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Ascendieu- LIVRE I- Chapitre 4

ASCENDIEU, CHAPITRE IV : Respect et tartes aux pommes

 

Frédéric rentra chez lui quelque peu décontenancé de sa rencontre avec… un peu tout le monde en fait. Il s’assit sur son canapé, mangea une cigarette puis fuma un boeuf bourguignon, tout en buvant une substance qui était licite, ce pour la simple et bonne raison que personne n’avait jamais eu à l’idée qu’on puisse boire une telle mixture hormis pour se suicider. Mais il semblerait que cet être navrant ne pourrait jamais aller en enfer auquel il appartenait. Satan s’interdisait d’accueillir un tel fiasco.

C’est alors que dans un rayon lumineux suivi d’un coeur de jeunes femmes et de colombes qui s’écrasèrent sur les vitres de ses fenêtres, il eut une illumination.

Il y avait un docteur, au premier étage de l’Immeuble.

Et le seul moyen de l’atteindre était de prendre l’ascenseur.

Il lui suffisait donc de se blesser au rez-de-chaussée.

Pour ceux d’entre vous qui commenceraient déjà à voir la faille du plan de Mr Gouniafié (même si à ce point c’est plus un trou noir qu’une faille), nous vous prierons de laisser les professionnels faire leur travail en bons français, c’est-à-dire faire la grève, s’indigner sur à peu près tout sauf sur leur hygiène et ne pas prévenir le personnage principal d’un tel fiasco. Y avait des merguez à la manif, merde quoi enfin. Leur sauce était fabuleuse.

Le lendemain, après une nuit aussi mouvementée que sa vie, qu’il passa  à fomenter ses plans en ricanant et se frottant les mains tel un acolyte de super méchant (mais si vous savez celui qui meurt au bout de dix minutes de film parce qu’il est retourné dans la tour rechercher l’argent, le con. Du coup à cause de lui le méchant doit se démerder tout seul (bon en l’occurrence y a pas de vrai méchant pour rattraper ses nullités et il meurt pas donc bon hein oh hé ih)), Gouniafié décida de mettre son plan, qui n’avait pas évolué d’un parsec, en action.

Il se rendit donc devant l’immeuble, et alla voir son nouvel ami, le magicien Marcoius. Il s’avança vers lui avec le visage le moins dégoûté possible étant donné que le magicien fouillait dans ses propres excréments, qui contenaient un taux incroyable de cailloux, à la recherche de son trésor perdu qu’il ne retrouvera jamais.

Gouniafié resta quelques secondes immobile, à contempler ce désastre, c’est dire vu que le jugement venait de Gouniafié, puis il prit une lente inspiration, remit sa cravate correctement, eut un regard droit et déterminé digne des plus grands shonens et fit un pas.

Ce pas était le cœur de son plan machiavélique.

Les corbeaux, qui s’étaient déjà tus devant le malaise de la veille, fermèrent encore leurs becs et contemplèrent, impressionnés par tant de gêne ambiante, ce petit homme trébucher et s’étaler sur les gravats retournés. Quoi que “trébucher et s’étaler”, c’est faire un bien grand euphémisme à ses talents d’acteurs, étant donné qu’un enfant de cinq ans faisant le mort après s’être pris un balle en caoutchouc aurait été plus crédible.

Les corbeaux décidèrent de ragequit, prévoyant le drame que cette performance absolument honteuse ferait inéluctablement advenir. Ils firent donc de magnifiques fliptables dignes des plus grandes compétitions avant de s’envoler avec un croassement indigné. Ou désespéré, allez savoir. Je ne parle pas le corbeau, moi. On me fait signe que c’est du racisme de corbeau que tout cela, mais bon ils nous volent notre travail, c’est….

Oui, bon bon. On me fait des doigts d’honneur et des signes vers la porte, je m’en vais donc raconter la suite de l’histoire.

Marcoius, tout à sa recherche, mit vingt bonnes minutes à remarquer le corps flasque et étendu de Frédéric, et encore, seulement parce que ce dernier s’était étalé sur ses cailloux préférés,Georgina et Luciferaptor.

La position était rudement inconfortable pour Frédéric, et ce principalement dû au fait que ce n’était plus de la terre sous les cailloux depuis des années, mais bel et bien les excréments du magicien. De toute façon il est nul en plus c’est un connard donc c’est bien fait pour lui na, de toute manière il écoute même pas 1D je suis sûre le boloss mdr.

 

*tou dou doooooou*

Le staff vous informe que l’adolescente qui s’est introduit dans notre bureau pendant qu’on faisait des doigts au narrateur a été éliminée efficacement et froidement, le tout sur un petit air de Jimmy Hendrix pour lui apprendre ce qu’est la musique 5 secondes avnt sa mort. L’histoire peut continuer.

*tou dou dooooooou*

 

Marcoius tenta de pousser Frédéric pour au moins récupérer Georgina, il avait galéré à la faire celle-là, mais voyant que ses bras maigres ne suffiraient pas à déplacer cette montagne de graisse, il alla crier rustine chez le docteur sa voisine… Ah bah merde ça marche pas. Il alla crier “Voisin !” au docteur son cher cousin. On invente des liens de parenté quand on veut dans notre histoire nous tu veux quoi toi. un jour on sortira un arbre généalogique votre cerveaul va fondre, même Game Of Thrones est plus moral et compréhensible que ce truc en scrèd.

Le docteur Pontidiscaffol sortit donc. C’était un homme extrêmement compétent (il n’avait redoublé sa première année que 12 fois et tué à peine trois quart de ses patients (une enquête est toujours en cours mais les commissaires en viennent vite à la conclusion qu’on homme si bête ne pouvait faire de mal à personne)), mais particulièrement quand il s’agissait de jouer de la flûte à corbeaux, domaine dans lequel il avait accumulé un certain nombre de doctorat. Il s’assit à côté de son patient, sortit une flûte et se mit à jouer un magnifique air de à la claire fontaine.

 

*Le staff a les larmes aux yeux devant tant de beauté.*

    *Le staff reste encore sous le charme.*

*Le staff se fait menacer par le directeur armé d’une ceinture, le staff se remet donc à écrire.*

 

Agressé de toutes parts et complètement insensible à la musique pour la simple et bonne raison qu’il était allongé dans la merde (il en avait même une coincée dans le nez (il mettra quelques semaines à s’en délivrer)), Gouniafié se relève et tenta de partir (ce qui vaudra au docteur Pontidiscaffol une place de chirurgien renommé et un article dans le journal local pour ce miracle), mais il fut vite arrêté par le magicien qui décidé de le garder sous surveillance. Notre cher Gouniafié dut donc le regarder manger des cailloux en plein air 12 heures durant avant de pouvoir rentrer chez lui.

Il passa la journée suivante assis à la table de sa cuisine, la tête entre les mains, dans une atmosphère en noir et blanc, à boire un verre de jus de pomme (vu que c’est en noir et blanc on peut confondre avec du whisky baleks on a pas le budget) qui s’auto-remplissait dès qu’il l’avait terminé, ce grâce au fait qu’il versait un peu de liquide de la bouteille vers son vers par la magie de la gravité, et à se lamenter sur son sort.

Il avait échoué.

Pour changer.

 

*le staff remarque que ça pourrait être le début d’une chanson*

*le staff envisage de sortir un album pour gagner de la thune et étendre sa popularité*

*le directeur armé d’une ceinture remet le staff à sa place*

*le staff commence à lire Marx en scrèd*

 

Il réfléchit donc à un autre plan. Il DEVAIT détruire le Syndicat Des Ascenseurs D’Immeubles Radicaux . Il en allait de la survie de l’humanité, la vraie, celle qui prenait les escaliers sans craintes, le dos droit et les talonnettes claquantes.

Gouniafié avait un lourd passé concernant les ascenseurs, qui expliquait sa haine profonde envers eux. Un peu du même genre que Freud et les fougères. Ça lui arrivait de l’évoquer en face d’eux d’ailleurs, à coups de “Vous savez très bien pourquoi je fais ça” “Je vous avais dit que vous me le paierez”. Paroles creuses, vu qu’il parlait à des machines. Les voisins de ses anciennes résidences avaient signé une pétition pour qu’il parte, le prenant pour un cinglé. Sa haine pour les ascenseurs n’a depuis fait que croître. cmb. Non monsieur le directeur me tapez pas.

 

*the staff is reading a revolutionnary book intensivly*

 

ACÉTILTOUTÉTANT que notre pauvre Gouniafié se trouvait bloqué, non seulement par les événement mais aussi par son manque d’intelligence. Alors il se dit qu’il était temps de consulter le Gardien. Car cela ne pouvait plus durer. A une époque, il aurait préféré mourir plutôt que de réquisitionner l’aide d’un allié, ou même d’un être fréquentant de près ou de loin ces vermines (donc une bonne grosse partie de la population mondiale) , mais s’il devait parvenir à ces extrémités, il le ferait. Pour l’humanité. Pour ses élèves inexistants. Pour… le respect, tout aussi présent que ses élèves.

Il se représenta donc devant l’immeuble, passa à côté du magicien sans baisser les yeux vers lui, hautain, et entra dans le hall. Il baissa les yeux devant les vikings à l’entrée de l’Ascenseur (faut pas déconner ils font peur les gars (120 kilos de muscles et de poils quand même)) et se dirigea vers la loge du gardien. Ce dernier était occupé à son activité préférée : déblatérer des trucs plus ou moins profonds et concrets en se resservant du café entre deux inspirations :

_ …mais la question qui reste de manière transcendantale, quel que soit l’angle sous lequel on pose le problème, c’est la cristallisation de savoir relatif et absolu dans le cadre de la réalisation quantique d’une tarte aux pommes. Car en effet, si la pomme pousse du pommier, le pommier pousse à partir de ses pépins, on est donc ici en face du problème de la poule ou de l’oeuf, qui me pousse à la réflexion : je me ferais bien une omelette là maintenant, cela pose un problème que nous pourrions tenter de résoudre en trois parties : thèse, antithèse et malàl’aise, sous le signe de la problématique suivante: si l’on considère qu’une pomme est infinie de par le rapprochement avec l’œuf, peut-on donc dire que la tarte aux pommes correspond à l’univers dans sa globalité cosmique ? Et quelles répercussions cet état de fait pourrait-il avoir sur les fonctionnements psychologiques, psychopathologiques et névrotiques qui caractérisent la dualité humaine? On en revient donc à cette réponse: si la tarte aux pommes est l’univers, admettons car c’est la solution la plus plausible pour l’instant, si l’on retire l’hypothèse qui explicite que nous sommes tous nous mêmes des morceaux de tarte aux pommes,  mais quel est donc l’ingrédient du respect ? Car il semble que ce problème soit le coeur qui permet de répondre à tout le reste….

_ … Mais oui c’est clair !

_Mais qu’est-ce qui est clair, qu’est-ce que le clair ? est-ce l’opposé du sombre, ou bien une notion en elle-même, indépendante de toute influence, et qui êtes vous ? Mais qu’est-ce que l’identité ?….

Gouniafié était bouche bée. Le Gardien, non, l’Oracle, était en train d’atteindre un point probablement jamais effleuré par les plus grands, ou même par les Vrais, ces gens dont il avait tant entendu parler. Il se tut pour le laisser s’exprimer, craignant qu’une intervention supplémentaire de sa part ne perde cette merveilleuse réflexion.

_ … car nous pouvons en effet considérer que dans la paradigme précédemment évoque, vous soyez un morceau de tarte aux pommes plus ou moins agressif, avec pour seul but de s’emboîter à d’autres parts de la tarte pour reformer le cercle originel. Et que ce cercle serait donc la réponse à la grande question, que tout humain censé s’est déjà posé au moins une fois dans sa vie: mais où est donc parti le respect?

 

    *les cerveaux de différents membres du staff et du narrateur commençant à fumer, nous ne pouvons vous retransmettre la suite du fameux monologue, qui révolutionna la philosophie quantique de la théorie de la tarte aux pommes*

 

Lorsqu’il sortit de cette pièce sombre qui sentait le tabac et le café froid, Gouniafié était persuadé d’une chose: pour réussir à faire tomber le Syndicat Des Ascenseurs D’Immeubles Radicaux, il devait se mettre à la recherche du respect. Il devait se tenir à cette quête quoi qu’il arrive.

Il rentra chez lui, pris un manteau, un sac à dos Pokémon™, une barre chocolatée et se mit en route vers de grandes aventures, compagnons, il est parti vers l’horizon.

Pendant ce temps, dans l’immeuble, le bruit de perceuse insupportable repris. Les deux voisins lambdas qui existent seulement pour refléter les réactions de tous les gens de l’immeuble échangèrent un regard las et s’en furent se retrancher dans leurs appartements respectifs. C’est qu’au quarante deuxième étage vivait Ned. Ned avait travaillé pendant des années dans divers chantiers de construction, tels que l’arche de Noé ou le Donut Géant de Melun. Aujourd’hui à la retraite, il avait décidé de mettre à profit son talent pour lui-même et de refaire enfin son appartement: mais il y avait un problème : son but n’était pas de finir les travaux mais bel et bien de les faire. Ainsi, lui qui possédait le plus bel et grand appartement de l’Immeuble, celui qu’Ascendieu avait façonné une demie journée entière (rien que ça), il l’avait transformé en chantier. Peu à peu il avait acheté un certain nombre d’outils, qu’il classait par ordre de décibels dégagées. Car son plus grand plaisir, après la sensation de la vibration des machines entre ses mains, était d’entendre le bruit assourdissant qu’elles émettaient, et de le faire partager à ceux qu’il aimait le plus: ses voisins. Car en effet, Ned était un homme d’amour et de compassion, comme le disait son amant, notre bien connu Alfred, qui se délectait de cette symphonie de parpaings et d’amour. Les voisins ne s’y étaient jamais habitués, bien que Ned soit là depuis toujours, mais ils n’avaient pas la délicatesse d’Alfred. Certains avaient bien réussi à mettre ce tintamarre à profit pour leurs propres activités quotidiennes, mais certains, comme le docteur Pontidiscaffol, étaient devenus les rivaux jurés du cher Ned, et s’appliquaient à rivaliser de sonorité avec lui, notamment grâce à des flûtes et des scies à os électriques pour notre cher docteur. Ce qui n’arrangeait en rien la situation de l’Immeuble, en fait.

En dehors d’Alfred qui entretenait sa relation avec Ned par le biais de ces ébats, la seule personne qui semblait réellement apprécier ces bruits était G ZU, et effet, sous l’effet des psychotropes, ils lui donnaient l’inspiration pour la poésie de ses messages.

Il (ou elle, le staff se refuse de déterminer le sexe d’un personnage aussi 42esque que G ZU) était d’ailleurs en train d’écrire un de ses messages. Grâce à un magnifique travelling de caméra de toute beauté par dessus son épaule, voiiiiilà, vous pourrez voir cher lecteur, ce magnifique cliffhanger amené si subtilement.

 

ON A ANCAUR FÉ DISSPARETR LE PAIRSO PRAINCIPÂLE VOU ZAITE BÉSAIS MDR

 

*Le staff était en train de fomenter une grève bien méritée après ces 3 heures de travail, le chapitre va se conclure ici.*

*Vive nos transitions. On les a mit dans le même dossier de recherche que les qualifications du docteur Pontidiscaffol, le respect et les élèves de Gouniafié.*

 

FIN

Ascendieu- LIVRE I- Chapitre 3

CHAPITE 3 : De la beauté d’être un fantôme et de la difficulté évidente de ne pas en être un, en quatre parties, thèse antithèse synthèse prothèse, par Monsieur Frédéric Gouniafié, professeur plus ou moins renommé à l’institut qui a plus ou moins un nom.

 

Frédéric Gouniafié sortit de sa salle de cours sûr de lui : cette fois-ci ses élèves avaient enfin compris son cours. Non pas que ses enseignements soient ennuyeux : ils avaient toujours été d’excellente qualité, et intéressaient beaucoup de monde (du moins d’après lui). Il se retourna pour saluer ses élèves sans vraiment regarder avant de partir.

*Le narrateur se permet de préciser que la salle était vide.*

Il venait de recevoir une lettre, arrivée depuis le Bureau Des Trucs Étranges Et Mystérieux Que Le Gouvernement Veut Voir Disparaître, bureau très officiel où il avait ses entrées depuis qu’il avait réussi à y amener du café buvable, brisant ainsi une malédiction qui durant depuis plus de trois siècles et qui sévit malheureusement encore et toujours dans bien des établissements publics.

Il se dirigea donc au 42 Rue Street et entra dans un immeuble ? Je crois ? *regarde le script*

“L’immeuble” donc possédait un nombre d’étage hallucinant, presque un record du monde, donc au nombre de 1,5, et d’un luxe qui faisait pleurer, principalement à cause du goût des habitants pour les tissus en léopard rose bonbon, et pour les rideaux en pelures d’oignon. Il salua le gardien au passage, qui n’existait pas, et prit l’ascenseur, qu’ici le Dieu Suprême avait divisé en quartiers pour s’adapter à l’architecture des lieux. Oui, en bref, c’était un monte-charge. Un très joli monte-charge cela dit. Avec des autocollants et tout. Et même l’autographe de Chuck Norris, avec qui il avait eu une liaison torride dans sa jeunesse. En effet, un jour, dans la jungle tropicale,

Ouais mais on doit continuer l’histoire donc non allez bon donc le monte-charge oui *regarde ses notes* le conduisit au septième demi de l’étage, et tomba en panne, parce que voilà.

Cette panne demande toute fois une petite explication: en effet, Frédéric Gouniafié écrivait une thèse, le travail de toute une vie. Cette thèse portait sur la dangerosité des ascenseurs et comment ils veulent prendre le contrôle et dominer l’espèce humaine, avec les preuves de leurs forfait et un schéma de leur plan pour dominer le monde. Thèse qui, évidemment, n’avait pas plu au Syndicat Des Ascenseurs D’immeubles Radicaux qui en avait informé l’Ascendieu. Celui-ci avait pris le parti de ne pas prendre de mesures, mais la plupart des ascenseurs gardaient un grief assez prononcé contre ce gouniafié de Gouniafié. Et ce grief se manifestait très régulièrement. A chaque fois qu’il s’approchait de l’un d’eux, en fait. Chaque fermeture au nez, chaque déréglage d’ascenseur, quand il n’est pas provoqué par le réparateur, (NESSEPA) est fait parce qu’un Frédéric Gouniafié traîne aux environs. Vous pouvez lui envoyer des lettres de réclamation, évidemment.

Le monte-charge dans lequel il était a souhaité garder l’anonymat. Nous l’appelleront ainsi Bernard. C’était le dernier descendant d’un grande et riche famille d’Ascenseurs aristocrates, il mettait donc un point d’orgue à garder son honneur et à protester contre la présence de l’infâme. Ainsi, quand l’occasion s’est présentée de faire valoir son patronyme, il n’a pas hésité. Il est un modèle pour les ascenseurs, monte-charge, nacelles, et autres appareils menant aux autres étages. Il recevra d’ailleurs le Bouton d’Honneur des mains mêmes de l’Ascendieu dans peu de temps, et nous lui enjoignons nos félicitations.

Cela étant, après être resté coincé avec notre ami Bernard, qui ne pouvant plus supporter sa présence avait fini par céder au bout de deux bonnes heures de lutte, il débarqua dans le bureau du maître du bureau, c’est dire à quel point ces bureaucrates aiment les bureaux, bureauception en quelque sorte, et déposa devant lui un papier, avec un air fier et vainqueur, avant de s’incliner dans une courbette cérémonieuse (il était comme ça, Frédéric, toujours à en faire des caisses (et à en lâcher à l’occasion (mais cela ne nous regarde pas))). Le directeur leva les yeux d’un air fatigué. Il était à présent 23h et c’était la troisième visite de Gouniafié de la journée. Par ailleurs, il avait des ascenseurs dans sa famille et supportait mal l’ascenscophobie de cet homme. Malheureusement il était difficile de faire face à une telle médiocrité. Il prit donc le papier d’un air résigné, et le lut. Il y avait marqué:

 

bjr c un mésage ainphiltré de G zu, gesa V pa coman aparètre den se chapitr autremen. bisoo.

      -G zu.

 

 

Tandis que le directeur levait un regard dubitatif sur Gouniafié, celui-ci ce lança dans un discours avec tout l’éloquence dont il était capable, c’est à dire aussi clairement qu’une petite vieille sans dentier:

– J’ai fait des recherches ! L’adresse d’où vient cette lettre n’existe pas, et pourtant l’immeuble est bien présent, je l’ai vu sur gogole map. Et il y a eut des morts. Tous retrouvés dans… L’ESCALIER. C’est un complot de l’Ascenseur. J’en suis certain, il y a des choses qui se trament, des choses peu nettes et pas très catholiques. Je sens que chaque brique, chaque poulie, chaque miroir, chaque bout de plastique, chaque porte, chaque sachet de thé Amparon™, chaque tarte qui sent bon tout juste sortie du four par le gardien de l’immeuble délicieusement enrobée de caramel fondant, EST MÔÔÔDIT !!! VOUS M’ENTENDEZ, MAUDIT !

A ces mots, il se redressa, frappa le bureau, le rata, se prit les pieds dans le tapis, trébucha et se releva tout de suite après avec la vivacité d’un personnage de cartoon, mais sans sa dignité. Le directeur haussa un sourcil, avant de laisser échapper un grognement de douleur et frotter le sourcil en question. Frédéric avait toujours mis son arcade sourcilière à l’épreuve.

– OUI je vous entends, je penses même que l’intégralité de l’étage de cet immeuble vous a entendu.

En effet tout les fonctionnaires s’étaient retourné et observaient la scène avec attention, certains avaient même sorti leurs smartphones et filmaient la scène espérant pouvoir la vendre aux Russes, car qui sait ce qui intéresse les Russes.

– Je ne peux pas vous donner d’allocation, repris t il, et le budget qui vous sera alloué est de 100 euros…

On entendit un grincement au niveau du monte-charge.

– 10 euros, donc. Je ne vous dis pas bonne chance, il paraît que ça porte malheur aux comédiens. Remettez le tapis en sortant s’il vous plaît.

Frédéric prit son argent, partit avec une démarche de canard très… voilà… et s’apprêta à monter sur le monte-charge, il vit alors qu’il s’était entretemps fabriqué un système de paiement qui exigeait 10 euros pour chaque descente ou montée. Il pleura longtemps. Puis il se rappela l’horreur de cette engeance, et décida de prendre l’escalier, beaucoup plus sûr. Il avait en effet toujours avec lui un petit escabeau de sac qui l’empêchait d’être frappé par la malédiction des escaliers. Mais il se rappela qu’il n’y avait pas d’escalier, alors il se résolut à SAUTER PAR LA FENÊTRE (EH OUAIS MA COUILLE (ON EST DES GENS VIOLENTS NOUS)).

Le narrateur précise que la dite couille n’a jamais répondu à cette altercation de plus en plus profonde, insoutenable et injustifiée de violence, déclarant qu’il fallait parler à son avocat ou à son agent, et qu’elle engagerait des poursuites judiciaires contre X.

 

Après un atterrissage très maîtrisé, parce qu’il se trouve qu’un gars passait par là pour aller prendre du pain (nos condoléances à la famille), Frédéric s’en alla affronter le mal avec sa petite redingote et ses dix euros. Il était métal, Frédéric.

Il arriva donc devant l’immense et majestueux immeuble de l’Ascendieu en ce 16 janvier ma foi fort grêleux (ouais le temps passe vite dans cette histoire). Sans se dégonfler face à l’aura qui entourait ce HLM hors du commun, il en poussa les portes et se dirigea d’un pas assuré et couinant en direction de Ses portes. Étrangement, nulle réaction ne vint de la part de l’Ascendieu. Frédéric inspira, et eut un sourire satisfait, se sentant pousser un orgueil triomphant face à ce qu’il prenait pour une victoire sur Lui. C’est dire s’il était con le mec.

Il poussa donc le bouton étrangement rouge, et attendit. Quelque chose clochait. La musique… Elle était insupportable.

– Cool n’est-ce pas?

Il sursauta. A côté de lui se tenait un hippie qui fumait quelque chose de probablement fortement illégal, en souriant d’un air satisfait, presque béat. Il augmenta le volume.

 

Aime moi hé hé

Pourquoi tu m’aime paaaaas? Hohhoooo haaa muuuhhhh

M’aimer c’est bien aahahahah

Je regarde mon téléphohohoooone et tu ne m’appèle paaaaaaahhhAAAAAHHHHHH

je trouve ça triste

alors je pleure des larrrrrrmes

et c’est triiiisteuuuuuh…

 

Ne pouvant plus supporter ces paroles d’une profondeur aussi abyssale que son propre cerveau, il se mit à hurler, bourrina tous les boutons, pour enfin sortir en trombe de l’Ascenceur, qui était finalement redescendu sans lui demander son avis.

Le hippie fit un check à l’Ascendieu, puis réappuya sur le bouton. Les portes se refermèrent enfin sur cette musique terrible que même le démon a banni de ses appartements de la région ouest des enfers, près de la mer des suppliciés, avec vue sur le Grand Barbecue.

Frédéric sortit en trombe de l’immeuble, paniqué, et fini par entrer dans quelqu’un (sans sous entendus évidemment). En tombant, cette personne fit un bruit de… cailloux. En baissant les yeux, notre cher professeur thèseux constata qu’en effet quelques graviers s’étaient échappés des poches de la personne au cours de sa chute. Sans prêter attention à lui, le gars aux cailloux ramassa son lot et jeta un regard qui traversa les murs jusqu’à la porte d’Ascendieu. Elle était close. Ce constat le fit se mordre les lèvres.

– Mince, je l’ai loupé… Vous pourriez faire attention, mince !

Puis Marcoius le détailla (le caillouteux s’appelait en effet Marco, et rajoutait -ius à cause de sa profession), et constata qu’il ne le connaissait pas.

– Ooooooh, un spectateur !

Car pour tout bon intermittent du spectacle, un gars random croisé dans la rue était un spectateur.

 

*Le narrateur vous prie d’excuser cette insulte, Marcoius état en effet un véritable mage, et renommé par dessus le marché. Enfin, d’une renommée qui allait de l’immeuble à la cuisine de sa très chère mère. Mais il en était très fier, ainsi éviterons-nous de piquer son ego. On a besoin de lui pour le scénario. Et puis sa maman n’était pas une personne qui avait l’admiration facile, après tout. Elle ne l’avait jusque là accordée qu’à Michèle Drucner et l’Ascendieu, évidemment.*

 

Les capacités de Marcoius étaient tout à fait admirables, du moins de son point de vue. Il était capable de mettre un grand nombre d’objets dans ses manches pour ses tours de magie. Si ses tours étaient tous lamentables, on pouvait néanmoins saluer le gabarit de ses vêtements. C’est ce que ses professeurs de magie mettaient comme appréciation sur ses bulletins scolaires.

Mais il avait maintenant un nouveau but, comme il l’indiquait effectivement à notre pauvre Gouniafié, qui restait de marbre, la bouche grande ouverte, tel un homme lambda devant un buffet. Son but, sa quête, son objectif, que dis-je son Graal, était à ce moment-là d’improviser un spectacle pour Frédéric. Il l’avait cherché, aussi, en lui demandant son son identité. Il y a des choses à ne pas faire avec les mages, c’est de connaissance commune:

– Je suis Marcius Lardanum Archnamargandirium, Archimage des Secteurs Éthérés, Maîtres des Potions de soûlerie, Grand Inventeur de l’eau iofilisée, et surtout alchimiste de mon métier. Je suis présentement en plein travail sur ma nouvelle découverte (il lui montra une sacoche pleine de cailloux.) La Pierre Phi-Lo-So-Phale. (on sentait les majuscules dans sa voix.)

– Oui oui mais…

– Surtout, ne vous méprenez pas, ce n’est pas un secteur facile, que la recherche de pierres magiques. En effet, voilà bien dix ans que je la cherche, et je n’ai toujours pas trouvé une piste !

– Mais.. où la cherchez vous exactement?

Le mage fit une grand geste du bras et désigna l’esplanade, où on avait visiblement retourné une grande partie du sol de graviers. Gouniafié resta un instant sans comprendre, ce qui instaura un silence gênant où aucun des deux protagonistes ne bougea, tout deux contemplant d’un air passionné les graviers, tandis que des passant effectuaient leur métier, c’est-à-dire de passer tout en jugeant à grands coups de regards furtifs tout ce qui les entourait. On entendit un corbeau croasser, le pauvre animal étant interrompu dans son repas par la gêne ambiante, littéralement palpable.

– Ah eh bien très bien. C’est rès bien ttout cela. Très très… bien. Je suis moi-même dans une quête, dit-il en reprenant son éloquence habituelle, aussi maîtrisée qu’une acrobatie sur le point de faire valoir un Darwin award amplement mérité. Voyez-vous, je dirais même que je suis absorbé dans une lutte exceptionnelle contre toute une génération !

– Et donc, repris le mage qui ne l’avait pas écouté une seule seconde, je viens de trouver une technique révolutionnaire pour chercher la Pierre : le tamis. Seulement voilà, je n’en ai pas, alors je dois faire avec les moyens du bord. Je mets les cailloux dans ma bouche et je recrache tout, d’abord que les plus petits, puis les plus gros, qui sont beaucoup plus susceptibles d’être la Pierre…

Devant eux, un chien urina sur les graviers. Un nouveau silence gêné s’installa.

– Certes certes…

– Voilà…

– C’est à dire que…

–Oui tout à fait…

– N’est-ce pas.

– Umhuh.

– mmmh.

-Bien bien bien.

– Bon je vous laisse je, j’ai piscine.

Et sur ces paroles profondes, les deux hommes se séparèrent sans un regard.

Le narrateur tient à vous préciser, si ça peut vous rassurer, que Marcoius n’était pas si loin du but, qu’il n’atteindrait jamais par ailleurs, étant donné que la pierre était sa molaire du fond depuis le premier jour de ses recherches, à gauche. L’intégralité de ses dents étaient en effet devenues des cailloux depuis qu’il avait entrepris sa quête, étant donné que les aliments qu’il consommait s’étaient eux-mêmes réduits en divers types de gravats, qui feraient la plus grande joie d’un géologue..

Pendant ce temps, Alfred faisait des trucs de dandy dark et séduisant. C’est -à-dire lire sensuellement des romans du dix neuvième siècle tout en buvant du thé de manière mystérieuse.

 

Pendant ce temps, dans l’Ascendieu, on pouvait entendre les derniers succès français.

Pendant ce temps, le bouton du dernier étage continuait de rougir.

Pendant ce temps, le gardien des caméras continuait à s’interroger sur le tableau de commandes, qui contenait 42 boutons en fonction, et dont l’un des écrans ne cessait d’afficher “et c’est pour cela qu’il faut détruire Carthage”. Le gardien supposait qu’il s’agissait d’une private joke entre le tableau de commandes et l’Ascendieu. C’était extrêmement frustrant d’être confronté aux private jokes. Il se mit à s’interroger sur les private jokes, puis sur le sens de ce qui est privé, sur la légitimité de la propriété privée et des restrictions en général, surtout en ce qui concerne la mémoire et les blagues, parce que ce n’est quand même pas gentil de priver ses petits camarades de blagues après tout, puis il se demanda à quoi servent les petits camarades et questionna la justification du terme “petits” devant “petits camarades”, et ça dura des plombes.

Pendant ce temps, le temps passait.

Pendant ce temps, G ZU fumait un pétard au dernier étage, tout  en écrivant sur des petits bouts de papiers et en les lançant plus ou moins aléatoirement sur les différents habitants de l’immeuble, tel un ninja.

Pendant ce temps, moi-même, narrateur, me demandait si ma femme avait fait des boulettes de viande ce soir, et si le nouveau stagiaire n’avait pas le plus beau postérieur que j’aie jamais vu de ma vie.

FIN