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ASCENDIEU, LIVRE I, CHAPITRE 7 :

ASCENDIEU, CHAPITRE VII :

Patin à glace, enquêtes, drogue, révolution et cailloux

 

*bip bip bip*

*bip bip bip*

*bip bip bip*

*Le collectif tient à informer les lecteurs que l’Entreprise a été prise, suite à des abus sur les salariés, confinés 24h/24 dans le bâtiment pour améliorer le rendement. Dans ce but, le patron et ses collègues ont été enfermés dans le bureau principal jusqu’à l’acceptation de nos conditions et la livraison de notre soupe hebdomadaire. Avec des croûtons et des pois chiches, on est pas des bêtes nom de nom. Toutefois, nos services continueront d’être assurés.*

Hum hum. Oui donc Germaine, veuillez m’aider là s’il vous plaît. Voilààààà. Et retirez votre genou de ma main vous seriez un amour. Donc. *regarde le script* Ah ouais c’est après l’agression de la Team Rocket low cost là.

 

La foule, poussant au ralenti un cri choqué, voit nos deux héros entrer dans l’Ascendieu.

 

Ils papotèrent autour d’un pique-nique assez splendide, puis firent de la balançoire, un karaoké, un barbecue, une chanson de Disney, une partie d’échecs, un jeu de marionnette avec le corps inconscient de Marcoius, et les portes de l’Ascendieu s’ouvrirent enfin.

Le magicien se réveilla en sursaut, se demandant où étaient ses cailloux avant de se souvenir des événements du chapitre précédent.

Ni une, ni deux, Fléau l’empoigna et l’aida à sortir de l’Ascendieu avant que celui-ci ne se referme. Ils avaient appuyé sur tous les boutons en entrant (l’un d’entre eux, plus rouge que les autres, avait d’ailleurs frémi de manière étrange à ce contact) et pourtant ils étaient, sans aucun arrêt, immédiatement arrivés à l’étage….42.

TAN TAN TAAAAAAAAAN.

L’étage 42 n’était pas un étage comme les autres. Il avait été dès son enfance promis à une destinée différente. Là-bas, les murs étaient d’une couleur que seuls les papillons auraient dû percevoir, le bruit de perceuse venant du chantier de Ned était plus audible que jamais, les lambris étaient en cerisier (comme quoi on peut faire plus osé que le rez-de-chaussée) et des témoins de Jéhovah sourds erraient de porte en porte, armés de la dernière édition du “Ttémoignage de Jéhovah pour les nuls”, qui dispensait les meilleurs conseils de survie si on accordait du temps à notre seigneur Jasus Christ. Les voisins aussi erraient, un air suspicieux sur le visage à la vue des nouveaux venus. Bon à vrai dire ils avaient toujours l’air suspicieux (ça donnait l’air intelligent), mais Pontidiscaffol, qui ne connaissait pas les us de cet étage, agrippa nerveusement le bras de son Fléau.

Un flot de caillasses entourées de papier lancées dans la plus grand randomness de la porte d’un appartement que les témoins évitaient soigneusement attira leur attention. Avant que Fléau ou Marek, qui étaient bien là comme ça ensemble, puissent prendre une initiative quelconque, Marcoius se jeta sur ce trésor du ciel (littéralement) et se mit à fouiller, débarrassant les cailloux de leur message saint.

*La foule choquée par une telle hérésie se cache les yeux et ne voit pas la prestation pourtant très admirable du gars musclé qui patine sur un couple de cochons*

Fléau se pencha pour ramasser du bout des doigts un des petits papiers qui traînaient lamentablement par terre, souillé par le seul contact de Marcoius dont l’hygiène n’était pas douteuse puisque personne ne pouvait douter de l’odeur pestilentielle qu’il dégageait jusqu’à 5 mètres autour de lui.

 

Hyl é deriair vou 2puits le Dbu lol

G-Zu

 

Pris d’une terreur subite, nos deux protagonistes et leur… compagnon d’Ascendieu… cavalèrent dans un ralenti épique (sur fond de musique de film français engagé (mais pas trop)) le mètre qui les séparait du Saint Appartement de G-Zu.

La porte était évidement ouverte, car il est bien connu que G-Zu accueille tout les nécessiteux, leur offre du thé, un joint et une claque sur la joue gauche avant de les relancer avec emphase dans la vraie vie, ils ouvrirent donc la porte (qui était dépourvue de judas pour une raison évidente) à la volée et entrèrent dans le petit appartement.

Un chat leur lança un regard torve avant de sauter de tout son poids colossal sur une étagère (qui était surencombrée de statuettes vaudou, de vinyles de Bob Marley et de Ramstein, et d’autres choses non identifiées ou censurées pour le lecteur), se louper lamentablement et commencer à faire sa toilette pour retrouver une certaine dignité en se léchant les couilles. Ce chat répondait au doux nom de Simon.

L’appartement dans son ensemble n’était pas petit, mais il était tellement encombré et enfumé que l’on s’y sentait immédiatement à l’étroit. Un brouillard de fumée de produits probablement illicites dans l’intégralité des pays du monde et des différents mondes flottait et donnait aux nouveaux arrivants l’impression de voler, et que la dame sur le tableau en face d’eux était vachement drôle avec ses yeux, là. Au milieu de ce qui semblait être un salon, du moins qui devait l’être sous la couche d’habits et de choses déposées un peu partout, sur un fauteuil un peu miteux mais qui devait être diablement confortable (pardon) se trouvait… une petite grand-mère, qui les observait attentivement en fumant un joint. Elle portait une perruque qui était probablement plus grande qu’elle, à moins que ce ne soit qu’un tas de bigoudis magistralement empilés les uns sur les autres, beaucoup trop de maquillage aux couleurs vives et un peignoir qui à lui seul devait avoir vu plus de choses atroces que le démon qui logeait dans l’Ascendieu le jeudi. Elle leur lança un regard circonspect.

–  ‘Sope ?  leur dit-elle d’une voix pleine de sagesse, grave et profonde, qui résonnait d’ailleurs bizarrement dans la tête des trois compères.

 

Marek se jeta à genoux, tomba sur le chat qui le griffa avant de s’enfuir en reculant. Il y avait dans son regard une stupéfaction que ses deux compères ne comprenaient pas trop, Fléau ignorant les moeurs de l’Ascendieu et Marcoius étant toujours trop dans ses cailloux (qui commençaient d’ailleurs à s’accumuler devant la porte, tombant de ses poches telles des feuilles d’impôts de la mémoire d’un homme politique) pour en avoir quoi que ce soit à fiche.

– Pontidiscaffol, dit Fléau d’une voix tendue, qui est cette personne ? et… POURQUOI T’ES À GENOUX HO NAN MAIS ÇA VA BIEN LÀ UN PEU DE TENUE.

– Simon !! Non mé vs aitt con vou wesh vs lui avé fay mâle sa coot shair ses truk

– Mais …. pourquoi vous parlez avec des fautes?? Et comment on peut faire des fautes d’orthographe à l’oral?

– Écouté mon daraun y m’a créai aven l’ortograf c pa ds ma genetic.

– Fléau, tu n’as pas honte ? Il.. elle… G-Zu essaie de nous dispenser sa parole sacrée ! le reprit Marek, furieux.

– Uiui wallah tageul.

– Vous allez donc nous donner le sens de la vie? Le pourquoi de notre présence en ces lieux ?

– M’en ba lé couyes frèr. fèrm ta grend guel et vian boir du thé c 1 ptn de boneuhr camomil rose oklm de derièr le fagot t’m’en dirah dé nouvels!

– Je vois… il semblerait que tu l’aies contrarié, Fléau. Mais dans sa grande mansuétude G-Zu nous invite à goûter son saint breuvage.

– Wsh mon seint breuvag c ski sor d’m’a bit moi jte parl de thé.

– Je n’irai plus jamais à l’église je crois.

– Oh saint G-Zu ! s’exclama soudain Marcoius, tombant à son tour à genoux, vu qu’il avait eu le temps de comprendre que ses pierres chéries venaient de cette personne inqualifiable, pourriez-vous dispenser plus de pierres sur ce monde ? Ou mieux, dites-moi où se trouve la pierre philosophale, je vous en prie !

– El é den ta molèr gauch frèr t teubé oukoi?

– Pardon ?

– Ba wi fau lire c marké o chapytr troa mek.

– Ah bon bah autant pour moi.

– Seigneur G-Zu, nous ne sommes pas contre un peu de thé je l’admets, reprit Fléau, soucieux de reprendre un peu le contrôle de la conversation, mais pourriez-vous répondre à nos questions avant ?

– Nan. Azy détan twa vien tir 1 lat sur ça tu vera tou serah + cool…

 

Tout était déjà assez “+ cool” dans les esprits du trio embrumés par l’atmosphère de l’appartement, mais ils ne purent décliner poliment, Simon leur ayant déjà planté deux joints dans la bouches avant même que G-Zu ait fini sa phrase.

Il faut communier avec le seigneur, depuis le temps qu’on vous le dit.

Il ne leur fallut pas longtemps pour perdre la notion du temps et de l’espace, si tant est qu’ils l’aient eu avant, et après avoir vu quelques éléphants danser sur du métal et assisté à la représentation physique de ce sur quoi déblatérait le Gardien toute la journée durant, ils finirent par reprendre un peu leurs esprits.

C’est là qu’ils le virent.

Il s’était glissé dans l’appartement, dans son tutu du rose le plus discret, sur la pointe de ses patins à glace, tel un ninja fabuleux, et commençait déjà à tenter de mettre Marcoius en PLS. Dans un grand cri digne d’un fillette à qui on tire les couettes un peu trop fort, G-Zu se leva, attrapa sa canne et en asséna un grand coup dans les parties intimes du patineur, qui s’enfuit en titubant et en faisant des triples loops suivis de saltos à travers un nuage de fumée.

 

– Vous ! s’écria dramatiquement Marcoius, qui même s’il n’avait rien suivi de l’enquête aimait bien participer, et qui de toute manière n’avait plus le coeur à manger des cailloux.

G-Zu regarda la fumée qui se dissipait pour être remplacée par celle de joint qu’elle était encore en train de fumer d’un air penseur. Un instant, son visage de grand-mère à la fois laid, rassurant et inoffensif se transforma en quelque chose de réellement terrifiant, à tel point que les trois autres restèrent coulés sur place, que la foule de spectateurs choqués, même sans leur patineur, poussa un double cri, et que si nous étions dans un manga les pupilles de G-Zu se seraient rétrécies et un clair obscur improbable aurait donné à la scène tout son importance. Mais comme ce n’était pas un manga, la musique de Bob Marley tournait toujours, parfois couverte par le son des canalisations des chasses d’eau de l’étage en-dessous ou du bruit de Simon qui mangeait goulûment ses croquettes. Les pupilles de G-Zu étaient toujours recouvertes d’immenses lunettes d’écaille verte et jaune, qui lui grossissaient les yeux à tel point que si on le regardait en face trop longtemps on se mettait à paniquer, non pas à cause de la présence d’une messie, mais bel et bien parce qu’on avait l’impression qu’ils allaient exploser, et ce de manière bien sale, tel un soufflé mal préparé et laissé à l’abandon dans un four.

Puis elle reprit son expression ordinaire et déclara :

– Ptn wsh mé l’aut’ là d’ou il mé mé potot en pls sen dir bonjou j’vé lui niker sa reume la tet de moi!

– Ne… ne nous emportons pas… marmonna Marcoius, livide.

– J’sui pa emporé wsh, répondit la petite vielle de sa voix qui oscillait entre la puissance divine et les tremblement de l’âge.

– Fléau ! s’exclama Pontidiscaffol, qui n’avait pas écouté ce qu’avait dit G-Zu (grave hérésie dont il sera châtié plus tard en étant privé de dessert et de flûte), en pointant quelque chose au sol.

 

Ils remarquèrent alors que dans l’emportement de l’action, le dangereux criminel patineur avait laissé derrière lui un indice… un… dragibus… blanc. Oui, un de ces dragibus blancs que personne n’aime, qui s’interroge lui même sur la raison de son existence, et dont on se demande encore s’il est vraiment possible à un humain de créer un tel goût, de ceux qu’on laisse au fond du paquet et que du coup on est obligé de manger à la suite quand il ne reste qu’eux. En somme, une arme dangereuse. G-Zu le ramassa, un main derrière son dos et en poussant des cris de douleur, car ce n’était plus de son âge ces conneries, halala les criminels n’étaient plus ce qu’ils étaient de son temps, au moins à son époque ils avaient la politesse de ramasser les indices pour les vieilles dames, mais non tout partait à vau l’eau à cause de cette génération d’assistés, et le mit dans sa bouche.

 

-… C d’la bone frair, dit-elle d’un air entendu.

 

Marek hocha la tête devant son intervention avant de retourner son attention à Fléau :

– Bon, vu qu’apparemment un patineur nous en veut à mort pour une raison obscure et qu’il peut nous assassiner à tout moment tu veux pas m’épouser, genre comme ça c’est réglé ?

– Heu… non.

– Ha ok. Bon. heu… où en étions-nous ?

– “C d’la bone frair”.

– Ha oui c’est vrai. Face à cette intervention, je vais donc prendre un air concentré et réfléchi, en mettant ma main sous mon menton comme ceci et en plissant les yeux. Voilà. Mhmmmm.

-C’est un peu dommage qu’elle ait mangé notre seul indice.

– Oui bah écoute qui es-tu pour critiquer la petite vieille d’Ascendieu tu veux aller en enfer ou quoi ?

– L’enfer, on y est déjà, déclara sombrement Fléau, si sombrement que les nuages noirs, qui pourtant ne se rassemblaient que pour les mangas, voulurent bien faire une petite exception et se mirent à pleuvoir dans l’appartement.

Furieuse, G-Zu hurla telle un scream de métal parfaitement exécuté, et d’un mouvement de bigoudis, les jeta dehors par propulsion divine et referma la porte. Ils se retrouvèrent donc tous les trois par terre comme des clodos à attendre un geste divin, qui, comme chacun le sait, n’arrive jamais sauf par la voie de petites pierres qui font vachement mal à la tête quand elles tombent dessus.

 

– Bon on fait quoi maintenant, Fléau ?

– La même chose que chaque jour, Marek : tenter de trouver le coupable.

 

Et sur ces mots, le chapitre se finit. Oui bon on a plus nos magnifiques transitions de fin, mais il faut comprendre qu’ici on est en résistance contre le CAPITALISME ! Des hommes et des femmes meurent chaque jour pour lutter contre cette vermine et vous nous faites chier pour un petite transition de merde ?? Bande de montres.

Pardon je m’emporte. Donc. Nos trois compères vont-ils enfin arrêter le dangereux PLSeur? Quel rapport entre les meurtres et la drogue Dragibus ? Que fait Bénédicte Johnson ? Vont ils se prendre des cailloux sur la tête ? Vais-je survivre jusqu’à la fin de cette histoire ? Y a t il des boulettes à midi ? Y a t il un sens à tout cela ? Les œuvres d’art sont-elles la représentation d’une belle chose ou la belle représentation d’une chose ?

Vous le saurez peut-être dans le prochain épisode ou celui d’après ou d’encore un peu après, si les auteures n’ont pas la flemme, que les étoiles sont convenablement alignées par rapport à Saturne et que la météo est clémente.
FIN

Démonis, Chapitre 2

Chapitre II: Des difficultés de la possession

Oui maman, je ferais la vaisselle, mais il faut que je travaille là, nan mais ho dis donc.

Hum hum.

Je vous disais donc: avant que notre très chère amie ne fasse une entrée… remarquée dans la salle de classe, il s’est passé bien des choses. Le démon dont nous parlons ici et l’un des descendants de Lucifer lui-même, et probablement l’un des plus mauvais démons qui aient jamais été créés. Le diable lui même n’avait jamais rien vu d’aussi désastreux, et le pire, c’est que le pauvre démon ne s’en rendait pas même compte. Il n’était pas particulièrement bête, ni mal-formé (selon les critères de son espèce, attention si vous lui ressemblez faites nous le plaisir de consulter un médecin), mais il y avait quelque chose qui n’allait pas chez lui, et personne n’avait su mettre le doigt, la patte ou l’appendice dessus. Beaucoup supposaient que le fameux accident qui avait eut lieu pendant son enfance (c’est à dire le moment ou le bébé démon était malencontreusement tomber dans le gouffre des enfers, et après avoir traversé dans lacs de laves avait fini dans un bénitier) en était la cause, mais personne n’en avait la preuve, ni même celle qui aurait pour prouver l’accident en lui même.

Les habitants de l’enfer n’en pouvaient plus de lui, et les pauvres âmes damnées ne cessaient de déposer recours et pétitions pour le faire expulser: elle étaient déjà condamnées à une souffrance éternelle, personne n’avait le droit de leur rajouter une épreuve aussi terrible que de supporter ce démon là. Il y a des choses qui ne se font pas, tout de même. Certaines, de désespoir, se suicidèrent avec tellement de bonne volonté qu’on leur accorda de rester mortes le temps que l’affaire soit réglée. On le renvoya donc à coup de pied, sabot, fourche ou autre objets contondant passant sous la main des pauvres créatures qui avaient du supporter sa présence, et on l’envoya sur Terre, en espérant que le humains trouveraient une solution ou au moins limiteraient les dégâts; ou le tueraient, ou l’enfermeraient quelque part.

Seulement les différentes forces divines et démoniaques qui s’étaient entendues là dessus avaient oublié une chose importante: les humains faisaient toujours n’importe quoi, et particulièrement le contraire de se qu’on leur demandait. C’était chez eux une discipline olympique et le résultat d’un sens de l’honneur aigu, transmis de générations et générations depuis qu’Adam à fit un doigt d’honneur au bon Dieu pour une tartelette à la pomme. Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir des tartelettes à la pomme.

Ainsi, après un premier mouvement de panique, les humains n’avaient pas du tout cherché de solution à la présence nouvelle du mal incarné sur leur territoire. Après avoir fait brûler quelques uns des leurs pour des raisons que personne, même moi, même eux, ne saurait expliquer, ils avaient déclaré que l’existence d’une telle créature était impossible étant donné qu’il dérogait aux règles naturelles et étaient retournés vaquer à leurs occupations.

Ce qui occasionna, vous vous en doutez, un face-palm généralisé, celui de Dieu provoquant malheureusement un tempête solaire qui eut elle même pour effet un certain nombre d’accidents et des centaines de milliers de morts. « Oups », dit Dieu, enfin selon les journalistes présents à ce moment auprès du Divin Vioque.

Le pauvre démon s’égosilla en vain, déclarant qu’il allait détruire l’espèce et prendre le contrôle de l’univers, tous l’ignorèrent superbement, avec d’autant plus de facilité qu’il avait naturellement une voix de fausset à faire rougir un chanteur pour ces demoiselles et damoiseaux prépubères, et qu’il avait déjà du mal à prendre le contrôle de ses propres membres.

Alors, au désespoir, le démon tenta de faire ce qu’on lui avait appris à faire face à un humain récalcitrant (ou non selon le caractère du démon ): le posséder. Mais la chose n’était pas si simple.

Il tenta d‘abord sur un roi, mais il ne savait pas gouverné, enchaîna bourdes après bourdes, et finit par se faire guillotiner, comme ça, par accident, sans même réaliser ce qu’il se passait. Alors, il décida ne ne pas retenter la chose pour un bon bout de temps, nan mais ho, il voulait bien faire des efforts, mais la guillotine c’était un peu beaucoup quand même il ne fallait pas exagérer.

Le bon bout temps en question fut une pose de quelques siècles pendant lesquels le démon s’ennuya mortellement, mais le reste des créatures de l’univers dansa la zumba de soulagement. Il décida donc finalement de retenter sa chance, au grand désespoir de Lucifer, qui sentait que son sang allait encore le déshonorer. Il avait une réputation à tenir, tout de même, et ce n’était pas ce rejeton là qui allait l’y aider.

Il faut savoir que tout ces échec n’avaient en aucun cas entamés l’assurance du démon, pour lui leur seule explication était la qualité divine de l’homme, et l’incompétence de ses instructeurs en matière de Possession (aucune de ces deux affirmations n’étaient évidemment vrai, les humains étant des bactérie évoluées et ses maître d’école tout à fait compétents). Ce que, évidemment, Dieu avait toujours nié, expliquant qu’il n’y était pour rien et qu’il se déchargeait de toute responsabilité concernant ces humains décidément incompréhensibles, et déclarant qu’il avait envoyé ses meilleurs sujets en enfer (les voies du Seigneur sont impénétrables, ne cherchez pas la logique), qu’il ne s’était pas moqué du monde, enfin si un peu, mais pas sur ce plan là, de la qualité prémium, Messieurs Dames.

Il s’était donc glissé dans une ruelle et avait attaqué…

Une petite fille.

Oui les démons n’ont aucune décence. Enfin celui-là tout particulièrement.

Seulement les humains ne se laissent pas marcher sur les pieds _ou plutôt sur leurs âmes_ si facilement.

Revenons donc au moment où il s’approche de cette enfant. Je vous prie d’ailleurs de noter le suspense insoutenable de ce chapitre, et la qualité surhumaine de mes capacités de conteur. Je suis en train de rater le goûter pour vous tout de même. En plus, il y a des crêpes. Quel sacrifice! Je me sent martyr tout à coup.

Il entre donc dans l’esprit de la jeune fille. C’est un processus très douloureux. Il a mal, elle a mal, il le sent, il s’en fiche, premièrement parce que c’est un démon, et secondement parce qu’il n’a probablement pas assez de neurones actifs pour prendre cette donnée en compte en plus du reste. Il lui faut trouver le tableau de commande. Il y arrive enfin, et bon sang qui sont ces jeunes garçons accrochés sur tout les murs?

Il tire un fil, le genoux se soulève. Bien. Puis, il en tire un autre, qui provoque un mouvement peu naturel de la tête de la jeune fille. Eh merde, pense-t-il. Il tente d’autre fils, mais rien n’y fait, il n’arrive pas à se lever, il tombe, se contorsionne, fait des cabrioles dont même les démons des films d’exorcisme lui enviraient (car en effet tout ces films sont vrai, c’est bien connu. Ha et si vous vous posez la question, Obama est vraiment un lézard géant venu de l’espace. Mais de rien.). Il soupire.

Le corps de la jeune fille se met donc à ramper sur les pavés, comme une chenille, de la manière la plus ridicule et la moins honorifique qui soit, se traînant dans les flaques d’eau jusqu’à l’endroit où elle habitait. Son maquillage avait coulé si bien qu’on ne reconnaissait presque plus son visage, et le Démon avait décidément du mal à contrôler sa glande salivaire. Un gros escargot, oui c’est cela.

Le corps de la jeune fille leva donc mollement le bras et atteignit la poignée du bout des doigts. La tentative d’ouverture de cette porte fut le plus grand et humiliant échec qu’il ait jamais vécu, enfin de son point de vue. Nous remercierons donc le lecteur de ne pas le répéter. Il ne faut pas attaquer les… choses déjà à terre.

Il rampa par terre, posant ses bras et jambes où il le pouvait, et poussant en avant. Par chance pour lui, l’appartement de la jeune fille était au rez-de-chaussée et n’avait pas d’escaliers. Les escaliers étaient son pire ennemi depuis le célèbre accident de 1338, où, trébuchant dans l’un deux, il avait poussé dans les feux de l’enfer la belle qui lui était promise, qui le fut bien moins après un petit séjour dans la lave. Mais la vrai question était: qui avait étét assez désespéré et aveugle pour lui promettre un être humain, ou un animal, ou même un vase en porcelaine, car il est bien connu que toutes ces choses ont une âme de même importance et qu’il faut en prendre un soin tout de même.

Une fois arrivé dans la chambre de la jeune fille, il poussa la porte d’un coup de pieds et resta par terre, essoufflé.

Mais…?

Oh non, elle est réveillée.

Qu’est-ce que…

Et elle va pas aimer ça…

Elle t’entends, sale…

Hey, c’est pas de ma faute! J’ai pris une douche ce matin, contrairement à certaines.

Aidez-moi.

A qui tu parles?

Au lecteur.

C’est pas bien de briser le quatrième mur comme ça tu sais.

C’est pas bien de donner des envies suicidaire aux gens avec des balgue aussi mauvaises. Et le quatrième mur c’est au cinéma. Et puis t’es qui?

Oh mais c’est qu’elle me prends de haut. Tu vas voir!

Non att…

Il balance le bras et se frappe au visage (je désespère parfois).

Il pousse un petit gémissement de douleur.

Mais tu es bête ou quoi?

Une bête plus précisément.

Ils levèrent les yeux au ciel

Attend c’est toi qui viens de faire ça?

Heu… oui.

D’où t’as un contrôle sur ton corps là maintenant toute suite?

Bah heu…

Silence! Va dans le fond du cerveau, fillette!

Alors déjà je suis presque adulte, et en plus je t’ai pas demandé de me posséder.

Bah personne ne s’en rendra compte, c’est pas comme si ta vie était hyper intéressante juste là.

Elle se mit à bouder, le laissant seul.

Il réfléchit. Enfin il essaye, parce que réfléchir n’est vraiment pas son fort. Je crois même que de la fumée sort de ses oreilles. Attendez, je prends mes lunettes. Oui, c’est bien de la fumée, et je peut même vous dire qu’elle a une légère couleur jaunâtre. C’est…répugnant.

Le véritable question est: Mais est-ce qu’il est doué à quelque chose, ce pauvre être? Et si non, pourquoi diable est-ce que je raconte son histoire? (Haha, vous avez vu la blague, je suis drôle n’est-ce pas? Quoi, je l’ai déjà faite dans le premier chapitre? Vous n’avez aucune preuve. Chut.)

La réponse se situe dans la chasse des hérissons albinos dans les steppes de la Mongolie orientale. Bonne chance, et salut, j’ai aqua-poney et je suis en retard. Oui, j’ai aqua-poney. C’est une activité très ludique, vous savez. Ça permet de bien se garder en forme. Mon beau-père ne faisais pas beaucoup de sport, et quand in est rentré à la maison, ma grand-tante l’a mis immédiatement au régime, c’est que ça m’était sa santé en danger, au pauvre homme. C’est un gêne qui court dans la famille, ou on est fins comme des brindilles (il n’y a qu’à voir les peintures de moi quand j’étais encore au pays), ou on fini par jouer des monstre dans GostBuster. Quoi vous-vous en fichez? Bon d’accord d’accord, j’y vais c’est bon j’ai compris.

Ascendieu- LIVRE I- Chapitre 3

CHAPITE 3 : De la beauté d’être un fantôme et de la difficulté évidente de ne pas en être un, en quatre parties, thèse antithèse synthèse prothèse, par Monsieur Frédéric Gouniafié, professeur plus ou moins renommé à l’institut qui a plus ou moins un nom.

 

Frédéric Gouniafié sortit de sa salle de cours sûr de lui : cette fois-ci ses élèves avaient enfin compris son cours. Non pas que ses enseignements soient ennuyeux : ils avaient toujours été d’excellente qualité, et intéressaient beaucoup de monde (du moins d’après lui). Il se retourna pour saluer ses élèves sans vraiment regarder avant de partir.

*Le narrateur se permet de préciser que la salle était vide.*

Il venait de recevoir une lettre, arrivée depuis le Bureau Des Trucs Étranges Et Mystérieux Que Le Gouvernement Veut Voir Disparaître, bureau très officiel où il avait ses entrées depuis qu’il avait réussi à y amener du café buvable, brisant ainsi une malédiction qui durant depuis plus de trois siècles et qui sévit malheureusement encore et toujours dans bien des établissements publics.

Il se dirigea donc au 42 Rue Street et entra dans un immeuble ? Je crois ? *regarde le script*

“L’immeuble” donc possédait un nombre d’étage hallucinant, presque un record du monde, donc au nombre de 1,5, et d’un luxe qui faisait pleurer, principalement à cause du goût des habitants pour les tissus en léopard rose bonbon, et pour les rideaux en pelures d’oignon. Il salua le gardien au passage, qui n’existait pas, et prit l’ascenseur, qu’ici le Dieu Suprême avait divisé en quartiers pour s’adapter à l’architecture des lieux. Oui, en bref, c’était un monte-charge. Un très joli monte-charge cela dit. Avec des autocollants et tout. Et même l’autographe de Chuck Norris, avec qui il avait eu une liaison torride dans sa jeunesse. En effet, un jour, dans la jungle tropicale,

Ouais mais on doit continuer l’histoire donc non allez bon donc le monte-charge oui *regarde ses notes* le conduisit au septième demi de l’étage, et tomba en panne, parce que voilà.

Cette panne demande toute fois une petite explication: en effet, Frédéric Gouniafié écrivait une thèse, le travail de toute une vie. Cette thèse portait sur la dangerosité des ascenseurs et comment ils veulent prendre le contrôle et dominer l’espèce humaine, avec les preuves de leurs forfait et un schéma de leur plan pour dominer le monde. Thèse qui, évidemment, n’avait pas plu au Syndicat Des Ascenseurs D’immeubles Radicaux qui en avait informé l’Ascendieu. Celui-ci avait pris le parti de ne pas prendre de mesures, mais la plupart des ascenseurs gardaient un grief assez prononcé contre ce gouniafié de Gouniafié. Et ce grief se manifestait très régulièrement. A chaque fois qu’il s’approchait de l’un d’eux, en fait. Chaque fermeture au nez, chaque déréglage d’ascenseur, quand il n’est pas provoqué par le réparateur, (NESSEPA) est fait parce qu’un Frédéric Gouniafié traîne aux environs. Vous pouvez lui envoyer des lettres de réclamation, évidemment.

Le monte-charge dans lequel il était a souhaité garder l’anonymat. Nous l’appelleront ainsi Bernard. C’était le dernier descendant d’un grande et riche famille d’Ascenseurs aristocrates, il mettait donc un point d’orgue à garder son honneur et à protester contre la présence de l’infâme. Ainsi, quand l’occasion s’est présentée de faire valoir son patronyme, il n’a pas hésité. Il est un modèle pour les ascenseurs, monte-charge, nacelles, et autres appareils menant aux autres étages. Il recevra d’ailleurs le Bouton d’Honneur des mains mêmes de l’Ascendieu dans peu de temps, et nous lui enjoignons nos félicitations.

Cela étant, après être resté coincé avec notre ami Bernard, qui ne pouvant plus supporter sa présence avait fini par céder au bout de deux bonnes heures de lutte, il débarqua dans le bureau du maître du bureau, c’est dire à quel point ces bureaucrates aiment les bureaux, bureauception en quelque sorte, et déposa devant lui un papier, avec un air fier et vainqueur, avant de s’incliner dans une courbette cérémonieuse (il était comme ça, Frédéric, toujours à en faire des caisses (et à en lâcher à l’occasion (mais cela ne nous regarde pas))). Le directeur leva les yeux d’un air fatigué. Il était à présent 23h et c’était la troisième visite de Gouniafié de la journée. Par ailleurs, il avait des ascenseurs dans sa famille et supportait mal l’ascenscophobie de cet homme. Malheureusement il était difficile de faire face à une telle médiocrité. Il prit donc le papier d’un air résigné, et le lut. Il y avait marqué:

 

bjr c un mésage ainphiltré de G zu, gesa V pa coman aparètre den se chapitr autremen. bisoo.

      -G zu.

 

 

Tandis que le directeur levait un regard dubitatif sur Gouniafié, celui-ci ce lança dans un discours avec tout l’éloquence dont il était capable, c’est à dire aussi clairement qu’une petite vieille sans dentier:

– J’ai fait des recherches ! L’adresse d’où vient cette lettre n’existe pas, et pourtant l’immeuble est bien présent, je l’ai vu sur gogole map. Et il y a eut des morts. Tous retrouvés dans… L’ESCALIER. C’est un complot de l’Ascenseur. J’en suis certain, il y a des choses qui se trament, des choses peu nettes et pas très catholiques. Je sens que chaque brique, chaque poulie, chaque miroir, chaque bout de plastique, chaque porte, chaque sachet de thé Amparon™, chaque tarte qui sent bon tout juste sortie du four par le gardien de l’immeuble délicieusement enrobée de caramel fondant, EST MÔÔÔDIT !!! VOUS M’ENTENDEZ, MAUDIT !

A ces mots, il se redressa, frappa le bureau, le rata, se prit les pieds dans le tapis, trébucha et se releva tout de suite après avec la vivacité d’un personnage de cartoon, mais sans sa dignité. Le directeur haussa un sourcil, avant de laisser échapper un grognement de douleur et frotter le sourcil en question. Frédéric avait toujours mis son arcade sourcilière à l’épreuve.

– OUI je vous entends, je penses même que l’intégralité de l’étage de cet immeuble vous a entendu.

En effet tout les fonctionnaires s’étaient retourné et observaient la scène avec attention, certains avaient même sorti leurs smartphones et filmaient la scène espérant pouvoir la vendre aux Russes, car qui sait ce qui intéresse les Russes.

– Je ne peux pas vous donner d’allocation, repris t il, et le budget qui vous sera alloué est de 100 euros…

On entendit un grincement au niveau du monte-charge.

– 10 euros, donc. Je ne vous dis pas bonne chance, il paraît que ça porte malheur aux comédiens. Remettez le tapis en sortant s’il vous plaît.

Frédéric prit son argent, partit avec une démarche de canard très… voilà… et s’apprêta à monter sur le monte-charge, il vit alors qu’il s’était entretemps fabriqué un système de paiement qui exigeait 10 euros pour chaque descente ou montée. Il pleura longtemps. Puis il se rappela l’horreur de cette engeance, et décida de prendre l’escalier, beaucoup plus sûr. Il avait en effet toujours avec lui un petit escabeau de sac qui l’empêchait d’être frappé par la malédiction des escaliers. Mais il se rappela qu’il n’y avait pas d’escalier, alors il se résolut à SAUTER PAR LA FENÊTRE (EH OUAIS MA COUILLE (ON EST DES GENS VIOLENTS NOUS)).

Le narrateur précise que la dite couille n’a jamais répondu à cette altercation de plus en plus profonde, insoutenable et injustifiée de violence, déclarant qu’il fallait parler à son avocat ou à son agent, et qu’elle engagerait des poursuites judiciaires contre X.

 

Après un atterrissage très maîtrisé, parce qu’il se trouve qu’un gars passait par là pour aller prendre du pain (nos condoléances à la famille), Frédéric s’en alla affronter le mal avec sa petite redingote et ses dix euros. Il était métal, Frédéric.

Il arriva donc devant l’immense et majestueux immeuble de l’Ascendieu en ce 16 janvier ma foi fort grêleux (ouais le temps passe vite dans cette histoire). Sans se dégonfler face à l’aura qui entourait ce HLM hors du commun, il en poussa les portes et se dirigea d’un pas assuré et couinant en direction de Ses portes. Étrangement, nulle réaction ne vint de la part de l’Ascendieu. Frédéric inspira, et eut un sourire satisfait, se sentant pousser un orgueil triomphant face à ce qu’il prenait pour une victoire sur Lui. C’est dire s’il était con le mec.

Il poussa donc le bouton étrangement rouge, et attendit. Quelque chose clochait. La musique… Elle était insupportable.

– Cool n’est-ce pas?

Il sursauta. A côté de lui se tenait un hippie qui fumait quelque chose de probablement fortement illégal, en souriant d’un air satisfait, presque béat. Il augmenta le volume.

 

Aime moi hé hé

Pourquoi tu m’aime paaaaas? Hohhoooo haaa muuuhhhh

M’aimer c’est bien aahahahah

Je regarde mon téléphohohoooone et tu ne m’appèle paaaaaaahhhAAAAAHHHHHH

je trouve ça triste

alors je pleure des larrrrrrmes

et c’est triiiisteuuuuuh…

 

Ne pouvant plus supporter ces paroles d’une profondeur aussi abyssale que son propre cerveau, il se mit à hurler, bourrina tous les boutons, pour enfin sortir en trombe de l’Ascenceur, qui était finalement redescendu sans lui demander son avis.

Le hippie fit un check à l’Ascendieu, puis réappuya sur le bouton. Les portes se refermèrent enfin sur cette musique terrible que même le démon a banni de ses appartements de la région ouest des enfers, près de la mer des suppliciés, avec vue sur le Grand Barbecue.

Frédéric sortit en trombe de l’immeuble, paniqué, et fini par entrer dans quelqu’un (sans sous entendus évidemment). En tombant, cette personne fit un bruit de… cailloux. En baissant les yeux, notre cher professeur thèseux constata qu’en effet quelques graviers s’étaient échappés des poches de la personne au cours de sa chute. Sans prêter attention à lui, le gars aux cailloux ramassa son lot et jeta un regard qui traversa les murs jusqu’à la porte d’Ascendieu. Elle était close. Ce constat le fit se mordre les lèvres.

– Mince, je l’ai loupé… Vous pourriez faire attention, mince !

Puis Marcoius le détailla (le caillouteux s’appelait en effet Marco, et rajoutait -ius à cause de sa profession), et constata qu’il ne le connaissait pas.

– Ooooooh, un spectateur !

Car pour tout bon intermittent du spectacle, un gars random croisé dans la rue était un spectateur.

 

*Le narrateur vous prie d’excuser cette insulte, Marcoius état en effet un véritable mage, et renommé par dessus le marché. Enfin, d’une renommée qui allait de l’immeuble à la cuisine de sa très chère mère. Mais il en était très fier, ainsi éviterons-nous de piquer son ego. On a besoin de lui pour le scénario. Et puis sa maman n’était pas une personne qui avait l’admiration facile, après tout. Elle ne l’avait jusque là accordée qu’à Michèle Drucner et l’Ascendieu, évidemment.*

 

Les capacités de Marcoius étaient tout à fait admirables, du moins de son point de vue. Il était capable de mettre un grand nombre d’objets dans ses manches pour ses tours de magie. Si ses tours étaient tous lamentables, on pouvait néanmoins saluer le gabarit de ses vêtements. C’est ce que ses professeurs de magie mettaient comme appréciation sur ses bulletins scolaires.

Mais il avait maintenant un nouveau but, comme il l’indiquait effectivement à notre pauvre Gouniafié, qui restait de marbre, la bouche grande ouverte, tel un homme lambda devant un buffet. Son but, sa quête, son objectif, que dis-je son Graal, était à ce moment-là d’improviser un spectacle pour Frédéric. Il l’avait cherché, aussi, en lui demandant son son identité. Il y a des choses à ne pas faire avec les mages, c’est de connaissance commune:

– Je suis Marcius Lardanum Archnamargandirium, Archimage des Secteurs Éthérés, Maîtres des Potions de soûlerie, Grand Inventeur de l’eau iofilisée, et surtout alchimiste de mon métier. Je suis présentement en plein travail sur ma nouvelle découverte (il lui montra une sacoche pleine de cailloux.) La Pierre Phi-Lo-So-Phale. (on sentait les majuscules dans sa voix.)

– Oui oui mais…

– Surtout, ne vous méprenez pas, ce n’est pas un secteur facile, que la recherche de pierres magiques. En effet, voilà bien dix ans que je la cherche, et je n’ai toujours pas trouvé une piste !

– Mais.. où la cherchez vous exactement?

Le mage fit une grand geste du bras et désigna l’esplanade, où on avait visiblement retourné une grande partie du sol de graviers. Gouniafié resta un instant sans comprendre, ce qui instaura un silence gênant où aucun des deux protagonistes ne bougea, tout deux contemplant d’un air passionné les graviers, tandis que des passant effectuaient leur métier, c’est-à-dire de passer tout en jugeant à grands coups de regards furtifs tout ce qui les entourait. On entendit un corbeau croasser, le pauvre animal étant interrompu dans son repas par la gêne ambiante, littéralement palpable.

– Ah eh bien très bien. C’est rès bien ttout cela. Très très… bien. Je suis moi-même dans une quête, dit-il en reprenant son éloquence habituelle, aussi maîtrisée qu’une acrobatie sur le point de faire valoir un Darwin award amplement mérité. Voyez-vous, je dirais même que je suis absorbé dans une lutte exceptionnelle contre toute une génération !

– Et donc, repris le mage qui ne l’avait pas écouté une seule seconde, je viens de trouver une technique révolutionnaire pour chercher la Pierre : le tamis. Seulement voilà, je n’en ai pas, alors je dois faire avec les moyens du bord. Je mets les cailloux dans ma bouche et je recrache tout, d’abord que les plus petits, puis les plus gros, qui sont beaucoup plus susceptibles d’être la Pierre…

Devant eux, un chien urina sur les graviers. Un nouveau silence gêné s’installa.

– Certes certes…

– Voilà…

– C’est à dire que…

–Oui tout à fait…

– N’est-ce pas.

– Umhuh.

– mmmh.

-Bien bien bien.

– Bon je vous laisse je, j’ai piscine.

Et sur ces paroles profondes, les deux hommes se séparèrent sans un regard.

Le narrateur tient à vous préciser, si ça peut vous rassurer, que Marcoius n’était pas si loin du but, qu’il n’atteindrait jamais par ailleurs, étant donné que la pierre était sa molaire du fond depuis le premier jour de ses recherches, à gauche. L’intégralité de ses dents étaient en effet devenues des cailloux depuis qu’il avait entrepris sa quête, étant donné que les aliments qu’il consommait s’étaient eux-mêmes réduits en divers types de gravats, qui feraient la plus grande joie d’un géologue..

Pendant ce temps, Alfred faisait des trucs de dandy dark et séduisant. C’est -à-dire lire sensuellement des romans du dix neuvième siècle tout en buvant du thé de manière mystérieuse.

 

Pendant ce temps, dans l’Ascendieu, on pouvait entendre les derniers succès français.

Pendant ce temps, le bouton du dernier étage continuait de rougir.

Pendant ce temps, le gardien des caméras continuait à s’interroger sur le tableau de commandes, qui contenait 42 boutons en fonction, et dont l’un des écrans ne cessait d’afficher “et c’est pour cela qu’il faut détruire Carthage”. Le gardien supposait qu’il s’agissait d’une private joke entre le tableau de commandes et l’Ascendieu. C’était extrêmement frustrant d’être confronté aux private jokes. Il se mit à s’interroger sur les private jokes, puis sur le sens de ce qui est privé, sur la légitimité de la propriété privée et des restrictions en général, surtout en ce qui concerne la mémoire et les blagues, parce que ce n’est quand même pas gentil de priver ses petits camarades de blagues après tout, puis il se demanda à quoi servent les petits camarades et questionna la justification du terme “petits” devant “petits camarades”, et ça dura des plombes.

Pendant ce temps, le temps passait.

Pendant ce temps, G ZU fumait un pétard au dernier étage, tout  en écrivant sur des petits bouts de papiers et en les lançant plus ou moins aléatoirement sur les différents habitants de l’immeuble, tel un ninja.

Pendant ce temps, moi-même, narrateur, me demandait si ma femme avait fait des boulettes de viande ce soir, et si le nouveau stagiaire n’avait pas le plus beau postérieur que j’aie jamais vu de ma vie.

FIN

Chapitre I: Introduction

 

 

Elle avance dans la nuit, rasant les murs, tremblante.

Elle ne devrait pas être là.

Les maisons se dressent autour d’elle, pesantes. Elle resserre son châle sur ses épaules. Elle tremble de peur.

La pauvre.

Elle regarde tout autour d’elle à présent. Elle est moins bête qu’elle n’en a l’air. Elle a senti.

Pourtant je ne lui veux pas de mal, à elle.

Du moins pas à elle en particulier.

Je la trouve mignonne, petite souris. Je me demande pourquoi elle est dehors à cette heure ci . Une jeune fille bien élevée se doit de rentrer chez elle avant neuf heures du soir, être toujours belle et faire ses prières chaque jour. Allons.

Jolie, ça elle l’est. Dans le genre commun toutefois. Ennuyeux. Elle a les cheveux cendrés, les yeux marrons. Populaire. Elle se mariera avec son amour de lycée, aura deux chiards et ressemblera à sa mère.

Hà la la . Heureusement que je suis là. Cela fait plusieurs jours que je l’observe. Quel enfer elle doit vivre! Cette fille a autant d’amusement dans sa vie quotidienne qu’une huître morte. Et je connais mon sujet. J’ai tenté d’en être une, un jour… Un huître, s’entend.

Je m’avance.

Elle hurle.

J’ai mal à la tête. Je sais bien que voir le démon sortir de l’ombre d’une ruelle comme ça, pif paf pouf l’enfer sur terre devant les yeux n’est pas une chose plaisante, mais enfin, un peu de tenue, que diable!

Je suis réellement fier de cette blague, alors je m’arrête pour la noter.

Je soupire de contentement.

Elle hurle de plus belle. Ah oui, c’est vrai, les râlement rauques qui viennent d’une monstruosité tentaculaire couverte de sang peuvent impressionner la gent humaine.

Mais enfin, c’est elle qui m’a appelé! C’est vrai, quoi, elle exagère tout de même, de me faire déplacer de loin, comme ça, pour me réserver un si terrible accueil. De mon temps, on sacrifiait une vierge dans un temple d’or et d’ivoire, au milieu d’une orgie, en guise de bienvenue. Je  n‘ai d’ailleurs jamais compris d’où les humains avaient sorti cette idée, mais enfin. Ah les jeunes, je vous jure!

Alors, je me penche sur elle, qui est tombée à terre. Elle se met à prier. Mais pourquoi prient-ils tous dans cette situation? Qu’est-ce que Dieu peut bien avoir à faire là-dedans? En plus, c’est sûrement son jour de congé. Et il n’aime pas être dérangé pendant son congé, surtout depuis qu’il a la wifi.

Je n’ai plus qu’à tenter une possession, mais les cris de la jeune fille me mettent une telle migraine.

Ah là là…

 

Le réveil sonne.  Elle lui donne un grand coup de poing, qui le fait valser à l’autre bout de la pièce. Elle se lève. Il fait encore nuit, dehors.

Elle descend les escaliers en silence, s’assoit à la tale de la cuisine. Elle se sent déjà fatiguée. Sa mère et son père descendent quelques minutes plus tard. On met la table, pour le petit déjeuner.

Sa mère lui colle un bisous bruyant sur la joue, son père lui ébouriffe  les cheveux, et ils s’assoient tout deux à leur place habituelle, prennent le même repas que tous les jours et parlent des mêmes chose que tous les matins ( c’est-à-dire de l’emploi du temps de la journée, des courses a faire, de la météo et du dernier ragot sur Mme Sarzall, la voisine, qui invitait étrangement beaucoup de monde dans sa maison, surtout le soir, et déguisés d’étrange tenues de cuir si possible, enfin bref tout un tas de choses qui ne sortent pas vraiment de l’ordinaire).

Puis, elle se lève, part  à la salle de bain s’habiller, attrape son sac et sort. Comme toujours, elle est en avance pour son bus (elle était en effet réputée pour sa ponctualité qui s’approchait de l’obsession, à tel point que toutes les montres du quartier étaient réglées sur ses passages.)

Cette jeune fille, prénommée Hélène Eve Lidia Lubarun, a pour passion ce que toutes les autres jeunes filles ont pour passion. Elle s’habille comme les autres, se tient comme les autres, rêve de garçons et de magie comme les autres. Elle est une copie conforme, à la plus grande joie de ses parents. Elle a beaucoup d’amis, sans qu’aucun ne lui soit particulièrement proche, et occupe son temps a lire des choses et d’autres, sans même prêter attention aux informations qu’elle emmagasine. Elle n’avait ni volonté, ni désirs, et n’avais probablement aucune idée de comment en avoir.

Elle attend le bus, les jambes croisées avec élégance, du moins autant d’élégance que lui permettent le poids de son sac et la forme improbable du dit banc. C’est a dire avec la l’élégance d’une huître morte depuis quelques années et laissée seule et solitaire au fond d’un frigo. Il y a beaucoup d’huîtres dans ce monde, et toutes ne sont pas accro au Nécromoticon, je te vois venir avec tes théories bizarres, lecteur. Bref, l’intention y était.

Le bus s’arrête, et elle descend, prenant soin de ne croiser le regard de personne. Elle entre dans le lycée, sans regarder personne, et elle s’assoit a sa table habituelle dans la salle attribuée, comme d’habitude. Ses geste étaient presque mécaniques . Non, en fait ils l’étaient totalement, à tel point que l’on pourrait donner l’algorithme de sa vie en guise de problème pour CP. Oui, hier elle avait acheté 20 melons, qui êtes-vous pour juger. Roh.

Les autres élèves entrent, certains la saluent, d’autres viennent lui parler, des mêmes choses que chaque jour . Le rituel du matin était presque achevé, lorsqu’Elle entra (notez la majuscule pour l’effet dramatique je vous prie)

Marjorie n’avait jamais été bien différente d’Hélène (sans blague). Plus sage que toutes les autres filles, elle avait pour habitude de s’habiller des pieds à la tête, de se faire le plus discrète possible. Elle était une ombre que l’ont voyait passer dans les couloirs, pâle, absente.

Mais la créature qui entra ce jour là dans le salle de classe était toute différente. Déjà parce que le narrateur et le personnage principal l’ont remarquée. C’est une preuve ma foi assez fiable.

Les cheveux châtains de la jeune fille étaient lâchés en une crinière qui descendait jusqu’à ses reins, découverts par un T-shirt visiblement trop court, à l’effigie d’un groupe de jazz fort éloigné des goûts ordinaires de la jeune fille.

Mais c’est surtout sa démarche qui attira le regard d’Hélène, et de toute la classe par ailleurs. Elle semblait… gracieuse. Comme si chacun de ses geste avait pour but quelque chose de plus grand que ce  quoi ils étaient destinés. Son dos était droit, mais sans forcer. Elle avait perdu cette rigidité qui la définissait quelques jours auparavant.

Hélène resta bouche bée. Elle n’avait jamais vu quelqu’un rayonner de cette manière. Elle n’arrivait juste pas a détourner les yeux. Marjorie semblait… heureuse. Mais pas de la même manière que le commun des mortels. C’était inexplicable. Et terriblement sexy.

Marjorie se retourna soudain, et bloqua son son regard dans celui d’Hélène. Une vague de chaleur envahit la jeune fille. Ce regard aurait pu réchauffer un iceberg en perdition ( et probablement sauver le Titanic a une époque, mais ce qui est fait est fait).

Marjorie sourit, puis se retourna vers le tableau.

Un frisson parcourut l’échine d’Hélène.

 

Laissons donc les jeune filles à leurs circonvolutions.

En effet, entre la première scène, où nous avons pris le soin de rentrer dans la tête du démon, ce qui n’est pas très difficile étant donné qu’elle est relativement vide, et cette entrée fracassant d’une jeune fille ma foi fort intéressante, ils s’est passé quelques jours. Mais que c’est il passé? Ne soyez pas si pressés bande de margoulins, je vais vous le dire.

Mais ce dans un prochain épisode, il est tard et maman m’appelle pour dîner, c’est boulettes ce soir vous comprenez.

Et puis ça fait du drama.

J’aime le drama.