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Amours Inutiles

A travers les os noirs de la terre

Je marche et cherche le sens de mes mots

Qui, comme des boutons écarlates

Éclatent sur la neige de ta poitrine

 

Je ne sais ce que je suis

Je ne suis que les mots

Que les couleurs et les sens

Qui restent quand je me tais

Nos muscles se tendent

Ton souffle s’accélère

Et la parole reprend

Elle est tellement inutile

Je sens que mes veines

Éclatent dans mes lèvres

Milles ampoules de verre

S’écrasent dans ma tête

On prend sans se toucher

On pense sans y songer

Je sens le vent de ton regard

Scrutant toutes mes secondes

Tu le sais, oui, que je t’attends

Ce temps de papier que tu feuillète

Je m’en empare, il est à moi

Je le serre contre mes cuisses

Tu pousses entre mes doigts

Tu fonds et tu grandis

Le tempo clair de la nuit

Réchauffe nos instants

Mes caresses arachnéïdes

Fatiguent ton âme et tu esprit

Courent sur ton amour

Grouillent sur ta volonté

Nous ne sommes pas un

Pourquoi le serions-nous?

Nous sommes deux ce soir

Et nous sommes deux ensemble

Je sais que tu es autre

Je veux que tu sois moi

Que tu sois cette torche

Qui brûle mes entrailles

Nous savons toutes deux

Que tu ne veux que toi

Tu n’admire que le vide

Qui se creuse dans tes yeux.

l’appel de Cthulhu

Au milieu de la mer, onde scintilante

Il flotte, ondule, voile innocente

Et milles êtres s’affairent et lui offrent la paix

Déploient et ramassent leur cape banche

Et s’agitent et marchent sous le ciel de lait

 

Soudain, ils s’arrêtent, se figent: ils l’ont entendu

Puisqu’il est dans les eaux, les êtres ont peur

Ils le sentent sous eux, attendant son heure

Un frisson parcours air eau feu et terre nue

Tous savent qu’à cet instant le monde entier est perdu

 

Et craque et gronde le kraken des tempêtes

Il menace et hurle que son âme est prête

Et l’Océan tremble et la terre s’écarte

Le monde se déchire, le ciel s’éclate

De souffrance hurle et devient écarlate

 

Il n’est mots qui peuvent conter l’engeance que virent

Au dernier grain de leur sablier, ceux qui

Partis pour un temps a bord de leur navire

Des mers et  cieux on vu l’écrasante folie

S’enfoncent dans les abysses, là ou rien ne luit.

Une petite ombre

A la lueur d’un soleil levant

Petite ombre fragile des aurores

Glisse, glisse

Cherchant quelques amis pour jouer

Pour faire un ronde

Tourne tourne dans ton esprit

La folle vitesse de leur joyeuse ronde

 

Elle suit, tout près derrière

Elle sent, vague chimère,

Elle croît, chasseuse d’âmes

 

A la lumière du soleil de midi

Petite ombre douce du jour

Attend, attend

Cherchant quelques amis pour jouer

Pour faire une ronde

Tourne tourne dans ton esprit

La folie d’une petite ombre

 

Elle attends, cachée derrière

Elle file, nuage d’air

Elle sent, mangeuse infâme

 

Aux rayons d’un soleil couchant

Ombre patiente de la nuit

Rit, rit

Cherchant quelques amis pour jouer

Pour faire une ronde

Tourne, tourne dans ton esprit

L’appel d’une ombre de la nuit

 

Elle rit, tout près derrière

Elle vit, être de chair

Elle tourne, enfant sans larmes

 

Dans l’obscurité de minuit passé

Ténèbres dans les ténèbres

Chasse, chasse

Et trouve quelques amis pour jouer

Et pour faire une ronde

Claquent, claquent dans ton esprit

Les dents pointues d’une petite ombre.