Archives par mot-clé : pontidiscafoll

Ascendieu- Livre I- CHAPITRE 8

ASCENDIEU, CHAPITRE VIII :

Enquête, Johnson, dragibus, ou comment ne rien accomplir mais de manière épique

 

Ils attendirent un bon moment sur le pas de la porte, un peu perdus. En effet, la résolution de notre très cher Fléau avait beaucoup de classe, mais il fallait que l’information de la rencontre de G-Zu, accompagnés d’un mage mangeur de cailloux et vraisemblablement immortel, non seulement parce qu’il survivait à leur ingestion, mais aussi parce qu’il les dévorait littéralement grâce à la pierre philosophale, remonte dans leurs cerveaux (toujours embrumés) respectifs et s’y fasse une petite place.

Fléau réfléchissait, ce qui était aussi rare qu’inutile. Il n’était pas doué pour réfléchir à qui étaient les méchants, seulement à les attraper. D’habitude, il y avait quelque chose qui l’aidait, même s’il ne se souvenait jamais quoi. Sans doute des micros détails que son cerveau brillant captait et exploitait à son insu (AHAHAHAHAH (non)).

Le cerveau brillant, qui contrairement à ce qu’il pensait ne lui appartenait pas, arriva en courant de l’autre bout du couloir, sous la forme d’un Johnson tout essoufflé, répandant sur sa route quelques Playmobil usés :

– J’ai visualisé toutes les vidéos de surveillance de l’Immeuble du jour du meurtre, et je sais qui est le coupable !

-Mais non, Johnson, c’est impossible, je n’ai pas eu l’idée d’aller visionner ces vidéos, tu n’as pas pu les voir.

-Mais Monsieur…

Fléau lui posa un doigt sur les lèvres, l’y écrasa en faisant de petits cercles tout en poussant un petit “chuuuuuuuuuuuuuuuu” continu. Il se retourna vers Pontidiscaffol avec un grand sourire.

-J’ai une idée ! Et si nous allions voir les caméras de surveillance de l’Immeuble ?

-Mais Fléau, lui susurra tendrement Marek avec un air vaguement circonspect, n’a-t-on pas déjà découvert qui était le criminel?

-…

-…

-OUI, mais il faut V-É-R-I-F-I-E-R. voilà.

-Mais…

Pontidiscaffol reçut à son tour une bonne vieille séance de “chuuuuuuuuuuuuuuuu” dont Fléau avait décidément le secret, puis ils rappelèrent Ascendieu, ou plutôt Ascendieu se rappela à eux puisqu’Il ne prend d’ordre de personne, et il les emmena de nouveau en bas, après les avoir emmené en haut suite à leur fuite brutale d’en bas. J’sais, mais il ne faut pas demander de l’originalité de mouvement à un ascenseur, tout divin soit-il. Sophie la caméra fixait amoureusement son bien-aimé, avec un air inexistant puisque c’est une caméra, bande de stupides.

 

Comment ça il ne fait pas insulter le lecteur ? Je suis libre maintenant, je n’ai plus de patron, libéréééééééé délivréééééééééééé… pardon. Je m’emporte je sais. Non mais vraiment désolé, je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Quoi Martine ? On ne vous a jamais parlé parce qu’on ne donnait la réplique qu’à Germaine?

Eh bien c’est pas près de changer. Donc, Germaine… Comment ça des policiers sont à la recherche de Mr Saloupiorax et du reste de l’équipe de direction ? Ok faut rusher alors, on a une histoire à raconter boudieu. Et le café va pas se faire tout seul, Martine ! Comment ça je suis un macho qui n’a que des petites assistantes ? Tu veux que j’arrête de raconter l’histoire peut-être ? Ouais ça vaut mieux, j’vais te révolutionner la tête moi si tu continue ! Comment ça je dis tout le temps “comment ça” ? Mais c’est dans l’ère du temps, actualisez-vous un peu ! Ouais, comme une page internet.

Parfaitement.

 

Bref, (OUI ÇA AUSSI JE LE DIS TOUT LE TEMPS MAIS MON POING DANS TA JUGULAIRE ÇA SERA PEUT-ÊTRE ASSEZ ORIGINAL POUR TOI ?) Hem hem. Donc.

Le bouton se tortillait autant que son socle étroit le lui permettait, son rouge pimpant brillant dans l’Ascendieu, aussi lumineux qu’un flash moche dans une discothèque low cost. Le démon de la mauvaise musique s’était fait la malle, puisque Marcoius, Fléau et Marek avaient passé un bon moment à l’Étage Saint. En ce samedi 20 août (oui, à ce point-là), une musique digne d’une palpitante scène d’action d’un blockbuster coûtant des millions de dollars se jouait à plein volume, ce qui leur donna l’impression de combattre une armée d’orcs plutôt que de descendre au rez-de-chaussée, celle d’être confronté à l’adversaire le plus sombre et le plus diabolique, se rendant tel un groupe de trois cent hommes dont on ne citera pas les noms ni les origines vers une mort certaine, mais stylée et pétée comme il faut sa race. Mais avec moins de muscles.

Ils arrivèrent bien vite devant l’antre du Gardien, dont la porte était envahie par des affiches toutes plus étonnantes les unes que les autres (la foule pousse un cri choqué), et par la végétation, car le Gardien était tellement occupé à ses oracles qu’il en oubliait d’entretenir sa porte (ne vous posez pas de questions). Ils ouvrirent après avoir lu deux lignes qui suffirent à faire siffler leurs ouïes, puisqu’elle ne comportaient aucun verbe et aucun mot descendant au-dessous de trois syllabes. Le Gardien semblait les attendre, mais il semblait toujours attendre quelqu’un, certains soupçonnaient même qu’il attende quelqu’un qui s’intéresse à ce qu’il disait. Il fixait le plafond, parfaitement de biais sur sa chaise roulante (il avait d’ailleurs écrit sur cette chaise une thèse démonstrative de son autogestion qui lui avait valu les réprimandes et les acclamations pour une telle audace qui relevait clairement d’une anarchie réprimée), massant nerveusement son épaule (toc auquel il avait consacré un paragraphe à ce jour jamais publié).

Pontidiscaffol et ses amis *tousse* entrèrent dans la pièce à pas de loup, silencieux, well sauf en ce qui concerne Marcoius, qui émettait un léger bruit de cailloux quoi qu’il fasse. De toute façon, le Gardien était bien trop absorbé dans le trou noir de ses songes infinis pour se laisser déconcentrer par Autrui. Ils purent ainsi se faufiler jusqu’aux écrans sans qu’il ne les remarque, ou plutôt sans qu’il choisisse d’accorder de l’importance aux signaux apportés du monde sensible par ses yeux. Johnson voulut prendre une initiative, Fléau lui mit un bon vieux coup de genou dans les couilles et tâta l’écran, puis, constatant qu’il ne savait pas comment allumer les mini télés, réveilla Johnson qui avait perdu connaissance, se fit expliquer comment il devait faire, l’assomma de nouveau et alluma, sous le regard admiratif de Pontidiscaffol, qui se demandait bien comment ce bel homme n’était pas déjà en prison pour coups et blessures.

-Bon alors qu’avons-nous là… marmonna Fléau en examinant la situation sur l’écran

-Là c’est les témoins de Jéhovah. Ils se sont perdus dans l’immeuble il y a bien 15 ans, on les nourrit avec les chats du quartier.

-Ici… L’homme au renard.

-Un satané bougre qui amasse sans scrupule tout ce qui croise son chemin. C’est sa philosophie, ce qu’il trouve par terre est à lui.

-Quel monstre… Et… cet homme… ma foi fort séduisant ?

-Lui ? Il a des entrées avec les gens les plus louches du coin. Alfred Taamennéleflouz, le dandy de l’immeuble. J’avoue, il est bonne. Mais il est surtout le parrain de la mafia locale. C’est un homme dangereux un…un…criminel ! Fléau, il vaudrait mieux pour nous ne jamais croiser sa route.

(Alfred passa au même moment derrière eux, fit la bise au Gardien, sirota une gorgée de son café et repartit en toute pépèritude.)

-Certes, mais il détient peut-être des informations sur ce trafic de Dragibus…

-Eh c’est raciste.

-Quoi mais pas du tout.

-Tout de suite, c’est le parrain de la mafia, alors c’est lui le responsable de tous les trucs louches. J’en parlerai à Ascendieu, de ton comportement.

-Mais Mareeeek…

-Chut. Continue.

-Bon. Là on a le bouton rouge. Il est… rouge. Et… boutonneux. C’EST DONC UN ADOLESCENT. Gardons-le à l’œil, il suffit d’une jolie fille et d’un coup d’hormones pour que ces animaux là se transforment en… REBELLES.

TANTAN

 

-Et de plus, les adolescents mangent des dragibus… cette affaire se corse, restons vigilants. Mais, pour ce qui est de le garder à l’œil, notre intermédiaire Sophie-la-caméra s’en occupe très bien.

-Bien. Et enfin, le patineur, la foule et les rhinos.

-Des réactionnaires, dit Pontidiscaffol en secouant la tête.

-Ah bon ? Ils font de la politique ?

-Non, ils… réagissent. C’est les gens qui ont des réactions quoi.

-Ah.

-Oui.

-Ah bon bah on a fait le tour.

-Oui

-Remettons les événements dans l’ordre maintenant. Tu as donc été PLSé il y a… ?

-Mhm on perd vite la notion du temps ici

 

Effectivement je le pense aussi vu que Martine ne m’a TOUJOURS PAS amené mon CAFÉ. T’es contente, hein ?? Comme ça on t’évoque dans l’Histoire, tu te sens importante n’est-ce pas ? Grouille-toi. Oui, Germaine ? Martine a rejoint les flics ? Ah. Traîtresse… du coup vous voulez bien vous en occuper Germaine ? Vous êtes un amour, Germaine. Je ne serais pas arrivé jusqu’ici sans vous. Oui par jusqu’ici j’entend de ma chaise à mon bureau mais c’est déjà ça, Germaine c’est déjà ça.

 

-Bon on s’en fout, balaya Fléau.

-Ben pas vraiment, si ça aide à remonter la piste…

-De toute façon, mon instinct penche, je ne sais pourquoi, en défaveur du public. Et plus particulièrement de cet homme… (il tapota du doigt sur l’image brouillée du patineur, en pause au parfait moment pour apprécier son impressionnant visage, sourcils froncés et bouche grande ouverte, comme prête à avaler un oeuf d’autruche.). En effet, le premier Dragibus était rose, si ma mémoire est bonne.

-Où veux-tu en venir ?

-Le tutu du patineur n’est-il pas rose aussi ?

-Brillant… souffla Marek, estomaqué, en rougissant un peu. Non, je veux dire, se reprit-il en se détournant, il est rose brillant, son tutu.

-En effet. Bon Johnson tu te réveilles ??!

-GuesU’un ?

-On a remonté la piste pendant que tu dormais. Ah ces acolytes….

-Mais…

-Où est Marcoius en fait ? coupa Marek avec un regard intrigué en arrière.

Marcoius n’était visible nulle part. Ils se précipitèrent vers un caillou, laissé à l’abandon, mais la piste de petites pierres s’arrêtait dans la pièce. Fléau alla sur le seuil et, frustré, asséna un coup de pied au cadran avant de pousser un cri.

-Eh oh excusez-moi messieurs, je ne suis pas opposé à l’exportation d’une rage vainement intériorisée dans le contexte d’une vie où la vacuité, bien que présentant des bénéfices, n’est nullement idéale, mais ma porte, symbole de l’espace privé qu’on pourrait supposer légitime dans le cadre d’un gouvernement prônant le matérialisme, en l’occurrence plutôt celui d’une voie accueillante, n’est pas un réceptacle compatible à une telle démonstration.

Ils se tournèrent vers le Gardien, qu’ils avaient eu le malheur de réveiller. Ils eurent la chair de poule. En effet, ce dernier se tenait entre eux et la sortie, et sa bouche semblait se mouvoir plus vite qu’il était humainement possible. Johnson, alors que les deux autres tremblaient, remarqua que la piste de cailloux s’arrêtait en-dessous de ce que le Gardien fixait. En levant les yeux, il vit Marcoius, effaré, agrippé aux tuyaux des canalisations.

-Là-haut ! s’écria-t-il avant d’être balayé par la parole du Gardien.

-LA TRANSCENDANCEUUUUUUH !!!!!!!

-Marek, que doit-on faire pour l’arrêter ??? dit Fléau qui comme on le sait ne connaissait pas parfait les mœurs de l’Immeuble, et certainement pas la recette à calmer les Gardiens déblatérants

Marek avait déjà relevé sa robe imaginaire, et échauffait ses jambes dans le but de se carapater avec efficacité le moment venu, et ce moment devait être le plus proche possible du présent.

-MAIS QU’EST-CE QUE L’ARRÊT ? Y A-T-IL VRAIMENT DES ARRÊTS ? L’arrêt de bus n’arrête jamais véritablement le buuuus puisque c’est le bus qui s’arrête ! –

MAREK !

Marek avait mis ses jambes en mouvement, passé sous le bras du Gardien et était déjà loin. Fléau tenta de l’imiter mais se prit un coup de boule involontaire du Gardien qui s’agitait, comme possédé par un esprit supérieur, qui sait, Ascendieu lui-même peut-être.

Pendant ce temps, Johnson avait déjà délogé Marcoius, l’avait interrogé de façon bien musclée et avait tiré ses conclusions qu’il avait retranscrites sur le carnet de notes qu’il avait toujours sur lui. Fléau se prenait des coups et des réflexions, et comme il était incapable de faire les choses par lui-même, il finit KO sous le bureau, sans avoir avancé d’un millimètre et sans avoir calmé le moins du monde le Gardien. Johnson prit Marcoius sous un bras, Fléau sous l’autre, et se retrouva face au Gardien. Sans se laisser déboussoler par son regard bleu envahi par la rage, il eut un petit sourire :

-Si Pinocchio dit “mon nez va s’allonger” il se passe quoi ?

Les pupilles du Gardien se dilatèrent, alors que de ses oreilles commençaient à émerger quelques volutes de fumée. Alors il se désactiva. On entendit même le petit VOUUuuuu des machines qui se mettent à l’arrêt. Johnson l’enjamba poliment et continua sa route, interceptant Marek, planqué sous un siège tout ce temps, au passage.

Ils ouvrirent la porte sur fond de musique de suspense et découvrirent avec le même effarement que Germaine et moi-même une ligne de témoins de Jéhovah. Non, pas une ligne… Un gang. Disposés comme s’ils allaient lancer un bon vieux freestyle et un clip de mauvais rap ; ce qu’ils firent par ailleurs. Mais nous n’en parlerons pas, par respect pour leur famille et leurs proches, qui doivent déjà subir l’absence constante de ce groupe de personnes égarées dans l’Immeuble depuis plusieurs années, ce malgré les différentes tentatives pour les faire sortir, à coup de pied au derrière, de tronçonneuses, de dictionnaires de grec ancien et d’autres joyeusetés. Ça, c’est le mec au renard. CRIMINEL.

Quoi qu’il en soit, Marek, Fléau, Johnson et Marcoius s’arrêtèrent net, chacun calculant ses chances de survie et/ou de fuite en fonction du nombre de personnes qu’il aurait à trahir, de la distance jusqu’à la porte, du nombre, du poids et des armes des individus en face d’eux, sauf Fléau, qui lui trouvait que la toge des Témoins de Jéhovah était de bien mauvais goût dans ces circonstances tragiques.

Marcoius fut le premier à réagir : il fit de grands gestes de main en poussant des cris, hurlant des mots d’une langue inconnue (et par ailleurs inexistante). Ses adversaires se raidirent, attendant qu’une plaie d’égypte leur tombe sur le minois, mais le dernier mouvement du mage s’acheva par un petit pet de fumée au creux de sa main qui le déstabilisa et le fit tomber. Constatant qu’aucun cavalier de l’apocalypse ne se manifestait, ils ne firent plus grand cas de rien et s’emparèrent du quatuor avec une convoitise visible. Pontidiscaffol tenta bien de glisser sa main vers sa poche à flûtes, mais un Témoin avisé le vit et l’en empêcha d’une claque sèche digne des plus grandes incitations au duel. Ce qui, sans doute, fut profitable à tout le monde, ses “alliés” les premiers. Ceux-ci poussèrent par ailleurs un soupir de soulagement.

Les attrapant par les épaules, tout ce petit monde conduisit nos 4 compères vers l’ascenseur, toujours occupé à passer sa musique épique, et montèrent donc de manière héroïque jusqu’au premier étage, où les attendait, à leur stupéfaction et malaise (on aurait bien dit frayeur, mais… non) les deux google traduction, adossés de part et d’autre de la porte des escaliers, dans le but manifeste mais pas très réussi d’être cools.

-Ah salut, leur dit d’ailleurs poliment Fléau, avec autant d’élégance qu’on peut avoir quand on est escorté d’un gang en toge et que nos pieds touchent à peine le sol, le tout après plusieurs jours sans manger ni dormir ni même aller aux toilettes, ce qu’on ne ferait pas pour la justice et les bedos de G-Zu, halàlà.

Pour toute réponse, ils leur indiquèrent la porte sans décroiser les bras, seul exploit à leur portée, c’est dire. Hé oui la maison vous produit des méchants au top, même si on sait pas très bien au top de quoi.

Les Témoins, après un petit fouillis peu discipliné, formèrent une rangée leur montrant le chemin à suivre.

-Les escaliers ? Pourquoi ils veulent qu’on utilise les escaliers ? fit Fléau, vaguement blasé.

-Mais non abruti ça c’est une porte, lui répondit une petite voix de grand-mère dans son dos. Mhm pardon, hum hum, Mé nn Habruhti c 1 port sa ptdr victym baulauce !

Ils se retournèrent tous, mais comme dans tout bon passage creepy qui se respecte (la qualité, messieurs dames), le bout du couloir n’était occupé que par le grésillement occasionnel du néon solitaire au plafond, qui s’ennuyait à mourir depuis des années et était bien content d’avoir de nouveaux amis et de quoi s’occuper. Il s’appelait Léon le Néon. Retenez bien ce nom, il ne servira pas pour la suite.

Un frisson leur parcourut l’échine.

-Qu’est-ce que vous nous voulez ? marmonna bravement Bénédicte Johnson.

Je ne me ferais jamais à ce nom. Oui, je sais, il y a pire, comme Bertrand Malbésé, ou Loup Garou, mais enfin quand même… quoi je blesse les feels de Johnson ? Pardon, mon  gars, keep up, tu sais que je t’aime bien au fond. Au tout fond fond. Non plus au fond. Voilà. Non ceci n’est pas une blague sexuelle bande de malotrus.

-Nous on vous veut rien, répondit le Grand Témoin, très identifiable par sa ceinture en paquets de doliprane. Enfin, sauf si vous savez comment nous faire sortir. C’est Lui qui veut vous voir. (on sentait la majuscule dans la voix presque aussi bien que les fautes dans celle de G-Zu)

-“Lui” ?

-Oui. On le reconnaît… grâce… à son… TUTU.

Un éclair fit se dessiner les ombres des protagonistes sur le mur du couloir et… putain Pat arrête de faire des ombres chinoises, t’es con. Comment ça c’est pas toi c’est les flics qui envoient des grenades dehors ? je veux rien entendre, petit cafteur !

Si c’est ça, j’arrête de raconter! Je ne peux pas travailler dans ces conditions !

 

Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

Germaine, mon fusil!

Boom Patatra, boom bang bang (remarquez la qualité des onomatopées)

Lâche-moi, sale rebelle !

Oui lâche-le !

Alors on se calme. Vous êtes désormais nos otages. Je vous présente: Germaine, Géraldine, Pat, le mec qu’est attaché là bas c’est le patron monsieur Saloupiorax, et à côté de lui l’équipe de direction. Et vous, vous êtes?

….

 

Bon nous dirons donc policier n°1 et policier n°2. Vous les reconnaîtrez à ce que Mr n°2 à une moustache fringante.

Diantre, il va falloir augmenter la ration de boulettes.

 

FIN

 

Ascendieu- LIVRE I- Chapitre 6

ASCENDIEU, CHAPITRE VI :

Trafic illicite et fantastique de produits merveilleux, drama et choux de bruxelles

 

L’inspecteur sorti de l’hôpital arborant un air troublé. Il monta dans ce qui ressemblait de manière générale à une voiture, mais qui aurait tout aussi bien pu être un amas de métaux hétéroclites, et, laissant par distraction son acolyte sur le trottoir, parti en direction du laboratoire pour faire analyser ce fameux dragibus rose, qu’il avait enveloppé dans un mouchoir de soi sur lequel était brodé les initiales du docteur.

Malheureusement, les scientifiques de la police ne réussirent pas à analyser la substance du mystérieux dragibus, décrétant que vu sa couleur rose, il devait provenir de quelque pet de licorne.

Désespéré, l’inspecteur s’assit sur les marches de manière mélancolique et pris un air tellement sombre, que la scène passa en noir et blanc et qu’on entendit un petit air de violon triste se jouer au loin. Il vit alors passer une personne. Il se redressa, voulut parler, mais aucun son ne sortit de sa bouche vu que la scène était toujours en noir et blanc. À la place, ce qu’il dit s’afficha en une sublime ligne de police Georgia :

 

Eh vous là vous traversez en dehors des clous !

 

Soudain, son acolyte surgit de nulle part, courut d’un air paniqué dans sa direction, poussa la petite mémé à qui s’était adressé la ligne de police Georgia, qui se fit percuter par un camion qui passait par là dans l’indifférence générale, on a pas idée de faire sortir les vieux pendant les saisons des amours des camions aussi, et, une fois arrivé près de lui, lui dit, entre deux halètements :

– Le magicien…. de l’Immeuble… il saura peut-être.

 

L’inspecteur fit mine de ne pas l’écouter, puis se leva soudain avec fougue, sur fond de coucher de soleil et de musique épique

   

*les membres de l’orchestre, qui se sentent surexploités, soupirent de concert*

*le staff applaudit ce jeu de mot de toute beauté*

*le patron agite des feuilles de licenciement aussi la musique reprend-elle*

 

et s’écria:

– Mais c’est bien sûr ! Nous devons aller voir le magicien, Johnson !

 

Et sur ces paroles d’une grande sagesse, il reprit sa voiture et laissa une nouvelle fois Johnson sur le carreau. Ce dernier fronça les sourcils et partit de son côté, ayant en tête des desseins d’importance… (On le retrouvera une demi-heure plus tard faire se combattre deux Playmobils aux effigies de gens de l’Immeuble avec un air boudeur)

 

Sur ces entrefaites, la caméra amorce un plan de malade sur la route, avec musique cool, lunettes de soleil toussa, tandis que la voiture de police de Fléau longe la mer, ses sirènes hurlant et assourdissant les mouettes.

   

*L’association de défense et de protection des mouettes s’insurge contre ces mauvais traitements*

 

Un petit porte-clés à l’effigie du docteur Pontidiscaffol dont on ne veut pas connaître l’origine s’agite sous le rétroviseur.

 

Il arrive finalement devant l’immeuble, sortit de la voiture au ralentit, remit une deuxième paire de lunettes sur ses lunettes tel un flic à Miami, et se dirigea tout droit ver la petite cour arrière où l’on pouvait voir un homme à quatre pattes, farfouillant avec… sa tête… dans la caillasse.

– Marcoius, je présume ? Inspecteur Fléau, de la police nationale. J’ai quelques questions à vous poser.

– BAWFRS POAJ ! (il avala sa bouchée de graviers) Vous marchez sur ma fluorite là.

– Oh pardon.

– Non, l’autre pied.

– Désolé.

– C’est rien, mais bon je les mâche ces trucs-là après, vous pourriez faire attention. Non mais vous vous rendez compte ? J’ai déjà voulu faire signer une pétition pour qu’on arrête de piétiner ma bouff… mon centre de recherches, mais personne ne l’a signé. Scandaleux, n’est-ce pas ?

– Mhmm oui effectivement. Dites-moi, j’aurais des question à vous poser à propos de… ceci, dit l’inspecteur en sortant le dragibus de son mouchoir d’un air dramatique, j’ai pensé que vous sauriez d’où il peut provenir.

 

Marcoius se jeta sur le “bonbon”, émerveillé par cette énième opportunité de faire  reconnaître ses talents. Il l’observa quelques secondes, yeux plissés, en marmonnant “Eh bien eh bien… un dragibus de couleur quartz rose… parfumé à la fraise. OH MON ASCENDIEU !…”

Soudain son visage avait pâli, il recula d’un air paniqué, se prit les pieds dans sa robe et tomba dans les graviers.

– Je… je ne peux pas vous aider, Monsieur, dit il en se relevant avec difficulté, je ne peu pas…

– Attendez…

 

Le magicien n’attendit pas et partit en courant vers l’immeuble, se jeta dans l’Ascendieu, bousculant ainsi le démon qui y fumait tranquillement un joint sur fond de musique méconnue à juste titre. Il appuya sur tout les boutons, et se rendit compte de son erreur, que bien trop tard : sous les coups répétés d’accords surentendus, sortis tout les étés par les mêmes groupes que personne n’aimait suivis des deux mots constituants à eux seuls l’ensemble des paroles, tels en fin de compte la meilleur playlist de l’été 2002, ses oreilles se mirent à saigner. Il y porta la main avec une grimace, et ne vit ainsi pas Fléau s’approcher, vivement mais silencieusement, de l’Ascendieu. Cependant, ce dernier ne se fit pas prier, et ses portes volumineuses claquèrent au nez du policier. Lequel des deux était le plus infortuné, difficile à dire. En tout cas, Marcoius était dans le pétrin, pour ne pas changer, et Fléau était coincé. Son regard se posa tout naturellement sur la porte des escaliers. Notre cher inspecteur n’avait connu que son bureau et son monte-charge. Il ne soupçonnait pas la vraie nature des escaliers. Mais à ce moment-là, Pontidiscafoll entra dans le hall de l’immeuble en boitant et lui cria de s’arrêter.

Le hall était particulièrement vaste, à tel point que les grooms invitaient parfois leurs cousins à venir y camper les soirs d’étés un peu trop chauds. Les murs d’un marbre blanc pâle, que les ans avaient épargné pour une raison inconnue, scintillaient sous le soleil de mars (ouais on est en mars (le vingt, pour être précis (il est 19h26, l’échéance APB est passée il y a une heure, les bacheliers pleurent, dehors c’est le printemps, les animaux les fleurs, dans les bois de Clamart on entend les clameurs des enfants qui se marient, etc), tandis que nos deux nouveaux protagonistes se contemplaient de part et d’autre de la salle.

Fléau se précipita pour rattraper le doc, qui avait utilisé toutes ses forces pour arriver dans le hall et s’effondrait. Il y arriva, juste à temps, le souleva et alla le déposer sur l’une des banquettes en cuir (le cuir, toujours le cuir) installées par le cousin au troisième degré du groom qui servait le café au 12è étage, et se mit à genoux à ses côtés. Tout en lui prenant les mains pour vérifier qu’il n’avait pas de fièvre, il observa le visage de son nouvel ami qui reprenait peu à peu confiance. Il était mince, d’un teint si pâle qu’il aurait fait la jalousie d’un cul de laitier, avec d’adorables yeux noirs en amande, cachés derrière ses petites lunettes rondes et les rides que lui apportait sa trentaine bien avancée. Ses cheveux mi-longs striés de fils argent s’étalaient sur les coussins avec plus d volupté qu’une courtisane de Louis XIV. Les mains du docteur étaient fines, et douce grâce à la non-utilisation de ses scalpels, faute de patient.

Le doc rouvrit les yeux, et Fléau se rendit compte que son visage était un peu trop près du sien, aussi il recula brutalement, se retourna pour cacher sa rougeur et toussota.

 

– Kessispace ? marmonna Pontidiscaffol, sonné.

– Vous vous êtes êtes évanoui, doc, dit Fléau d’une voix grave, ayant repris contenance.

– Et… vous m’avez sauvé ?

 

Il ne manquait que le “senpai” à sa phrase. Avant que Fléau n’ait pu répondre au doc, qui avait pourtant tout l’espoir du monde dans les yeux, deux hommes s’approchèrent d’eux. Leurs qualification d’”hommes” ne leur est par ailleurs donnée que par facilité, étant donné, qu’ils rassemblaient à peu près les proportions et les formes demandées, mais rien d’autre n’indiquait la présence d’une intelligence, ou même d’une âme.

 

– L’patron l’a entendu dire qu’tu fait des r’cherches alors y veut t’voir, dit l’un d’une voix qu’on pourrait facilement apparenter à celle de la dame de google traduction.

– Oui tu dois viendre avec nous, dit l’autre d’un ton tout aussi expressif.

– Venir.

– Pardon ?

– On dit “Venir”, pas “viendre”. “Viendre”, ça n’existe pas, je suppose d’ailleurs que c’est encore une de ces inventions du démon du wsh. Par ailleurs, je suis policier, je vous conseille donc de ne pas prendre ce ton là avec moi.

 

*Le staff tient à préciser qu’il n’est aucunement raciste envers la voix de google traduction, ni les wsh*

 

– Ouais bah hein hé.

 

Marek, qui crut que cet… énergumène… avait appelé Fléau bae, lui jeta un regard plus glacial qu’un… un congélateur. Froid.  Très beaucoup. A tel point qu’on entendit l’Ascendieu grincer.

Ouais le doc était très jaloux.  C’était pas un problème d’habitude,  vu que les seuls objets de sa possessivité étaient ses corbeaux.  Mais en l’occurrence c’était kk.

 

– Kestu mate toi ? demanda le premier google, qui avait remarqué le regard du doc (exercice assez aisé, puisque de ses seuls globes oculaires il avait fait baisser la température du hall d’une vingtaine de degrés).

– Laissez-le, ordonna Fléau d’une voix tendue. C’est à moi que vous en voulez, non ?

 

L’illettré eut un sourire mauvais.

 

– Maintenant suis-nous ou on va se nerver.

– S’énerv… oh et puis merde. Docteur, prenez soin de vous, lança-t-il par-dessus son épaule, comme à regret, je demanderai à un groom de vous raccompagner à votre appart…

 

 

En se retournant, il fut surpris de voir que le docteur avait sorti sa flûte (on sait à quoi vous pensez mais non hein (bande de sales)). Le regard de Pontidiscaffol était deter. En fait l’homme tout entier était déter, mais au vu de ses capacités, cela ne présageait littéralement rien pour la suite. Il colla ses lèvres contre le trou (BANDE DE DÉGUEULASSES JE VOUS VOIS RIRE JE VOUS ASSURE QUE SI VOUS CONTINUEZ, C’EST LE BONNET D’ÂNE ET AU COIN) et entama, sous l’air ébahi des deux lascars et le regard séduit de Fléau, “La lettre à Elise”. Le morceau même qui lui avait valu son bac mention flûte. Que voulez-vous, on avait déjà des profs aussi compétents que Gouniafié à l’époque. Seulement voilà: le temps du lycée était déjà bien loin et l’ex-femme de Pontidiscaffol avait épuisé ses muscles vocaux et respiratoires à force de disputes en tout genre, aussi, après quelques notes à peu près juste, sa flûte sortit un son, tel que l’un des illettrés se dit que la dernière fois qu’il avait entendu un tel bruit, cela venait d’un animal, et que lorsqu’on l’avait retourné il était mort.

 

Mais non Germaine, on a pas vraiment tuer un animal pour l’histoire ! Quoi patron ? non non tout va bien. Germaine, vite, il est retourné, venez à la réunion de comité ce soir, c’est important. Ha, et, amenez des piolets. Vous comprendrez, Germaine…

 

Tout cela étant, les corbeaux, forts déçus de la prestation de leur maître (enfin, “maître”… du gars qui les appelait avec une flûte et changeait leurs cages de temps en temps), ne daignèrent pointer le bout de leur bec. Le doc aborda une magnifique poker face puis poussa un cri et jeta sa flûte au visage d’un des google, mû sans doute par un profond sentiment de dépit.

Saisissant cette occasion, Fléau lui fit un signe de tête et ils s’enfuirent tout deux par l’Ascendieu qui venait de redescendre après sans doute d’innombrables aventures à l’étage, faisant un bon pour éviter le corps inanimé de Marcoius, toujours évanoui. Le hippie à la mauvaise musique s’étonna du nombre de gens décidés à venir faire la fête avec lui, et augmenta le volume, tant et si bien que l’Ascendieu s’énerva et fit péter les mégaphones.

La caméra observait toujours le bouton, qui malgré le chahut ne perdait pas sa couleur rouge pimpante. Il était si rond, si métallique ! Bon en fait ils étaient tous ronds et métalliques mais lui était différent. Il était rond comme aucun autre. Ses copines vidéosurveillance passaient leur temps à lui dire qu’elle ne le connaissait pas, mais elle avait enregistré beaucoup de livres, et les péripéties des habitants de l’Immeuble ne l’avaient pas désenchanté : ce bouton ferait son bonheur.

Le peu de place dans Ascendieu (sauf le respect de notre cher divin, mais on peut dire de toute manière que ce qui est rare est précieux) donna tout le loisir à Fléau et Pondiscaffol de faire plus ample connaissance. Chose que nous ne vous raconterons pas, pour la simple et bonne raison que nous avons cette semaine dépassé les heures de travail OUI MONSIEUR LE PATRON JE M’INSURGE !!! ET VOTRE CEINTURE N’Y CHANGERA RIEN, QUEL QUE SOIT LE NOMBRE DE TROUS QUE VOUS Y AVEZ FAIT. ON NE METTRA MÊME PAS LE MESSAGE DE G-ZU, NAN ON VOUS LE DIT C’EST LA GUERRE!

 

ALLEZ-Y SAMANTHA, IL NE MÉRITE RIEN D’AUTRE !

AAAAARGH

biiiiiiiiiiiip

    biiiiip

    biiiiiiiiiiiiiiip

*nous avons perdu la liaison avec l’Entreprise.*

*du coup c’est la fin du chapitre on suppose*
fin