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Ascendieu- Livre I- CHAPITRE 8

ASCENDIEU, CHAPITRE VIII :

Enquête, Johnson, dragibus, ou comment ne rien accomplir mais de manière épique

 

Ils attendirent un bon moment sur le pas de la porte, un peu perdus. En effet, la résolution de notre très cher Fléau avait beaucoup de classe, mais il fallait que l’information de la rencontre de G-Zu, accompagnés d’un mage mangeur de cailloux et vraisemblablement immortel, non seulement parce qu’il survivait à leur ingestion, mais aussi parce qu’il les dévorait littéralement grâce à la pierre philosophale, remonte dans leurs cerveaux (toujours embrumés) respectifs et s’y fasse une petite place.

Fléau réfléchissait, ce qui était aussi rare qu’inutile. Il n’était pas doué pour réfléchir à qui étaient les méchants, seulement à les attraper. D’habitude, il y avait quelque chose qui l’aidait, même s’il ne se souvenait jamais quoi. Sans doute des micros détails que son cerveau brillant captait et exploitait à son insu (AHAHAHAHAH (non)).

Le cerveau brillant, qui contrairement à ce qu’il pensait ne lui appartenait pas, arriva en courant de l’autre bout du couloir, sous la forme d’un Johnson tout essoufflé, répandant sur sa route quelques Playmobil usés :

– J’ai visualisé toutes les vidéos de surveillance de l’Immeuble du jour du meurtre, et je sais qui est le coupable !

-Mais non, Johnson, c’est impossible, je n’ai pas eu l’idée d’aller visionner ces vidéos, tu n’as pas pu les voir.

-Mais Monsieur…

Fléau lui posa un doigt sur les lèvres, l’y écrasa en faisant de petits cercles tout en poussant un petit “chuuuuuuuuuuuuuuuu” continu. Il se retourna vers Pontidiscaffol avec un grand sourire.

-J’ai une idée ! Et si nous allions voir les caméras de surveillance de l’Immeuble ?

-Mais Fléau, lui susurra tendrement Marek avec un air vaguement circonspect, n’a-t-on pas déjà découvert qui était le criminel?

-…

-…

-OUI, mais il faut V-É-R-I-F-I-E-R. voilà.

-Mais…

Pontidiscaffol reçut à son tour une bonne vieille séance de “chuuuuuuuuuuuuuuuu” dont Fléau avait décidément le secret, puis ils rappelèrent Ascendieu, ou plutôt Ascendieu se rappela à eux puisqu’Il ne prend d’ordre de personne, et il les emmena de nouveau en bas, après les avoir emmené en haut suite à leur fuite brutale d’en bas. J’sais, mais il ne faut pas demander de l’originalité de mouvement à un ascenseur, tout divin soit-il. Sophie la caméra fixait amoureusement son bien-aimé, avec un air inexistant puisque c’est une caméra, bande de stupides.

 

Comment ça il ne fait pas insulter le lecteur ? Je suis libre maintenant, je n’ai plus de patron, libéréééééééé délivréééééééééééé… pardon. Je m’emporte je sais. Non mais vraiment désolé, je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Quoi Martine ? On ne vous a jamais parlé parce qu’on ne donnait la réplique qu’à Germaine?

Eh bien c’est pas près de changer. Donc, Germaine… Comment ça des policiers sont à la recherche de Mr Saloupiorax et du reste de l’équipe de direction ? Ok faut rusher alors, on a une histoire à raconter boudieu. Et le café va pas se faire tout seul, Martine ! Comment ça je suis un macho qui n’a que des petites assistantes ? Tu veux que j’arrête de raconter l’histoire peut-être ? Ouais ça vaut mieux, j’vais te révolutionner la tête moi si tu continue ! Comment ça je dis tout le temps “comment ça” ? Mais c’est dans l’ère du temps, actualisez-vous un peu ! Ouais, comme une page internet.

Parfaitement.

 

Bref, (OUI ÇA AUSSI JE LE DIS TOUT LE TEMPS MAIS MON POING DANS TA JUGULAIRE ÇA SERA PEUT-ÊTRE ASSEZ ORIGINAL POUR TOI ?) Hem hem. Donc.

Le bouton se tortillait autant que son socle étroit le lui permettait, son rouge pimpant brillant dans l’Ascendieu, aussi lumineux qu’un flash moche dans une discothèque low cost. Le démon de la mauvaise musique s’était fait la malle, puisque Marcoius, Fléau et Marek avaient passé un bon moment à l’Étage Saint. En ce samedi 20 août (oui, à ce point-là), une musique digne d’une palpitante scène d’action d’un blockbuster coûtant des millions de dollars se jouait à plein volume, ce qui leur donna l’impression de combattre une armée d’orcs plutôt que de descendre au rez-de-chaussée, celle d’être confronté à l’adversaire le plus sombre et le plus diabolique, se rendant tel un groupe de trois cent hommes dont on ne citera pas les noms ni les origines vers une mort certaine, mais stylée et pétée comme il faut sa race. Mais avec moins de muscles.

Ils arrivèrent bien vite devant l’antre du Gardien, dont la porte était envahie par des affiches toutes plus étonnantes les unes que les autres (la foule pousse un cri choqué), et par la végétation, car le Gardien était tellement occupé à ses oracles qu’il en oubliait d’entretenir sa porte (ne vous posez pas de questions). Ils ouvrirent après avoir lu deux lignes qui suffirent à faire siffler leurs ouïes, puisqu’elle ne comportaient aucun verbe et aucun mot descendant au-dessous de trois syllabes. Le Gardien semblait les attendre, mais il semblait toujours attendre quelqu’un, certains soupçonnaient même qu’il attende quelqu’un qui s’intéresse à ce qu’il disait. Il fixait le plafond, parfaitement de biais sur sa chaise roulante (il avait d’ailleurs écrit sur cette chaise une thèse démonstrative de son autogestion qui lui avait valu les réprimandes et les acclamations pour une telle audace qui relevait clairement d’une anarchie réprimée), massant nerveusement son épaule (toc auquel il avait consacré un paragraphe à ce jour jamais publié).

Pontidiscaffol et ses amis *tousse* entrèrent dans la pièce à pas de loup, silencieux, well sauf en ce qui concerne Marcoius, qui émettait un léger bruit de cailloux quoi qu’il fasse. De toute façon, le Gardien était bien trop absorbé dans le trou noir de ses songes infinis pour se laisser déconcentrer par Autrui. Ils purent ainsi se faufiler jusqu’aux écrans sans qu’il ne les remarque, ou plutôt sans qu’il choisisse d’accorder de l’importance aux signaux apportés du monde sensible par ses yeux. Johnson voulut prendre une initiative, Fléau lui mit un bon vieux coup de genou dans les couilles et tâta l’écran, puis, constatant qu’il ne savait pas comment allumer les mini télés, réveilla Johnson qui avait perdu connaissance, se fit expliquer comment il devait faire, l’assomma de nouveau et alluma, sous le regard admiratif de Pontidiscaffol, qui se demandait bien comment ce bel homme n’était pas déjà en prison pour coups et blessures.

-Bon alors qu’avons-nous là… marmonna Fléau en examinant la situation sur l’écran

-Là c’est les témoins de Jéhovah. Ils se sont perdus dans l’immeuble il y a bien 15 ans, on les nourrit avec les chats du quartier.

-Ici… L’homme au renard.

-Un satané bougre qui amasse sans scrupule tout ce qui croise son chemin. C’est sa philosophie, ce qu’il trouve par terre est à lui.

-Quel monstre… Et… cet homme… ma foi fort séduisant ?

-Lui ? Il a des entrées avec les gens les plus louches du coin. Alfred Taamennéleflouz, le dandy de l’immeuble. J’avoue, il est bonne. Mais il est surtout le parrain de la mafia locale. C’est un homme dangereux un…un…criminel ! Fléau, il vaudrait mieux pour nous ne jamais croiser sa route.

(Alfred passa au même moment derrière eux, fit la bise au Gardien, sirota une gorgée de son café et repartit en toute pépèritude.)

-Certes, mais il détient peut-être des informations sur ce trafic de Dragibus…

-Eh c’est raciste.

-Quoi mais pas du tout.

-Tout de suite, c’est le parrain de la mafia, alors c’est lui le responsable de tous les trucs louches. J’en parlerai à Ascendieu, de ton comportement.

-Mais Mareeeek…

-Chut. Continue.

-Bon. Là on a le bouton rouge. Il est… rouge. Et… boutonneux. C’EST DONC UN ADOLESCENT. Gardons-le à l’œil, il suffit d’une jolie fille et d’un coup d’hormones pour que ces animaux là se transforment en… REBELLES.

TANTAN

 

-Et de plus, les adolescents mangent des dragibus… cette affaire se corse, restons vigilants. Mais, pour ce qui est de le garder à l’œil, notre intermédiaire Sophie-la-caméra s’en occupe très bien.

-Bien. Et enfin, le patineur, la foule et les rhinos.

-Des réactionnaires, dit Pontidiscaffol en secouant la tête.

-Ah bon ? Ils font de la politique ?

-Non, ils… réagissent. C’est les gens qui ont des réactions quoi.

-Ah.

-Oui.

-Ah bon bah on a fait le tour.

-Oui

-Remettons les événements dans l’ordre maintenant. Tu as donc été PLSé il y a… ?

-Mhm on perd vite la notion du temps ici

 

Effectivement je le pense aussi vu que Martine ne m’a TOUJOURS PAS amené mon CAFÉ. T’es contente, hein ?? Comme ça on t’évoque dans l’Histoire, tu te sens importante n’est-ce pas ? Grouille-toi. Oui, Germaine ? Martine a rejoint les flics ? Ah. Traîtresse… du coup vous voulez bien vous en occuper Germaine ? Vous êtes un amour, Germaine. Je ne serais pas arrivé jusqu’ici sans vous. Oui par jusqu’ici j’entend de ma chaise à mon bureau mais c’est déjà ça, Germaine c’est déjà ça.

 

-Bon on s’en fout, balaya Fléau.

-Ben pas vraiment, si ça aide à remonter la piste…

-De toute façon, mon instinct penche, je ne sais pourquoi, en défaveur du public. Et plus particulièrement de cet homme… (il tapota du doigt sur l’image brouillée du patineur, en pause au parfait moment pour apprécier son impressionnant visage, sourcils froncés et bouche grande ouverte, comme prête à avaler un oeuf d’autruche.). En effet, le premier Dragibus était rose, si ma mémoire est bonne.

-Où veux-tu en venir ?

-Le tutu du patineur n’est-il pas rose aussi ?

-Brillant… souffla Marek, estomaqué, en rougissant un peu. Non, je veux dire, se reprit-il en se détournant, il est rose brillant, son tutu.

-En effet. Bon Johnson tu te réveilles ??!

-GuesU’un ?

-On a remonté la piste pendant que tu dormais. Ah ces acolytes….

-Mais…

-Où est Marcoius en fait ? coupa Marek avec un regard intrigué en arrière.

Marcoius n’était visible nulle part. Ils se précipitèrent vers un caillou, laissé à l’abandon, mais la piste de petites pierres s’arrêtait dans la pièce. Fléau alla sur le seuil et, frustré, asséna un coup de pied au cadran avant de pousser un cri.

-Eh oh excusez-moi messieurs, je ne suis pas opposé à l’exportation d’une rage vainement intériorisée dans le contexte d’une vie où la vacuité, bien que présentant des bénéfices, n’est nullement idéale, mais ma porte, symbole de l’espace privé qu’on pourrait supposer légitime dans le cadre d’un gouvernement prônant le matérialisme, en l’occurrence plutôt celui d’une voie accueillante, n’est pas un réceptacle compatible à une telle démonstration.

Ils se tournèrent vers le Gardien, qu’ils avaient eu le malheur de réveiller. Ils eurent la chair de poule. En effet, ce dernier se tenait entre eux et la sortie, et sa bouche semblait se mouvoir plus vite qu’il était humainement possible. Johnson, alors que les deux autres tremblaient, remarqua que la piste de cailloux s’arrêtait en-dessous de ce que le Gardien fixait. En levant les yeux, il vit Marcoius, effaré, agrippé aux tuyaux des canalisations.

-Là-haut ! s’écria-t-il avant d’être balayé par la parole du Gardien.

-LA TRANSCENDANCEUUUUUUH !!!!!!!

-Marek, que doit-on faire pour l’arrêter ??? dit Fléau qui comme on le sait ne connaissait pas parfait les mœurs de l’Immeuble, et certainement pas la recette à calmer les Gardiens déblatérants

Marek avait déjà relevé sa robe imaginaire, et échauffait ses jambes dans le but de se carapater avec efficacité le moment venu, et ce moment devait être le plus proche possible du présent.

-MAIS QU’EST-CE QUE L’ARRÊT ? Y A-T-IL VRAIMENT DES ARRÊTS ? L’arrêt de bus n’arrête jamais véritablement le buuuus puisque c’est le bus qui s’arrête ! –

MAREK !

Marek avait mis ses jambes en mouvement, passé sous le bras du Gardien et était déjà loin. Fléau tenta de l’imiter mais se prit un coup de boule involontaire du Gardien qui s’agitait, comme possédé par un esprit supérieur, qui sait, Ascendieu lui-même peut-être.

Pendant ce temps, Johnson avait déjà délogé Marcoius, l’avait interrogé de façon bien musclée et avait tiré ses conclusions qu’il avait retranscrites sur le carnet de notes qu’il avait toujours sur lui. Fléau se prenait des coups et des réflexions, et comme il était incapable de faire les choses par lui-même, il finit KO sous le bureau, sans avoir avancé d’un millimètre et sans avoir calmé le moins du monde le Gardien. Johnson prit Marcoius sous un bras, Fléau sous l’autre, et se retrouva face au Gardien. Sans se laisser déboussoler par son regard bleu envahi par la rage, il eut un petit sourire :

-Si Pinocchio dit “mon nez va s’allonger” il se passe quoi ?

Les pupilles du Gardien se dilatèrent, alors que de ses oreilles commençaient à émerger quelques volutes de fumée. Alors il se désactiva. On entendit même le petit VOUUuuuu des machines qui se mettent à l’arrêt. Johnson l’enjamba poliment et continua sa route, interceptant Marek, planqué sous un siège tout ce temps, au passage.

Ils ouvrirent la porte sur fond de musique de suspense et découvrirent avec le même effarement que Germaine et moi-même une ligne de témoins de Jéhovah. Non, pas une ligne… Un gang. Disposés comme s’ils allaient lancer un bon vieux freestyle et un clip de mauvais rap ; ce qu’ils firent par ailleurs. Mais nous n’en parlerons pas, par respect pour leur famille et leurs proches, qui doivent déjà subir l’absence constante de ce groupe de personnes égarées dans l’Immeuble depuis plusieurs années, ce malgré les différentes tentatives pour les faire sortir, à coup de pied au derrière, de tronçonneuses, de dictionnaires de grec ancien et d’autres joyeusetés. Ça, c’est le mec au renard. CRIMINEL.

Quoi qu’il en soit, Marek, Fléau, Johnson et Marcoius s’arrêtèrent net, chacun calculant ses chances de survie et/ou de fuite en fonction du nombre de personnes qu’il aurait à trahir, de la distance jusqu’à la porte, du nombre, du poids et des armes des individus en face d’eux, sauf Fléau, qui lui trouvait que la toge des Témoins de Jéhovah était de bien mauvais goût dans ces circonstances tragiques.

Marcoius fut le premier à réagir : il fit de grands gestes de main en poussant des cris, hurlant des mots d’une langue inconnue (et par ailleurs inexistante). Ses adversaires se raidirent, attendant qu’une plaie d’égypte leur tombe sur le minois, mais le dernier mouvement du mage s’acheva par un petit pet de fumée au creux de sa main qui le déstabilisa et le fit tomber. Constatant qu’aucun cavalier de l’apocalypse ne se manifestait, ils ne firent plus grand cas de rien et s’emparèrent du quatuor avec une convoitise visible. Pontidiscaffol tenta bien de glisser sa main vers sa poche à flûtes, mais un Témoin avisé le vit et l’en empêcha d’une claque sèche digne des plus grandes incitations au duel. Ce qui, sans doute, fut profitable à tout le monde, ses “alliés” les premiers. Ceux-ci poussèrent par ailleurs un soupir de soulagement.

Les attrapant par les épaules, tout ce petit monde conduisit nos 4 compères vers l’ascenseur, toujours occupé à passer sa musique épique, et montèrent donc de manière héroïque jusqu’au premier étage, où les attendait, à leur stupéfaction et malaise (on aurait bien dit frayeur, mais… non) les deux google traduction, adossés de part et d’autre de la porte des escaliers, dans le but manifeste mais pas très réussi d’être cools.

-Ah salut, leur dit d’ailleurs poliment Fléau, avec autant d’élégance qu’on peut avoir quand on est escorté d’un gang en toge et que nos pieds touchent à peine le sol, le tout après plusieurs jours sans manger ni dormir ni même aller aux toilettes, ce qu’on ne ferait pas pour la justice et les bedos de G-Zu, halàlà.

Pour toute réponse, ils leur indiquèrent la porte sans décroiser les bras, seul exploit à leur portée, c’est dire. Hé oui la maison vous produit des méchants au top, même si on sait pas très bien au top de quoi.

Les Témoins, après un petit fouillis peu discipliné, formèrent une rangée leur montrant le chemin à suivre.

-Les escaliers ? Pourquoi ils veulent qu’on utilise les escaliers ? fit Fléau, vaguement blasé.

-Mais non abruti ça c’est une porte, lui répondit une petite voix de grand-mère dans son dos. Mhm pardon, hum hum, Mé nn Habruhti c 1 port sa ptdr victym baulauce !

Ils se retournèrent tous, mais comme dans tout bon passage creepy qui se respecte (la qualité, messieurs dames), le bout du couloir n’était occupé que par le grésillement occasionnel du néon solitaire au plafond, qui s’ennuyait à mourir depuis des années et était bien content d’avoir de nouveaux amis et de quoi s’occuper. Il s’appelait Léon le Néon. Retenez bien ce nom, il ne servira pas pour la suite.

Un frisson leur parcourut l’échine.

-Qu’est-ce que vous nous voulez ? marmonna bravement Bénédicte Johnson.

Je ne me ferais jamais à ce nom. Oui, je sais, il y a pire, comme Bertrand Malbésé, ou Loup Garou, mais enfin quand même… quoi je blesse les feels de Johnson ? Pardon, mon  gars, keep up, tu sais que je t’aime bien au fond. Au tout fond fond. Non plus au fond. Voilà. Non ceci n’est pas une blague sexuelle bande de malotrus.

-Nous on vous veut rien, répondit le Grand Témoin, très identifiable par sa ceinture en paquets de doliprane. Enfin, sauf si vous savez comment nous faire sortir. C’est Lui qui veut vous voir. (on sentait la majuscule dans la voix presque aussi bien que les fautes dans celle de G-Zu)

-“Lui” ?

-Oui. On le reconnaît… grâce… à son… TUTU.

Un éclair fit se dessiner les ombres des protagonistes sur le mur du couloir et… putain Pat arrête de faire des ombres chinoises, t’es con. Comment ça c’est pas toi c’est les flics qui envoient des grenades dehors ? je veux rien entendre, petit cafteur !

Si c’est ça, j’arrête de raconter! Je ne peux pas travailler dans ces conditions !

 

Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

Germaine, mon fusil!

Boom Patatra, boom bang bang (remarquez la qualité des onomatopées)

Lâche-moi, sale rebelle !

Oui lâche-le !

Alors on se calme. Vous êtes désormais nos otages. Je vous présente: Germaine, Géraldine, Pat, le mec qu’est attaché là bas c’est le patron monsieur Saloupiorax, et à côté de lui l’équipe de direction. Et vous, vous êtes?

….

 

Bon nous dirons donc policier n°1 et policier n°2. Vous les reconnaîtrez à ce que Mr n°2 à une moustache fringante.

Diantre, il va falloir augmenter la ration de boulettes.

 

FIN

 

Démonis, Chapitre 2

Chapitre II: Des difficultés de la possession

Oui maman, je ferais la vaisselle, mais il faut que je travaille là, nan mais ho dis donc.

Hum hum.

Je vous disais donc: avant que notre très chère amie ne fasse une entrée… remarquée dans la salle de classe, il s’est passé bien des choses. Le démon dont nous parlons ici et l’un des descendants de Lucifer lui-même, et probablement l’un des plus mauvais démons qui aient jamais été créés. Le diable lui même n’avait jamais rien vu d’aussi désastreux, et le pire, c’est que le pauvre démon ne s’en rendait pas même compte. Il n’était pas particulièrement bête, ni mal-formé (selon les critères de son espèce, attention si vous lui ressemblez faites nous le plaisir de consulter un médecin), mais il y avait quelque chose qui n’allait pas chez lui, et personne n’avait su mettre le doigt, la patte ou l’appendice dessus. Beaucoup supposaient que le fameux accident qui avait eut lieu pendant son enfance (c’est à dire le moment ou le bébé démon était malencontreusement tomber dans le gouffre des enfers, et après avoir traversé dans lacs de laves avait fini dans un bénitier) en était la cause, mais personne n’en avait la preuve, ni même celle qui aurait pour prouver l’accident en lui même.

Les habitants de l’enfer n’en pouvaient plus de lui, et les pauvres âmes damnées ne cessaient de déposer recours et pétitions pour le faire expulser: elle étaient déjà condamnées à une souffrance éternelle, personne n’avait le droit de leur rajouter une épreuve aussi terrible que de supporter ce démon là. Il y a des choses qui ne se font pas, tout de même. Certaines, de désespoir, se suicidèrent avec tellement de bonne volonté qu’on leur accorda de rester mortes le temps que l’affaire soit réglée. On le renvoya donc à coup de pied, sabot, fourche ou autre objets contondant passant sous la main des pauvres créatures qui avaient du supporter sa présence, et on l’envoya sur Terre, en espérant que le humains trouveraient une solution ou au moins limiteraient les dégâts; ou le tueraient, ou l’enfermeraient quelque part.

Seulement les différentes forces divines et démoniaques qui s’étaient entendues là dessus avaient oublié une chose importante: les humains faisaient toujours n’importe quoi, et particulièrement le contraire de se qu’on leur demandait. C’était chez eux une discipline olympique et le résultat d’un sens de l’honneur aigu, transmis de générations et générations depuis qu’Adam à fit un doigt d’honneur au bon Dieu pour une tartelette à la pomme. Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir des tartelettes à la pomme.

Ainsi, après un premier mouvement de panique, les humains n’avaient pas du tout cherché de solution à la présence nouvelle du mal incarné sur leur territoire. Après avoir fait brûler quelques uns des leurs pour des raisons que personne, même moi, même eux, ne saurait expliquer, ils avaient déclaré que l’existence d’une telle créature était impossible étant donné qu’il dérogait aux règles naturelles et étaient retournés vaquer à leurs occupations.

Ce qui occasionna, vous vous en doutez, un face-palm généralisé, celui de Dieu provoquant malheureusement un tempête solaire qui eut elle même pour effet un certain nombre d’accidents et des centaines de milliers de morts. « Oups », dit Dieu, enfin selon les journalistes présents à ce moment auprès du Divin Vioque.

Le pauvre démon s’égosilla en vain, déclarant qu’il allait détruire l’espèce et prendre le contrôle de l’univers, tous l’ignorèrent superbement, avec d’autant plus de facilité qu’il avait naturellement une voix de fausset à faire rougir un chanteur pour ces demoiselles et damoiseaux prépubères, et qu’il avait déjà du mal à prendre le contrôle de ses propres membres.

Alors, au désespoir, le démon tenta de faire ce qu’on lui avait appris à faire face à un humain récalcitrant (ou non selon le caractère du démon ): le posséder. Mais la chose n’était pas si simple.

Il tenta d‘abord sur un roi, mais il ne savait pas gouverné, enchaîna bourdes après bourdes, et finit par se faire guillotiner, comme ça, par accident, sans même réaliser ce qu’il se passait. Alors, il décida ne ne pas retenter la chose pour un bon bout de temps, nan mais ho, il voulait bien faire des efforts, mais la guillotine c’était un peu beaucoup quand même il ne fallait pas exagérer.

Le bon bout temps en question fut une pose de quelques siècles pendant lesquels le démon s’ennuya mortellement, mais le reste des créatures de l’univers dansa la zumba de soulagement. Il décida donc finalement de retenter sa chance, au grand désespoir de Lucifer, qui sentait que son sang allait encore le déshonorer. Il avait une réputation à tenir, tout de même, et ce n’était pas ce rejeton là qui allait l’y aider.

Il faut savoir que tout ces échec n’avaient en aucun cas entamés l’assurance du démon, pour lui leur seule explication était la qualité divine de l’homme, et l’incompétence de ses instructeurs en matière de Possession (aucune de ces deux affirmations n’étaient évidemment vrai, les humains étant des bactérie évoluées et ses maître d’école tout à fait compétents). Ce que, évidemment, Dieu avait toujours nié, expliquant qu’il n’y était pour rien et qu’il se déchargeait de toute responsabilité concernant ces humains décidément incompréhensibles, et déclarant qu’il avait envoyé ses meilleurs sujets en enfer (les voies du Seigneur sont impénétrables, ne cherchez pas la logique), qu’il ne s’était pas moqué du monde, enfin si un peu, mais pas sur ce plan là, de la qualité prémium, Messieurs Dames.

Il s’était donc glissé dans une ruelle et avait attaqué…

Une petite fille.

Oui les démons n’ont aucune décence. Enfin celui-là tout particulièrement.

Seulement les humains ne se laissent pas marcher sur les pieds _ou plutôt sur leurs âmes_ si facilement.

Revenons donc au moment où il s’approche de cette enfant. Je vous prie d’ailleurs de noter le suspense insoutenable de ce chapitre, et la qualité surhumaine de mes capacités de conteur. Je suis en train de rater le goûter pour vous tout de même. En plus, il y a des crêpes. Quel sacrifice! Je me sent martyr tout à coup.

Il entre donc dans l’esprit de la jeune fille. C’est un processus très douloureux. Il a mal, elle a mal, il le sent, il s’en fiche, premièrement parce que c’est un démon, et secondement parce qu’il n’a probablement pas assez de neurones actifs pour prendre cette donnée en compte en plus du reste. Il lui faut trouver le tableau de commande. Il y arrive enfin, et bon sang qui sont ces jeunes garçons accrochés sur tout les murs?

Il tire un fil, le genoux se soulève. Bien. Puis, il en tire un autre, qui provoque un mouvement peu naturel de la tête de la jeune fille. Eh merde, pense-t-il. Il tente d’autre fils, mais rien n’y fait, il n’arrive pas à se lever, il tombe, se contorsionne, fait des cabrioles dont même les démons des films d’exorcisme lui enviraient (car en effet tout ces films sont vrai, c’est bien connu. Ha et si vous vous posez la question, Obama est vraiment un lézard géant venu de l’espace. Mais de rien.). Il soupire.

Le corps de la jeune fille se met donc à ramper sur les pavés, comme une chenille, de la manière la plus ridicule et la moins honorifique qui soit, se traînant dans les flaques d’eau jusqu’à l’endroit où elle habitait. Son maquillage avait coulé si bien qu’on ne reconnaissait presque plus son visage, et le Démon avait décidément du mal à contrôler sa glande salivaire. Un gros escargot, oui c’est cela.

Le corps de la jeune fille leva donc mollement le bras et atteignit la poignée du bout des doigts. La tentative d’ouverture de cette porte fut le plus grand et humiliant échec qu’il ait jamais vécu, enfin de son point de vue. Nous remercierons donc le lecteur de ne pas le répéter. Il ne faut pas attaquer les… choses déjà à terre.

Il rampa par terre, posant ses bras et jambes où il le pouvait, et poussant en avant. Par chance pour lui, l’appartement de la jeune fille était au rez-de-chaussée et n’avait pas d’escaliers. Les escaliers étaient son pire ennemi depuis le célèbre accident de 1338, où, trébuchant dans l’un deux, il avait poussé dans les feux de l’enfer la belle qui lui était promise, qui le fut bien moins après un petit séjour dans la lave. Mais la vrai question était: qui avait étét assez désespéré et aveugle pour lui promettre un être humain, ou un animal, ou même un vase en porcelaine, car il est bien connu que toutes ces choses ont une âme de même importance et qu’il faut en prendre un soin tout de même.

Une fois arrivé dans la chambre de la jeune fille, il poussa la porte d’un coup de pieds et resta par terre, essoufflé.

Mais…?

Oh non, elle est réveillée.

Qu’est-ce que…

Et elle va pas aimer ça…

Elle t’entends, sale…

Hey, c’est pas de ma faute! J’ai pris une douche ce matin, contrairement à certaines.

Aidez-moi.

A qui tu parles?

Au lecteur.

C’est pas bien de briser le quatrième mur comme ça tu sais.

C’est pas bien de donner des envies suicidaire aux gens avec des balgue aussi mauvaises. Et le quatrième mur c’est au cinéma. Et puis t’es qui?

Oh mais c’est qu’elle me prends de haut. Tu vas voir!

Non att…

Il balance le bras et se frappe au visage (je désespère parfois).

Il pousse un petit gémissement de douleur.

Mais tu es bête ou quoi?

Une bête plus précisément.

Ils levèrent les yeux au ciel

Attend c’est toi qui viens de faire ça?

Heu… oui.

D’où t’as un contrôle sur ton corps là maintenant toute suite?

Bah heu…

Silence! Va dans le fond du cerveau, fillette!

Alors déjà je suis presque adulte, et en plus je t’ai pas demandé de me posséder.

Bah personne ne s’en rendra compte, c’est pas comme si ta vie était hyper intéressante juste là.

Elle se mit à bouder, le laissant seul.

Il réfléchit. Enfin il essaye, parce que réfléchir n’est vraiment pas son fort. Je crois même que de la fumée sort de ses oreilles. Attendez, je prends mes lunettes. Oui, c’est bien de la fumée, et je peut même vous dire qu’elle a une légère couleur jaunâtre. C’est…répugnant.

Le véritable question est: Mais est-ce qu’il est doué à quelque chose, ce pauvre être? Et si non, pourquoi diable est-ce que je raconte son histoire? (Haha, vous avez vu la blague, je suis drôle n’est-ce pas? Quoi, je l’ai déjà faite dans le premier chapitre? Vous n’avez aucune preuve. Chut.)

La réponse se situe dans la chasse des hérissons albinos dans les steppes de la Mongolie orientale. Bonne chance, et salut, j’ai aqua-poney et je suis en retard. Oui, j’ai aqua-poney. C’est une activité très ludique, vous savez. Ça permet de bien se garder en forme. Mon beau-père ne faisais pas beaucoup de sport, et quand in est rentré à la maison, ma grand-tante l’a mis immédiatement au régime, c’est que ça m’était sa santé en danger, au pauvre homme. C’est un gêne qui court dans la famille, ou on est fins comme des brindilles (il n’y a qu’à voir les peintures de moi quand j’étais encore au pays), ou on fini par jouer des monstre dans GostBuster. Quoi vous-vous en fichez? Bon d’accord d’accord, j’y vais c’est bon j’ai compris.