les lier. Nan, on plaisante, en vrai il a eu la flemme.

Au Premier jour, il sépara le haut du bas selon sa volonté, puis inventa les boutons, et les câbles électriques.
Au second jour, il créa la musique d’ascenseur, parce qu’il s’ennuyait.
Le troisième jour, il créa les néons moches qui cassent une fois sur deux.
Le quatrième jour, il créa les miroirs sales pour combler le narcissisme de ses sujets.
Le cinquième jour, il créa l’escalier.
Le sixième il mit des trucs autour de lui-même.
Le septième, enfin, jour béni entre tous, il inventa la panne. Et tomba en panne. Parce que faut pas déconner, Il avait bien bossé le Luron. Et puis c’était dimanche. Ensuite, il partit se boire un café. On dit qu’il ne se présenta même pas dans certains immeubles. Par Sainte flemmardise. Certains racontent qu’il créa la grève, le syndicalisme et le professorat du même coup, mais ces légendes restent encore aujourd’hui invérifiables.

Bref. Tout était là, chaque élément présent pour instaurer le monde selon Sa volonté.

Il s’installa à tout hasard dans un de ces immeubles parisiens qui reçoivent des cliques de gens lambdas. Voici son histoire.

(Générique de New-york police judiciaire)
Le 27 octobre 2015, un jeune homme du nom de…
L’équipe s’excuse pour cet oubli. Stagiaire ? STAGIAIRE ! oui vous là-bas avec la robe moche ! Oui voilà, le nom du gus. Hélène? mais c’est un homme dedieu, vous ne voyez pas qu’il a une… barbe ? Ha, Hector ? oui voilà.
Donc, du nom d’Hector. Halala ces stagiaires payés à rien faire, c’est honteux. TU ES AU COURANT QUE C’EST NOS IMPÔTS?

Pardon. Donc :
Un jeune homme du nom d’Hector arriva donc en ce 27 octobre dans l’immeuble qui allait changer sa vie (et sa mort techniquement (oui on vous spoil (qui êtes-vous pour nous juger (on est comme ça nous (d’ailleurs que faites vous chez moi (REMETTEZ CETTE BD À SA PLACE DE SUITE OU J’APPELLE LA POLICE)))))).

Mais pour le moment il était pas mort vu qu’il entrait dans l’immeuble. Il allait s’installer dans au second étage, troisième porte à gauche, en face du mec qui avait un renard (ah, le mec qui avait un renard… toute une histoire celui-là), mais si vous savez la porte marron (on dit qu’elle à été blanche un jour, mais ce sont encore une fois des légendes invérifiables). On ne sait pas vraiment d’où vient Hector (à vrai dire on s’en bat les courgettes) mais on sait en tout cas que ça devait pas avoir marché fort pour qu’il se retrouve là. Et que ça n’allait pas aller mieux, vu qu’il était là.

Car l’immeuble, qui accueillait en son sein Ascendieu himself, n’était pas vraiment lambda, contrairement à ses habitants.

Et encore.

Ça me rappelle cette histoire que la soeur de la belle-mère de mon cousin au troisième degré -celui qui a une jambe de bois- m’avait raconté. Un jour, qu’elle sortait au marché, un samedi après-midi je crois…
QUOI ARRÊTER DE RACONTER MA VIE JE RACONTE MA VIE SI JE VEUX ha oui pardon monsieur me virez pas s’il vous plaît.
Oui donc non l’immeuble n’était pas lambda. Y avait qu’à voir les lambris, ils étaient en frêne. En FRÊNE. Nan mais franchement. Il se gêne pas, l’Ascendieu. En même temps, Il est Dieu, donc bon. Bref. Voilà. Hein.
Hector tomba bien. Le jour où il se rendit dans l’Ascendieu pour la première fois, c’était un mardi. Le mardi était l’un des seuls jours normaux de l’immeuble. Enfin si on peut appeler ça normal : deux hommes, le visage à moitié recouvert par des casques à corne d’un style viking, avec d’ailleurs une fort jolie fourrure très tendance cet hiver sur le bord, et habillés en grooms, l’attendaient devant l’ascenseur. Le premier prit ses affaires, le second lui indiqua l’ascenseur. Il entra, donc, et ne marqua aucune surprise devant ses deux hôtes. L’état de choc, sans doute.

Il appuya sur le bouton 2. Attendit. Se regarda dans la glace. S’éclata un bouton blanc qu’il avait sur le menton. Fit un sourire de beau gosse à son reflet.

Un petit bruit métallique le fit sursauter. Il observa tout autour de lui, puis leva finalement la tête. Il y avait une caméra, comme dans la plupart des immeubles, mais celle-ci était étrangement pointée sur le… tableau de commande ? dont l’un des boutons vira étrangement au rouge. Il assumait pas trop d’avoir éclaté un chtar sous l’oeil d’une caméra alors il évita de demander à ses voisins par la suite de quoi il en retournait.

Lorsque les portes se rouvrirent, il se sentit soulagé d’être sorti jusqu’à tomber nez à nez avec le groom qui avait ses valises. Il les lui tendit. Hector le remercia, et le groom se rendit dans l’Ascendieu. Hector songea qu’il n’aimait pas vraiment prendre l’ascenseur. Les grooms étaient stylés, mais la caméra pointée sur le tableau de commandes l’avait mis très mal à l’aise. Et visiblement, le tableau de commande aussi était mal à l’aise. Il envisagea pour son prochain voyage dans le curieux immeuble de prendre l’escalier. FATALE ERREUR MOUAHAHAHAHA (la co-auteure s’excuse pour ce rire diabolique sorti du fond des âges).

Il s’installa pépère dans son nouvel appartement, colla ses affiches, mit son tapis en peau d’ours, une chaîne random sur la télé et un morceau bien dégueulasse dans ses oreilles et se fit couler un bain. Il se prépara aussi un petit thé (parce que QU’EST-CE QU’UN BON HÉROS MODERNE SANS SON THÉ NESSEPAS MA BONNE GERALDINE ? (je tiens à préciser que Géraldine acquiesce avec émotion). Il était posey quoi.

Alors qu’il pensait à la belle vie qu’il allait mener, sirotant noblement son thé tel un bonhomme dans son bain brûlant tout à fait random (tandis que ses orteils tournaient les pages de son journal), un vrombissement vraisemblablement sorti tout droit des enfers les plus obscurs et les plus terribles, là où même le grand Chtulhu n’ose pas aller, (d’une violence inouïe pour ceux qui n’auraient pas compris) vint le troller dans cette recherche d’espoir, faisant trembler sol, plafond, tasse, et secouant le thé d’une manière tout à fait honteuse et stéréotypée. Il se redressa et chercha l’origine du bruit. Tâche ardue : ça résonnait. Difficile de déterminer d’où ça venait. Il dut sortir du bain, se sécher, s’habiller, et sortir en se contraignant à ne pas tremper l’intégralité de son appartement, quoique certains murs dégoulinaient naturellement de choses et d’autres, dont aucune personne censée et saine d’esprit n’aurait voulu connaître la provenance. Il faudrait qu’il envoie une lettre au gérant de l’immeuble, un de ces jours. Pour peu qu’il y en ait un.

Il sortit donc de l’appartement, ses cheveux humides lui chatouillant la nuque et les épaules. Le bruit continuait, mais Hector parvenait mieux à déterminer d’où il provenait. L’étage du dessus.

L’étage était pourtant, des dires du type louche qui lui avait vendu l’appartement, inhabité.

Pour y monter, il dû évidemment prendre l’ascenseur.

Ce qu’il n’avait pas, mais alors pas du tout, envie de faire.

Ses pas le conduisirent, de ce fait et très naturellement, vers la porte de l’escalier. Alors que sa main s’avançait vers la poignée, il entendit un “NOOOOOON !”. Mais attention, pas n’importe quel “NOOOOOON !”. Pas un de ces “NOOOOOON !” dramatiques qu’on entend dans les films, alors qu’un personnage meure, ou fake sa mort, ou révèle son lien familial avec le protagoniste . Ce “NOOOOOON !”-là venait d’une petite voix chevrotante de vieille dame. Ça venait du tout dernier étage. Hector leva un sourcil interrogateur, puis reçut un caillou entouré d’un morceau de papier froissé sur la tête. Mais étrangement, ce caillou semblait auréolé d’une lumière, alors qu’il n’y avait aucune fenêtre dans ce couloir. Ni aucun lieu duquel on aurait pu lancer le projectile. Son premier réflexe fut de détacher le papier du caillou pour lire ce qu’il y avait marqué :
Wsh si tu prent lé eskalié té mor bro

G zu

Ce mot, d’une poésie et d’une syntaxe parfaites et exquises, l’interpella. Il revint sur sa décision et, choisissant à la place d’écouter les conseils d’un bout de papier random sur un caillou random, L’appela pour la seconde fois de son existence. Il vint à lui.

Loup-garoup -AMMA

« Tu es sûre que tu n’as pas besoin d’aide ?

Oui. Je n’emporte que quelques affaires, vous savez, le reste est déjà là-bas. »

 

Eldoras, le vieux maire du village voisin, est adossé à un arbre. Il a ôté son chapeau melon de ses longs cheveux couleur miel et le triture machinalement, en jetant des coups d’oeil à la jeune femme qui nourrit ses bêtes.

 

« Pour quand est ton départ définitif, Amma ?, s’enquiert-il

Après-demain.

À l’aube, comme d’habitude ?

Comme d’habitude, oui. »

 

Un ange passe.

 

« Tu n’es pas obligée de venir, murmure Eldoras, songeur. »

 

Il jette un regard en coin à la petite : elle semble penaude. Il réalise sa maladresse :

 

Je veux dire… Enfin, ça me ferait plaisir que tu viennes, se reprend-il, bourru. Tu vois,  je sais que ce n’est pas rose pour toi, l’hiver à Vyndra, et…

Je sais, dit-elle. (Elle sourit mais ne lève pas les yeux vers lui.) C’est gentil de vous inquiéter pour moi, mais je ne peux pas rester tout l’hiver dans les bois.

Je pourrais t’apporter à manger. Je peux ramener tous tes meubles d’ici demain. Je viendrais te voir tout le temps pour vérifier que tu ne manques de rien et je pourrais même rafistoler ta maison, pour qu’elle ressemble à l’autre. »

 

Elle se détourne pour cacher son sourire à Eldoras. Une maison, avait-il dit. C’est un bien grand mot pour une chose si misérable. Cet amas de bois et de terre, agrémenté de quelques briques et assemblée par son père, du vivant de ce dernier, ne mériterait même pas le nom de cabane.

 

Sa dinde la plus grasse picore les miettes de pain rassis dans la paume de sa main. Elle la caresse, pensive.

 

D’accord, sa… “cabane” n’est pas terrible. On y a souvent froid, même en été, et elle est plus sale que l’autre demeure qu’elle a. Mais sur ce sol dur et froid, comme s’il était de pierre, au milieu de ce petit espace de vie étroit et inconfortable, elle a toujours trouvé plus de chaleur que dans l’autre…

 

L’autre maison. Dans le village.

 

Elle n’aime pas cette maison. Et, même si Eldoras lui est sympathique, elle n’aime pas son village. Son père et sa mère s’en sont et l’en ont toujours éloigné. Ils lui ont raconté, ses parents, comment son grand-père avait été tué par les villageois, parce qu’il y avait les loups. Les loups qui avaient créé le chaos à Vyndra, et tout le monde qui était devenu fou. Dans ce genre de période, les humains tuent à tort et à travers, paniquent, agressent, ou sont sur une défensive suspecte et vaine. Sauf les loups. Les loups ont la bonne idée de rester calmes et méthodiques.

 

C’était un autre temps, d’accord, et les choses ne sont plus ce qu’elles étaient.. Et surtout, surtout il n’y a plus de loups.

 

Elle n’était pas là, quand les loups étaient venus. Pas encore née. Elle n’en avait jamais vu, mais ses parents lui avaient tout raconté quand elle avait six ans, et ça avait suffi. Puis elle avait grandi, elle était restée dans son cabanon qu’ils lui avaient bâti pour l’écarter du village, et eux étaient partis pour l’autre maison dans le village. Elle avait alors quinze ans. Deux mois plus tard, elle avait reçu quelqu’un chez elle, pour la première fois. L’homme corbeau, avec un papier dans la main. Sur le papier, les noms de ses deux parents. Et une petite croix, ajoutée à la main à l’encre noire. Les mots, à côté, presque affectueux. Dans ces moments douloureux que vous traversez, nous tenions à vous exprimer nos sincères condoléances. C’était joli, au moins.

 

Oh, elle avait pleuré. Maudit le village.

 

Ses yeux s’étaient ensuite réveillés. Le Don. Elle avait maudit ses yeux, le Don, tout. Sa mère l’avait eu. Sa mère était morte. Sa mère avait été une idiote, si extravertie, si arrogante !

 

Son père avait au moins eu la gentillesse de naître cynique et solitaire. Sa mère, c’était autre chose. Mais au final, ils étaient morts tous les deux. Le discret et l’imbécile.

 

Et ce Don, oh, ce Don !! Elle ne l’utiliserait pas. Jamais. Promis. Elle ne s’attacherait pas comme sa mère. Elle ne s’attirerait pas d’inutiles foudres comme son père. Elle essaierait, du moins.

 

Après la mort de ses parents, elle était restée chez elle. Dans la cabane qui ne mérite pas le nom de cabane. Comme maintenant, jusqu’en hiver. L’hiver, elle ne peut pas rester dans la forêt, elle a besoin des commerces du village pour se sustenter. Elle aimerait bien, tiens, que la faune et la flore restent stables tout au cours de l’année.

 

Mais ça va. Elle ne reste que le temps nécessaire. Ensuite elle part. Elle ne s’attache à personne. Elle ne sait pas s’attacher. Elle part vite, sans parler, sans prévenir, sans sourire, sans élever la voix. Puis elle revient dans le village, et les cartes se redistribuent.

 

Chaque hiver est pareil au précédent. De nouveaux visages apparaissent, mais les choses restent les mêmes, les sentiments aussi. Au fond rien ne se passe. Il n’y a plus de loups. Et tout va bien.

 

« Je pourrais t’apporter à manger, reprend brusquement Eldoras. »

 

Elle émerge, acquiesce vaguement. Le maire poursuit sur sa lancée :

 

« Tu n’auras même pas besoin de sortir de chez toi. Je t’aiderais à nourrir ta volaille, et tu n’auras rien à faire. Tu sais, j’en ai du temps à tuer en hiver. En général le village se vide un peu, des gens retournent dans des lieux plus chauds, et les autres savent se débrouiller. Je pourrais…

Assez, assez monsieur Eldoras, sourit-elle. Vous êtes trop bon. Ne vous en faites pas pour moi, ça ira très bien. »

 

Elle lève la tête avec la ferme intention de le fixer dans les yeux pour appuyer son propos, mais quand elle croise le regard du maire, une migraine familière lui scie le crâne.

 

Des grognements sourds, des bruits de course, des halètements. Un hurlement, une chute, un corps dans la neige. Des bruits de déchirure, un cri plus faible (résigné), des taches noirâtres sur l’étendue blanche. Le silence.

 

_DHIATZS