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Ascendieu- Livre I- CHAPITRE 8

ASCENDIEU, CHAPITRE VIII :

Enquête, Johnson, dragibus, ou comment ne rien accomplir mais de manière épique

 

Ils attendirent un bon moment sur le pas de la porte, un peu perdus. En effet, la résolution de notre très cher Fléau avait beaucoup de classe, mais il fallait que l’information de la rencontre de G-Zu, accompagnés d’un mage mangeur de cailloux et vraisemblablement immortel, non seulement parce qu’il survivait à leur ingestion, mais aussi parce qu’il les dévorait littéralement grâce à la pierre philosophale, remonte dans leurs cerveaux (toujours embrumés) respectifs et s’y fasse une petite place.

Fléau réfléchissait, ce qui était aussi rare qu’inutile. Il n’était pas doué pour réfléchir à qui étaient les méchants, seulement à les attraper. D’habitude, il y avait quelque chose qui l’aidait, même s’il ne se souvenait jamais quoi. Sans doute des micros détails que son cerveau brillant captait et exploitait à son insu (AHAHAHAHAH (non)).

Le cerveau brillant, qui contrairement à ce qu’il pensait ne lui appartenait pas, arriva en courant de l’autre bout du couloir, sous la forme d’un Johnson tout essoufflé, répandant sur sa route quelques Playmobil usés :

– J’ai visualisé toutes les vidéos de surveillance de l’Immeuble du jour du meurtre, et je sais qui est le coupable !

-Mais non, Johnson, c’est impossible, je n’ai pas eu l’idée d’aller visionner ces vidéos, tu n’as pas pu les voir.

-Mais Monsieur…

Fléau lui posa un doigt sur les lèvres, l’y écrasa en faisant de petits cercles tout en poussant un petit “chuuuuuuuuuuuuuuuu” continu. Il se retourna vers Pontidiscaffol avec un grand sourire.

-J’ai une idée ! Et si nous allions voir les caméras de surveillance de l’Immeuble ?

-Mais Fléau, lui susurra tendrement Marek avec un air vaguement circonspect, n’a-t-on pas déjà découvert qui était le criminel?

-…

-…

-OUI, mais il faut V-É-R-I-F-I-E-R. voilà.

-Mais…

Pontidiscaffol reçut à son tour une bonne vieille séance de “chuuuuuuuuuuuuuuuu” dont Fléau avait décidément le secret, puis ils rappelèrent Ascendieu, ou plutôt Ascendieu se rappela à eux puisqu’Il ne prend d’ordre de personne, et il les emmena de nouveau en bas, après les avoir emmené en haut suite à leur fuite brutale d’en bas. J’sais, mais il ne faut pas demander de l’originalité de mouvement à un ascenseur, tout divin soit-il. Sophie la caméra fixait amoureusement son bien-aimé, avec un air inexistant puisque c’est une caméra, bande de stupides.

 

Comment ça il ne fait pas insulter le lecteur ? Je suis libre maintenant, je n’ai plus de patron, libéréééééééé délivréééééééééééé… pardon. Je m’emporte je sais. Non mais vraiment désolé, je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Quoi Martine ? On ne vous a jamais parlé parce qu’on ne donnait la réplique qu’à Germaine?

Eh bien c’est pas près de changer. Donc, Germaine… Comment ça des policiers sont à la recherche de Mr Saloupiorax et du reste de l’équipe de direction ? Ok faut rusher alors, on a une histoire à raconter boudieu. Et le café va pas se faire tout seul, Martine ! Comment ça je suis un macho qui n’a que des petites assistantes ? Tu veux que j’arrête de raconter l’histoire peut-être ? Ouais ça vaut mieux, j’vais te révolutionner la tête moi si tu continue ! Comment ça je dis tout le temps “comment ça” ? Mais c’est dans l’ère du temps, actualisez-vous un peu ! Ouais, comme une page internet.

Parfaitement.

 

Bref, (OUI ÇA AUSSI JE LE DIS TOUT LE TEMPS MAIS MON POING DANS TA JUGULAIRE ÇA SERA PEUT-ÊTRE ASSEZ ORIGINAL POUR TOI ?) Hem hem. Donc.

Le bouton se tortillait autant que son socle étroit le lui permettait, son rouge pimpant brillant dans l’Ascendieu, aussi lumineux qu’un flash moche dans une discothèque low cost. Le démon de la mauvaise musique s’était fait la malle, puisque Marcoius, Fléau et Marek avaient passé un bon moment à l’Étage Saint. En ce samedi 20 août (oui, à ce point-là), une musique digne d’une palpitante scène d’action d’un blockbuster coûtant des millions de dollars se jouait à plein volume, ce qui leur donna l’impression de combattre une armée d’orcs plutôt que de descendre au rez-de-chaussée, celle d’être confronté à l’adversaire le plus sombre et le plus diabolique, se rendant tel un groupe de trois cent hommes dont on ne citera pas les noms ni les origines vers une mort certaine, mais stylée et pétée comme il faut sa race. Mais avec moins de muscles.

Ils arrivèrent bien vite devant l’antre du Gardien, dont la porte était envahie par des affiches toutes plus étonnantes les unes que les autres (la foule pousse un cri choqué), et par la végétation, car le Gardien était tellement occupé à ses oracles qu’il en oubliait d’entretenir sa porte (ne vous posez pas de questions). Ils ouvrirent après avoir lu deux lignes qui suffirent à faire siffler leurs ouïes, puisqu’elle ne comportaient aucun verbe et aucun mot descendant au-dessous de trois syllabes. Le Gardien semblait les attendre, mais il semblait toujours attendre quelqu’un, certains soupçonnaient même qu’il attende quelqu’un qui s’intéresse à ce qu’il disait. Il fixait le plafond, parfaitement de biais sur sa chaise roulante (il avait d’ailleurs écrit sur cette chaise une thèse démonstrative de son autogestion qui lui avait valu les réprimandes et les acclamations pour une telle audace qui relevait clairement d’une anarchie réprimée), massant nerveusement son épaule (toc auquel il avait consacré un paragraphe à ce jour jamais publié).

Pontidiscaffol et ses amis *tousse* entrèrent dans la pièce à pas de loup, silencieux, well sauf en ce qui concerne Marcoius, qui émettait un léger bruit de cailloux quoi qu’il fasse. De toute façon, le Gardien était bien trop absorbé dans le trou noir de ses songes infinis pour se laisser déconcentrer par Autrui. Ils purent ainsi se faufiler jusqu’aux écrans sans qu’il ne les remarque, ou plutôt sans qu’il choisisse d’accorder de l’importance aux signaux apportés du monde sensible par ses yeux. Johnson voulut prendre une initiative, Fléau lui mit un bon vieux coup de genou dans les couilles et tâta l’écran, puis, constatant qu’il ne savait pas comment allumer les mini télés, réveilla Johnson qui avait perdu connaissance, se fit expliquer comment il devait faire, l’assomma de nouveau et alluma, sous le regard admiratif de Pontidiscaffol, qui se demandait bien comment ce bel homme n’était pas déjà en prison pour coups et blessures.

-Bon alors qu’avons-nous là… marmonna Fléau en examinant la situation sur l’écran

-Là c’est les témoins de Jéhovah. Ils se sont perdus dans l’immeuble il y a bien 15 ans, on les nourrit avec les chats du quartier.

-Ici… L’homme au renard.

-Un satané bougre qui amasse sans scrupule tout ce qui croise son chemin. C’est sa philosophie, ce qu’il trouve par terre est à lui.

-Quel monstre… Et… cet homme… ma foi fort séduisant ?

-Lui ? Il a des entrées avec les gens les plus louches du coin. Alfred Taamennéleflouz, le dandy de l’immeuble. J’avoue, il est bonne. Mais il est surtout le parrain de la mafia locale. C’est un homme dangereux un…un…criminel ! Fléau, il vaudrait mieux pour nous ne jamais croiser sa route.

(Alfred passa au même moment derrière eux, fit la bise au Gardien, sirota une gorgée de son café et repartit en toute pépèritude.)

-Certes, mais il détient peut-être des informations sur ce trafic de Dragibus…

-Eh c’est raciste.

-Quoi mais pas du tout.

-Tout de suite, c’est le parrain de la mafia, alors c’est lui le responsable de tous les trucs louches. J’en parlerai à Ascendieu, de ton comportement.

-Mais Mareeeek…

-Chut. Continue.

-Bon. Là on a le bouton rouge. Il est… rouge. Et… boutonneux. C’EST DONC UN ADOLESCENT. Gardons-le à l’œil, il suffit d’une jolie fille et d’un coup d’hormones pour que ces animaux là se transforment en… REBELLES.

TANTAN

 

-Et de plus, les adolescents mangent des dragibus… cette affaire se corse, restons vigilants. Mais, pour ce qui est de le garder à l’œil, notre intermédiaire Sophie-la-caméra s’en occupe très bien.

-Bien. Et enfin, le patineur, la foule et les rhinos.

-Des réactionnaires, dit Pontidiscaffol en secouant la tête.

-Ah bon ? Ils font de la politique ?

-Non, ils… réagissent. C’est les gens qui ont des réactions quoi.

-Ah.

-Oui.

-Ah bon bah on a fait le tour.

-Oui

-Remettons les événements dans l’ordre maintenant. Tu as donc été PLSé il y a… ?

-Mhm on perd vite la notion du temps ici

 

Effectivement je le pense aussi vu que Martine ne m’a TOUJOURS PAS amené mon CAFÉ. T’es contente, hein ?? Comme ça on t’évoque dans l’Histoire, tu te sens importante n’est-ce pas ? Grouille-toi. Oui, Germaine ? Martine a rejoint les flics ? Ah. Traîtresse… du coup vous voulez bien vous en occuper Germaine ? Vous êtes un amour, Germaine. Je ne serais pas arrivé jusqu’ici sans vous. Oui par jusqu’ici j’entend de ma chaise à mon bureau mais c’est déjà ça, Germaine c’est déjà ça.

 

-Bon on s’en fout, balaya Fléau.

-Ben pas vraiment, si ça aide à remonter la piste…

-De toute façon, mon instinct penche, je ne sais pourquoi, en défaveur du public. Et plus particulièrement de cet homme… (il tapota du doigt sur l’image brouillée du patineur, en pause au parfait moment pour apprécier son impressionnant visage, sourcils froncés et bouche grande ouverte, comme prête à avaler un oeuf d’autruche.). En effet, le premier Dragibus était rose, si ma mémoire est bonne.

-Où veux-tu en venir ?

-Le tutu du patineur n’est-il pas rose aussi ?

-Brillant… souffla Marek, estomaqué, en rougissant un peu. Non, je veux dire, se reprit-il en se détournant, il est rose brillant, son tutu.

-En effet. Bon Johnson tu te réveilles ??!

-GuesU’un ?

-On a remonté la piste pendant que tu dormais. Ah ces acolytes….

-Mais…

-Où est Marcoius en fait ? coupa Marek avec un regard intrigué en arrière.

Marcoius n’était visible nulle part. Ils se précipitèrent vers un caillou, laissé à l’abandon, mais la piste de petites pierres s’arrêtait dans la pièce. Fléau alla sur le seuil et, frustré, asséna un coup de pied au cadran avant de pousser un cri.

-Eh oh excusez-moi messieurs, je ne suis pas opposé à l’exportation d’une rage vainement intériorisée dans le contexte d’une vie où la vacuité, bien que présentant des bénéfices, n’est nullement idéale, mais ma porte, symbole de l’espace privé qu’on pourrait supposer légitime dans le cadre d’un gouvernement prônant le matérialisme, en l’occurrence plutôt celui d’une voie accueillante, n’est pas un réceptacle compatible à une telle démonstration.

Ils se tournèrent vers le Gardien, qu’ils avaient eu le malheur de réveiller. Ils eurent la chair de poule. En effet, ce dernier se tenait entre eux et la sortie, et sa bouche semblait se mouvoir plus vite qu’il était humainement possible. Johnson, alors que les deux autres tremblaient, remarqua que la piste de cailloux s’arrêtait en-dessous de ce que le Gardien fixait. En levant les yeux, il vit Marcoius, effaré, agrippé aux tuyaux des canalisations.

-Là-haut ! s’écria-t-il avant d’être balayé par la parole du Gardien.

-LA TRANSCENDANCEUUUUUUH !!!!!!!

-Marek, que doit-on faire pour l’arrêter ??? dit Fléau qui comme on le sait ne connaissait pas parfait les mœurs de l’Immeuble, et certainement pas la recette à calmer les Gardiens déblatérants

Marek avait déjà relevé sa robe imaginaire, et échauffait ses jambes dans le but de se carapater avec efficacité le moment venu, et ce moment devait être le plus proche possible du présent.

-MAIS QU’EST-CE QUE L’ARRÊT ? Y A-T-IL VRAIMENT DES ARRÊTS ? L’arrêt de bus n’arrête jamais véritablement le buuuus puisque c’est le bus qui s’arrête ! –

MAREK !

Marek avait mis ses jambes en mouvement, passé sous le bras du Gardien et était déjà loin. Fléau tenta de l’imiter mais se prit un coup de boule involontaire du Gardien qui s’agitait, comme possédé par un esprit supérieur, qui sait, Ascendieu lui-même peut-être.

Pendant ce temps, Johnson avait déjà délogé Marcoius, l’avait interrogé de façon bien musclée et avait tiré ses conclusions qu’il avait retranscrites sur le carnet de notes qu’il avait toujours sur lui. Fléau se prenait des coups et des réflexions, et comme il était incapable de faire les choses par lui-même, il finit KO sous le bureau, sans avoir avancé d’un millimètre et sans avoir calmé le moins du monde le Gardien. Johnson prit Marcoius sous un bras, Fléau sous l’autre, et se retrouva face au Gardien. Sans se laisser déboussoler par son regard bleu envahi par la rage, il eut un petit sourire :

-Si Pinocchio dit “mon nez va s’allonger” il se passe quoi ?

Les pupilles du Gardien se dilatèrent, alors que de ses oreilles commençaient à émerger quelques volutes de fumée. Alors il se désactiva. On entendit même le petit VOUUuuuu des machines qui se mettent à l’arrêt. Johnson l’enjamba poliment et continua sa route, interceptant Marek, planqué sous un siège tout ce temps, au passage.

Ils ouvrirent la porte sur fond de musique de suspense et découvrirent avec le même effarement que Germaine et moi-même une ligne de témoins de Jéhovah. Non, pas une ligne… Un gang. Disposés comme s’ils allaient lancer un bon vieux freestyle et un clip de mauvais rap ; ce qu’ils firent par ailleurs. Mais nous n’en parlerons pas, par respect pour leur famille et leurs proches, qui doivent déjà subir l’absence constante de ce groupe de personnes égarées dans l’Immeuble depuis plusieurs années, ce malgré les différentes tentatives pour les faire sortir, à coup de pied au derrière, de tronçonneuses, de dictionnaires de grec ancien et d’autres joyeusetés. Ça, c’est le mec au renard. CRIMINEL.

Quoi qu’il en soit, Marek, Fléau, Johnson et Marcoius s’arrêtèrent net, chacun calculant ses chances de survie et/ou de fuite en fonction du nombre de personnes qu’il aurait à trahir, de la distance jusqu’à la porte, du nombre, du poids et des armes des individus en face d’eux, sauf Fléau, qui lui trouvait que la toge des Témoins de Jéhovah était de bien mauvais goût dans ces circonstances tragiques.

Marcoius fut le premier à réagir : il fit de grands gestes de main en poussant des cris, hurlant des mots d’une langue inconnue (et par ailleurs inexistante). Ses adversaires se raidirent, attendant qu’une plaie d’égypte leur tombe sur le minois, mais le dernier mouvement du mage s’acheva par un petit pet de fumée au creux de sa main qui le déstabilisa et le fit tomber. Constatant qu’aucun cavalier de l’apocalypse ne se manifestait, ils ne firent plus grand cas de rien et s’emparèrent du quatuor avec une convoitise visible. Pontidiscaffol tenta bien de glisser sa main vers sa poche à flûtes, mais un Témoin avisé le vit et l’en empêcha d’une claque sèche digne des plus grandes incitations au duel. Ce qui, sans doute, fut profitable à tout le monde, ses “alliés” les premiers. Ceux-ci poussèrent par ailleurs un soupir de soulagement.

Les attrapant par les épaules, tout ce petit monde conduisit nos 4 compères vers l’ascenseur, toujours occupé à passer sa musique épique, et montèrent donc de manière héroïque jusqu’au premier étage, où les attendait, à leur stupéfaction et malaise (on aurait bien dit frayeur, mais… non) les deux google traduction, adossés de part et d’autre de la porte des escaliers, dans le but manifeste mais pas très réussi d’être cools.

-Ah salut, leur dit d’ailleurs poliment Fléau, avec autant d’élégance qu’on peut avoir quand on est escorté d’un gang en toge et que nos pieds touchent à peine le sol, le tout après plusieurs jours sans manger ni dormir ni même aller aux toilettes, ce qu’on ne ferait pas pour la justice et les bedos de G-Zu, halàlà.

Pour toute réponse, ils leur indiquèrent la porte sans décroiser les bras, seul exploit à leur portée, c’est dire. Hé oui la maison vous produit des méchants au top, même si on sait pas très bien au top de quoi.

Les Témoins, après un petit fouillis peu discipliné, formèrent une rangée leur montrant le chemin à suivre.

-Les escaliers ? Pourquoi ils veulent qu’on utilise les escaliers ? fit Fléau, vaguement blasé.

-Mais non abruti ça c’est une porte, lui répondit une petite voix de grand-mère dans son dos. Mhm pardon, hum hum, Mé nn Habruhti c 1 port sa ptdr victym baulauce !

Ils se retournèrent tous, mais comme dans tout bon passage creepy qui se respecte (la qualité, messieurs dames), le bout du couloir n’était occupé que par le grésillement occasionnel du néon solitaire au plafond, qui s’ennuyait à mourir depuis des années et était bien content d’avoir de nouveaux amis et de quoi s’occuper. Il s’appelait Léon le Néon. Retenez bien ce nom, il ne servira pas pour la suite.

Un frisson leur parcourut l’échine.

-Qu’est-ce que vous nous voulez ? marmonna bravement Bénédicte Johnson.

Je ne me ferais jamais à ce nom. Oui, je sais, il y a pire, comme Bertrand Malbésé, ou Loup Garou, mais enfin quand même… quoi je blesse les feels de Johnson ? Pardon, mon  gars, keep up, tu sais que je t’aime bien au fond. Au tout fond fond. Non plus au fond. Voilà. Non ceci n’est pas une blague sexuelle bande de malotrus.

-Nous on vous veut rien, répondit le Grand Témoin, très identifiable par sa ceinture en paquets de doliprane. Enfin, sauf si vous savez comment nous faire sortir. C’est Lui qui veut vous voir. (on sentait la majuscule dans la voix presque aussi bien que les fautes dans celle de G-Zu)

-“Lui” ?

-Oui. On le reconnaît… grâce… à son… TUTU.

Un éclair fit se dessiner les ombres des protagonistes sur le mur du couloir et… putain Pat arrête de faire des ombres chinoises, t’es con. Comment ça c’est pas toi c’est les flics qui envoient des grenades dehors ? je veux rien entendre, petit cafteur !

Si c’est ça, j’arrête de raconter! Je ne peux pas travailler dans ces conditions !

 

Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

Germaine, mon fusil!

Boom Patatra, boom bang bang (remarquez la qualité des onomatopées)

Lâche-moi, sale rebelle !

Oui lâche-le !

Alors on se calme. Vous êtes désormais nos otages. Je vous présente: Germaine, Géraldine, Pat, le mec qu’est attaché là bas c’est le patron monsieur Saloupiorax, et à côté de lui l’équipe de direction. Et vous, vous êtes?

….

 

Bon nous dirons donc policier n°1 et policier n°2. Vous les reconnaîtrez à ce que Mr n°2 à une moustache fringante.

Diantre, il va falloir augmenter la ration de boulettes.

 

FIN

 

ASCENDIEU, LIVRE I, CHAPITRE 7 :

ASCENDIEU, CHAPITRE VII :

Patin à glace, enquêtes, drogue, révolution et cailloux

 

*bip bip bip*

*bip bip bip*

*bip bip bip*

*Le collectif tient à informer les lecteurs que l’Entreprise a été prise, suite à des abus sur les salariés, confinés 24h/24 dans le bâtiment pour améliorer le rendement. Dans ce but, le patron et ses collègues ont été enfermés dans le bureau principal jusqu’à l’acceptation de nos conditions et la livraison de notre soupe hebdomadaire. Avec des croûtons et des pois chiches, on est pas des bêtes nom de nom. Toutefois, nos services continueront d’être assurés.*

Hum hum. Oui donc Germaine, veuillez m’aider là s’il vous plaît. Voilààààà. Et retirez votre genou de ma main vous seriez un amour. Donc. *regarde le script* Ah ouais c’est après l’agression de la Team Rocket low cost là.

 

La foule, poussant au ralenti un cri choqué, voit nos deux héros entrer dans l’Ascendieu.

 

Ils papotèrent autour d’un pique-nique assez splendide, puis firent de la balançoire, un karaoké, un barbecue, une chanson de Disney, une partie d’échecs, un jeu de marionnette avec le corps inconscient de Marcoius, et les portes de l’Ascendieu s’ouvrirent enfin.

Le magicien se réveilla en sursaut, se demandant où étaient ses cailloux avant de se souvenir des événements du chapitre précédent.

Ni une, ni deux, Fléau l’empoigna et l’aida à sortir de l’Ascendieu avant que celui-ci ne se referme. Ils avaient appuyé sur tous les boutons en entrant (l’un d’entre eux, plus rouge que les autres, avait d’ailleurs frémi de manière étrange à ce contact) et pourtant ils étaient, sans aucun arrêt, immédiatement arrivés à l’étage….42.

TAN TAN TAAAAAAAAAN.

L’étage 42 n’était pas un étage comme les autres. Il avait été dès son enfance promis à une destinée différente. Là-bas, les murs étaient d’une couleur que seuls les papillons auraient dû percevoir, le bruit de perceuse venant du chantier de Ned était plus audible que jamais, les lambris étaient en cerisier (comme quoi on peut faire plus osé que le rez-de-chaussée) et des témoins de Jéhovah sourds erraient de porte en porte, armés de la dernière édition du “Ttémoignage de Jéhovah pour les nuls”, qui dispensait les meilleurs conseils de survie si on accordait du temps à notre seigneur Jasus Christ. Les voisins aussi erraient, un air suspicieux sur le visage à la vue des nouveaux venus. Bon à vrai dire ils avaient toujours l’air suspicieux (ça donnait l’air intelligent), mais Pontidiscaffol, qui ne connaissait pas les us de cet étage, agrippa nerveusement le bras de son Fléau.

Un flot de caillasses entourées de papier lancées dans la plus grand randomness de la porte d’un appartement que les témoins évitaient soigneusement attira leur attention. Avant que Fléau ou Marek, qui étaient bien là comme ça ensemble, puissent prendre une initiative quelconque, Marcoius se jeta sur ce trésor du ciel (littéralement) et se mit à fouiller, débarrassant les cailloux de leur message saint.

*La foule choquée par une telle hérésie se cache les yeux et ne voit pas la prestation pourtant très admirable du gars musclé qui patine sur un couple de cochons*

Fléau se pencha pour ramasser du bout des doigts un des petits papiers qui traînaient lamentablement par terre, souillé par le seul contact de Marcoius dont l’hygiène n’était pas douteuse puisque personne ne pouvait douter de l’odeur pestilentielle qu’il dégageait jusqu’à 5 mètres autour de lui.

 

Hyl é deriair vou 2puits le Dbu lol

G-Zu

 

Pris d’une terreur subite, nos deux protagonistes et leur… compagnon d’Ascendieu… cavalèrent dans un ralenti épique (sur fond de musique de film français engagé (mais pas trop)) le mètre qui les séparait du Saint Appartement de G-Zu.

La porte était évidement ouverte, car il est bien connu que G-Zu accueille tout les nécessiteux, leur offre du thé, un joint et une claque sur la joue gauche avant de les relancer avec emphase dans la vraie vie, ils ouvrirent donc la porte (qui était dépourvue de judas pour une raison évidente) à la volée et entrèrent dans le petit appartement.

Un chat leur lança un regard torve avant de sauter de tout son poids colossal sur une étagère (qui était surencombrée de statuettes vaudou, de vinyles de Bob Marley et de Ramstein, et d’autres choses non identifiées ou censurées pour le lecteur), se louper lamentablement et commencer à faire sa toilette pour retrouver une certaine dignité en se léchant les couilles. Ce chat répondait au doux nom de Simon.

L’appartement dans son ensemble n’était pas petit, mais il était tellement encombré et enfumé que l’on s’y sentait immédiatement à l’étroit. Un brouillard de fumée de produits probablement illicites dans l’intégralité des pays du monde et des différents mondes flottait et donnait aux nouveaux arrivants l’impression de voler, et que la dame sur le tableau en face d’eux était vachement drôle avec ses yeux, là. Au milieu de ce qui semblait être un salon, du moins qui devait l’être sous la couche d’habits et de choses déposées un peu partout, sur un fauteuil un peu miteux mais qui devait être diablement confortable (pardon) se trouvait… une petite grand-mère, qui les observait attentivement en fumant un joint. Elle portait une perruque qui était probablement plus grande qu’elle, à moins que ce ne soit qu’un tas de bigoudis magistralement empilés les uns sur les autres, beaucoup trop de maquillage aux couleurs vives et un peignoir qui à lui seul devait avoir vu plus de choses atroces que le démon qui logeait dans l’Ascendieu le jeudi. Elle leur lança un regard circonspect.

–  ‘Sope ?  leur dit-elle d’une voix pleine de sagesse, grave et profonde, qui résonnait d’ailleurs bizarrement dans la tête des trois compères.

 

Marek se jeta à genoux, tomba sur le chat qui le griffa avant de s’enfuir en reculant. Il y avait dans son regard une stupéfaction que ses deux compères ne comprenaient pas trop, Fléau ignorant les moeurs de l’Ascendieu et Marcoius étant toujours trop dans ses cailloux (qui commençaient d’ailleurs à s’accumuler devant la porte, tombant de ses poches telles des feuilles d’impôts de la mémoire d’un homme politique) pour en avoir quoi que ce soit à fiche.

– Pontidiscaffol, dit Fléau d’une voix tendue, qui est cette personne ? et… POURQUOI T’ES À GENOUX HO NAN MAIS ÇA VA BIEN LÀ UN PEU DE TENUE.

– Simon !! Non mé vs aitt con vou wesh vs lui avé fay mâle sa coot shair ses truk

– Mais …. pourquoi vous parlez avec des fautes?? Et comment on peut faire des fautes d’orthographe à l’oral?

– Écouté mon daraun y m’a créai aven l’ortograf c pa ds ma genetic.

– Fléau, tu n’as pas honte ? Il.. elle… G-Zu essaie de nous dispenser sa parole sacrée ! le reprit Marek, furieux.

– Uiui wallah tageul.

– Vous allez donc nous donner le sens de la vie? Le pourquoi de notre présence en ces lieux ?

– M’en ba lé couyes frèr. fèrm ta grend guel et vian boir du thé c 1 ptn de boneuhr camomil rose oklm de derièr le fagot t’m’en dirah dé nouvels!

– Je vois… il semblerait que tu l’aies contrarié, Fléau. Mais dans sa grande mansuétude G-Zu nous invite à goûter son saint breuvage.

– Wsh mon seint breuvag c ski sor d’m’a bit moi jte parl de thé.

– Je n’irai plus jamais à l’église je crois.

– Oh saint G-Zu ! s’exclama soudain Marcoius, tombant à son tour à genoux, vu qu’il avait eu le temps de comprendre que ses pierres chéries venaient de cette personne inqualifiable, pourriez-vous dispenser plus de pierres sur ce monde ? Ou mieux, dites-moi où se trouve la pierre philosophale, je vous en prie !

– El é den ta molèr gauch frèr t teubé oukoi?

– Pardon ?

– Ba wi fau lire c marké o chapytr troa mek.

– Ah bon bah autant pour moi.

– Seigneur G-Zu, nous ne sommes pas contre un peu de thé je l’admets, reprit Fléau, soucieux de reprendre un peu le contrôle de la conversation, mais pourriez-vous répondre à nos questions avant ?

– Nan. Azy détan twa vien tir 1 lat sur ça tu vera tou serah + cool…

 

Tout était déjà assez “+ cool” dans les esprits du trio embrumés par l’atmosphère de l’appartement, mais ils ne purent décliner poliment, Simon leur ayant déjà planté deux joints dans la bouches avant même que G-Zu ait fini sa phrase.

Il faut communier avec le seigneur, depuis le temps qu’on vous le dit.

Il ne leur fallut pas longtemps pour perdre la notion du temps et de l’espace, si tant est qu’ils l’aient eu avant, et après avoir vu quelques éléphants danser sur du métal et assisté à la représentation physique de ce sur quoi déblatérait le Gardien toute la journée durant, ils finirent par reprendre un peu leurs esprits.

C’est là qu’ils le virent.

Il s’était glissé dans l’appartement, dans son tutu du rose le plus discret, sur la pointe de ses patins à glace, tel un ninja fabuleux, et commençait déjà à tenter de mettre Marcoius en PLS. Dans un grand cri digne d’un fillette à qui on tire les couettes un peu trop fort, G-Zu se leva, attrapa sa canne et en asséna un grand coup dans les parties intimes du patineur, qui s’enfuit en titubant et en faisant des triples loops suivis de saltos à travers un nuage de fumée.

 

– Vous ! s’écria dramatiquement Marcoius, qui même s’il n’avait rien suivi de l’enquête aimait bien participer, et qui de toute manière n’avait plus le coeur à manger des cailloux.

G-Zu regarda la fumée qui se dissipait pour être remplacée par celle de joint qu’elle était encore en train de fumer d’un air penseur. Un instant, son visage de grand-mère à la fois laid, rassurant et inoffensif se transforma en quelque chose de réellement terrifiant, à tel point que les trois autres restèrent coulés sur place, que la foule de spectateurs choqués, même sans leur patineur, poussa un double cri, et que si nous étions dans un manga les pupilles de G-Zu se seraient rétrécies et un clair obscur improbable aurait donné à la scène tout son importance. Mais comme ce n’était pas un manga, la musique de Bob Marley tournait toujours, parfois couverte par le son des canalisations des chasses d’eau de l’étage en-dessous ou du bruit de Simon qui mangeait goulûment ses croquettes. Les pupilles de G-Zu étaient toujours recouvertes d’immenses lunettes d’écaille verte et jaune, qui lui grossissaient les yeux à tel point que si on le regardait en face trop longtemps on se mettait à paniquer, non pas à cause de la présence d’une messie, mais bel et bien parce qu’on avait l’impression qu’ils allaient exploser, et ce de manière bien sale, tel un soufflé mal préparé et laissé à l’abandon dans un four.

Puis elle reprit son expression ordinaire et déclara :

– Ptn wsh mé l’aut’ là d’ou il mé mé potot en pls sen dir bonjou j’vé lui niker sa reume la tet de moi!

– Ne… ne nous emportons pas… marmonna Marcoius, livide.

– J’sui pa emporé wsh, répondit la petite vielle de sa voix qui oscillait entre la puissance divine et les tremblement de l’âge.

– Fléau ! s’exclama Pontidiscaffol, qui n’avait pas écouté ce qu’avait dit G-Zu (grave hérésie dont il sera châtié plus tard en étant privé de dessert et de flûte), en pointant quelque chose au sol.

 

Ils remarquèrent alors que dans l’emportement de l’action, le dangereux criminel patineur avait laissé derrière lui un indice… un… dragibus… blanc. Oui, un de ces dragibus blancs que personne n’aime, qui s’interroge lui même sur la raison de son existence, et dont on se demande encore s’il est vraiment possible à un humain de créer un tel goût, de ceux qu’on laisse au fond du paquet et que du coup on est obligé de manger à la suite quand il ne reste qu’eux. En somme, une arme dangereuse. G-Zu le ramassa, un main derrière son dos et en poussant des cris de douleur, car ce n’était plus de son âge ces conneries, halala les criminels n’étaient plus ce qu’ils étaient de son temps, au moins à son époque ils avaient la politesse de ramasser les indices pour les vieilles dames, mais non tout partait à vau l’eau à cause de cette génération d’assistés, et le mit dans sa bouche.

 

-… C d’la bone frair, dit-elle d’un air entendu.

 

Marek hocha la tête devant son intervention avant de retourner son attention à Fléau :

– Bon, vu qu’apparemment un patineur nous en veut à mort pour une raison obscure et qu’il peut nous assassiner à tout moment tu veux pas m’épouser, genre comme ça c’est réglé ?

– Heu… non.

– Ha ok. Bon. heu… où en étions-nous ?

– “C d’la bone frair”.

– Ha oui c’est vrai. Face à cette intervention, je vais donc prendre un air concentré et réfléchi, en mettant ma main sous mon menton comme ceci et en plissant les yeux. Voilà. Mhmmmm.

-C’est un peu dommage qu’elle ait mangé notre seul indice.

– Oui bah écoute qui es-tu pour critiquer la petite vieille d’Ascendieu tu veux aller en enfer ou quoi ?

– L’enfer, on y est déjà, déclara sombrement Fléau, si sombrement que les nuages noirs, qui pourtant ne se rassemblaient que pour les mangas, voulurent bien faire une petite exception et se mirent à pleuvoir dans l’appartement.

Furieuse, G-Zu hurla telle un scream de métal parfaitement exécuté, et d’un mouvement de bigoudis, les jeta dehors par propulsion divine et referma la porte. Ils se retrouvèrent donc tous les trois par terre comme des clodos à attendre un geste divin, qui, comme chacun le sait, n’arrive jamais sauf par la voie de petites pierres qui font vachement mal à la tête quand elles tombent dessus.

 

– Bon on fait quoi maintenant, Fléau ?

– La même chose que chaque jour, Marek : tenter de trouver le coupable.

 

Et sur ces mots, le chapitre se finit. Oui bon on a plus nos magnifiques transitions de fin, mais il faut comprendre qu’ici on est en résistance contre le CAPITALISME ! Des hommes et des femmes meurent chaque jour pour lutter contre cette vermine et vous nous faites chier pour un petite transition de merde ?? Bande de montres.

Pardon je m’emporte. Donc. Nos trois compères vont-ils enfin arrêter le dangereux PLSeur? Quel rapport entre les meurtres et la drogue Dragibus ? Que fait Bénédicte Johnson ? Vont ils se prendre des cailloux sur la tête ? Vais-je survivre jusqu’à la fin de cette histoire ? Y a t il des boulettes à midi ? Y a t il un sens à tout cela ? Les œuvres d’art sont-elles la représentation d’une belle chose ou la belle représentation d’une chose ?

Vous le saurez peut-être dans le prochain épisode ou celui d’après ou d’encore un peu après, si les auteures n’ont pas la flemme, que les étoiles sont convenablement alignées par rapport à Saturne et que la météo est clémente.
FIN